‹ Interprétation de l'ApocalypseChapitre 161 sur 211 · LIV. VIII, SECT. II. CHAP. XX · texte numérisé non relu

LIV. VIII, SECT. II. CHAP. XX

de Dieu. Et je vis aussi, dans la même vision, ceux qui mourront martyrs après les mille ans, au temps de l'Antéchrist. Car il ajoute : Et les âmes de ceux qui n'ont point adoré la bête, ni son image, ni reçu son caractère sur leur front ou dans leurs mains. Saint Jean vit donc les âmes de tous les martyrs de l'Église en général, et aussi ceux de la fin des temps. On doit remarquer qu'il ne fait pas mention des corps, mais seulement des âmes de ces saints, et c'est pour nous faire voir que ces âmes jouiront delà gloire éternelle avant la résurrection universelle des corps. Et ils ont vécu et régné mille ans avec Jésus-Christ C'est comme s'il disait : Les premiers martyrs ont vécu et régné mille ans avec Jésus-Christ. Mais saint Jean semble avoir omis cette distinction des premiers et des derniers martyrs de l'Église, pour nous faire comprendre que les martyrs du temps de l'Antéchrist vivront de la même vie que les autres, c'est-à-dire, de la vie de Jésus-Christ. Or, vivre avec Jésus-Christ, c'est régner, et en ce sens, les saints appartiennent tous et sans distinction au règne . de Jésus-Christ et de son Église ; et tous seront assi» sur des trônes pour juger les vivants et les morts. Ces paroles : qui n'ont point adoré la bête, ni so7i image, etc., s'entendent aussi des premiers martyrs de l'Église, qui ne se prostituèrent point aux idoles du monde. Quant à la distinction réelle et unique qui existe entre ces martyrs, nous voulons dire la distinction du temps où ils auront été mis à mort, saint Jean l'exprime clairement par les paroles qui suivent :

II. Vers. 5. — Les autres morts ne sont entrés dans la vie qu'après les mille ans accomplis. C'est ici la première résurrection. Les autres morts, les martyrs du

temps de l'Antéchrist, ne sont entrés dans la vie éternelle par le martyre, qu'après les mille ans accomplis, c'est-à-dire, qu'il n'est question ici que de ceux qui subiront le martyre après les mille ans accomplis du règne de Jésus-Christ, lorsque le démon sera de nouveau délié au temps de l'Antéchrist. C'est ici la première résurrection, la résurrection particulière de chacun, la résurrection spirituelle qui précède la résurrection universelle des corps ; c'est pourquoi elle est appelée la première résurrection. Ce passage s'applique aussi aux Juifs et aux gentils qui se convertiront à la fin du monde: car on sait que les prophètes désignent diverses choses dans une même figure. Les autres morts ne sont entrés dans la vie qu'après les mille ans accomplis. Le prophète cite encore ici un nombre déterminé pour un nombre indéterminé. Nous trouvons l'explication de ces mille ans du règne de Jésus-Christ dans la deuxième épître de saint Pierre., III, 8 : « Mais il y a une chose que vous ne devez pas ignorer, mes bien-aimés ; c'est qu'aux yeux du Seigneur un jour est comme mille ans, et mille ans comme un jour. Ainsi le Seigneur n'a point retardé Taccompliessment de sa promesse, comme quelques-uns se l'imaginent (lors même qu'il n'est pas venu après mille ans) ; mais c'est qu'il vous attend avec patience, voulant qu'aucun ne périsse, mais que tous aient recours à la pénitence. » Ainsi les paroles de saint Pierre, expliquées dans la parenthèse que nous ajoutons, pour mieux en marquer le sens, ces paroles, disons-nous, sont une prophétie qui prévenait déjà la primitive Église au moins indirectement, que le second avènement de Jésus-Christ pourrait bien n'avoir pas lieu immédiatement après que les mille ans de son

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