‹ Interprétation de l'ApocalypseChapitre 146 sur 211 · LIV. VIII, SECT. I, CHAP. XIX · texte numérisé non relu

LIV. VIII, SECT. I, CHAP. XIX

sont les ennemis de son humanité qui lui auront servi de marchepied pour arriver à ce règne de gloire ; et c'est ainsi que l'Homme-Dieu continuera d'être le Prêtre éternel selon l'ordre de Melchisédech. C'est pourquoi Jésus-Christ, considère comme homme et comme chef de toute l'Église, dira : Louez notre Dieu. Jèsus-Christ considéré comme homme, bien qu'il soit Dieu luimême, peut bien dire en tant qu'il représente notre humanité : Louez notre Dieu., vous tous ses serviteurs, et qui le craignez, grands et petits. Car c'est ici qu'on voit clairement l'office de médiateur cj^ue .lèsus-Christ exerce entre Dieu et les hommes. Nous trouvons d'ailleurs dans l'Écriture un exemple de cette manière de parler de Jésus-Christ, lorsqu'au moment de sa mort, il appela Dieu son Père : Mon Dieu. Marc. XV, 34 : « A la neuvième heure, Jésus jeta un grand cri, disant : Eloi, Eloi I lama sabacthani ? c'est-à-dire, Mon Dieu, mon Dieu,. pourquoi m'avez-vous abandonné? » On doit examiner attentivement ces paroles : vous tous qui le craignez ; c'est-à-dire, vous tous que la crainte du Seigneur a retenus dans la justice ou ramenés à la pénitence. Quoi de plus vraisemblable d'ailleurs que Jésus- Christ, considéré comme chef de l'Église, invite en ce moment solennel, tous les siens, qui auront été les serviteurs de Dieu et qui l'auront craint pendant la vie de ce monde, à louer Dieu dans sa gloire, dans sa puissance, dans sa justice et sa sainteté.

V. Vers. 6. — Et j'entendis comme la voix d'une grande multitude, comme la voix des grandes eaux et comme la voix des tonnerres, qui disaient : Alléluia, parce que le Seigneur notre Dieu, le Tout-Puissant règne. Sur cette invitation que Dieu adresse à son Église, II. 18

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saint Jean entendit comme la voix, c'est-à-dire, comme une seule voix représentant l'union et l'accord de tous les anges et de tous les saints de la cour céleste, indiqué

par ces mots : d'une grande multitude J'entendis

comme la voix des grandes eaux, c'est-à-dire, la voix de tous les saints de l'Église militante, qui auront soufïert dans les eaux des tribulations, et comme la voix des tonnerres ; des docteurs et des prédicateurs, qui ne feront entendre tous ensemble que comme une seule voix, disant : Alléluia, louons le Seigneur, parce que le Seigneur notre Dieu, le Tout-Puissant règne.

Vers. 7. — Rejouissons-nous, soyons dans la joie et rendons-lui gloire, parce que le moment des noces de l'Agneau est venu, et que son épouse s'y est préparée. Tous ces saints diront donc: Réjouissons -nous, soyons dans la joie et rendons gloire à Dieu le Père, parce que le moment des noces de l'Agneau Jésus-Christ est venu ; c'est-à-dire, que le moment est venu où l'époux Jésus- Christ doit être glorifié et s'unir à son épouse qui est l'Église, pour les siècles des siècles. Cette épouse jouira de la présence de l'époux, non plus par la foi et par l'espérance, mais elle le verra tel qu'il est, et soii amour n'aura plus de limites et ne sera plus voilé. Et son épouse s'y est préparée ; en effet les saints de l'Église militante se sont préparés à ces noces, pendant tout le temps qu'ils furent sur la terre, par leur vertus et par leurs mérites ; car les vertus et les mérites des saints sont leurs vêtements et leur robe de noce. C'est ce que saint Jean explique d'ailleurs par les paroles suivantes.

VI. Vers. 8. — Et il lui a donné de se vêtir d'un lin pur et blanc ; et ce lin est la justice des saints ....Et il lui a donni'. c'est-à-dire, que c'est Dieu le père qui a donné

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aux saints de l'Église épouse de Jésus-Christ, de se vêtir de la justice, selon saint Jacques, I, 17 : « Toute grâce excellente et tout don parfait vient den-haut et descend du Père des lumières, en qui il n'y a ni changement» ni ombre, ni vicissitudes. » C'est donc Dieu le Père qui a donné à l'Église de se vêtir d'un lin pur et blanc, pour les noces de l'Agneau. Et il lui a communiqué ce don par son Fils Jésus -Christ, sans la foi duquel il est impossible de plaire à Dieu, selon saint Paul, Rom., V : « Justitiés donc par la foi, ayons la paix avec Dieu par Jésus-Christ Notre-Seigneur, qui, par la foi, nous a donné accès à cette grâce en laquelle nous demeurons fermes, et nous nous glorifions dans l'espérance de la gloire des enfants de Dieu, etc. » Et ce Un est la justice des saints, dont ils seront revêtus par la grâce de Dieu le Père, en la foi de Jésus-Christ son Fils, pour comparaître et être admis au souper des noces de l'Agneau.

VIL Vers. 9. — L'ange me dit alors : Ecrirez : Heureux ceux qui ont été appelés au souper des noces de l'Agneau ; et il ajouta : Ces paroles de Dieu sont véritables. Ce même ange dont il est parlé plus haut, di donc à saint Jean : Ecrivez : Heureux ceux qui ont été appelés au souper des noces de l'Agneau. L'ange recommande spécialement à saint Jean d'écrire ces paroles d'encouragement pour toute l'Église militante, et il nous exhorte par là à nous vêtir de la justice, par les bonnes œuvres faites dans la foi de Jésus-Christ ; car c'est là le vêtement de lin pur et blanc, qui doit être notre robe nuptiale, sans laquelle nous ne serons pas trouvés dignes d'être du nombre de ceux dont il est dit ici : Heureux ceux qui ont été appelés au souper des

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noces de l'Agneau. Le souper est le repas qui se fait à la fin de la journée ; or, ce souper des noces de l'Agneau se fera à la fin de la journée de la vie de ce monde ; et il n'y aura que ceux qui auront travaillé à la vigne du Seigneur, au moins à la onzième heure, qui pourront prendre part au souper de ces noces. Les autres qui auront été appelés, et qui n'auront pas répondu à cet appel, seront jetés, pieds et mains liés dans les ténèbres extérieures ; là seront les pleurs et les grincements de dents. Voir saint Matthieu, XXII, 2, etc. Et l'ange ajouta : Ces paroles de Dieu sont véritables ; c'està-dire, que ces paroles sont une promesse solennelle, fondée sur la vérité éternelle de Dieu, en faveur de ceux qui, après avoir été invités au souper des noces de l'Agneau, y paraîtront revêtus de la robe nuptiale ; et l'ange ajoute ces paroles pour la consolation et pour l'encouragement des bons.

Vers. 10. — Et je me prosternai à ses pieds pour l'adorer ; mais il me dit : Gardez-vous bien de le dire ; je suis serviteur comme vous et comme vos frères qui ont rendu témoignage de Jésus. Adorez Dieu, car l'esprit de prophétie est le témoignage de Jésus. Ce verset a déjà été expliqué.

SECTION II

SDR LES CHAPITRES III ET I I

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