LIV. VIÎT, SECT. I, OHAP. XIX
réunie avec l'Église militante par ces mots, dans le ciel, paroles qui s'appliquent également à l'une et à l'autre de ces deux Églises. Pourquoi nous dit-il maintenant : Et ils dirent une seconde fois : Alléluia ? C'est pour mieux pour nous faire comprendre l'union étroite de ces deux Églises, qui ne sont qu'une en esprit de foi, d'espérance et d'amour, et qui s'uniront même en corps après la chute de la grande Babylone. Et ils dirent une seconde fois : Alléluia. Ces paroles supposent que les saints de l'Église militante et de l'Église triomphante diront deux fois ^^^e/î^«a. La première fois sera lorsque la grande Babylone sera tombée, et avant le jugement dernier. La seconde fois, c'est lorsque ces deux Églises seront réunies si étroitement, qu'elles ne formeront qu'une seule Église triomphante pendant les siècles des siècles. C'est ce qu'indiquent clairement les paroles qui suivent : Et la fumée de son embrasement s'élève dans les siècles des siècles. Saint Jean dit au présent : la fumée de leur embrasement s'élève, pour bien nous faire entendre que ce second cri, Alléluia, est le cri de joie qui sera manifesté par les deux Églises au moment de leur réunion. Car dès qu'elles ont dit une seconde fois Alléluia, l'Apôtre ajoute aussitôt : Et la fumée de son embrasement s'élève dans les siècles des siècles. Saint Jean veut donc nous faire entendre par là, qu'à ce second cri Alléluia, l'éternité bienheureuse commence pour les saints de ces deux Églises, ainsi que l'éternité malheureuse pour les enfants de la prostituée, et pour tous les habitants de la grande Babylone. L'Apôtre pouvait-il exprimer avec plus de force et de vérité l'éternité et la rigueur des supplices auxquels seront condamnés les habitants de cette grande ville, qu'en disant:
Et la fumée de son embrasement s'élève dans les siècles des siècles.
III. Vers. 4. — Et les vingt-quatre vieillards et les quatre animaux se prosternèrent et adorèrent Dieu, qui était assis sur le trône, disant : Amen, Alléluia. Ces vingt-quatre viellards sont les douze patriarches de l'ancien Testament et les douze apôtres du Nouveau. C'est aussi l'universalité des pontifes et des docteurs de l'Eglise, etc. Les quatre animaux sont les Evangélistes. Or, tous ces saints uniront leurs voix à celle de toute l'Eglise et se prosterneront et adoreront Dieu, qui est sur le trône de sa gloire dans le ciel. Et par cet acte unanime d'adoration, ils manifesteront leurs sentiments de. joie, d'amour, de reconnaissance et de soumission à Dieu tout-puissant, dans cette circonstance si solennelle. Et ils diront : Amen, ainsi soit-il ; c'est-à-dire, que la justice de Dieu se fasse, et que sa parole s'accomplisse ainsi. Et ils ajouteront ce mot : Alléluia ; Dieu soit loué pour toutes ses œuvres.
IV. Vers. 5. — Et une voix sortit du trône, disant : Louez notre Dieu, vous tous ses serviteurs et qui le craignez, grands et petits. Cette voix est celle de l'Agneau, Jésus-Christ, considéré comme homme et comme le chef de toute l'Église ; car cette voix sortit du trône même. Or, il n'y a que Jésus-Christ qui soit assis sur le trône à la droite du Père, selon cette parole du Psalmiste, Ps. CIX : « Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Asseyez-vous à ma droite, jusqu'à ce que je réduise vos ennemis à vous servir de marchepied. Ainsi l'humanité de Jésus-Christ vaincra ses ennemis et régnera sur le monde jusqu'à la consommation des siècles ; et elle règne et régnera aussi pendant toute l'éternité. Or, ce