‹ Interprétation de l'ApocalypseChapitre 32 sur 211 · LIV, V, SECT. II, CHA.P. XI · texte numérisé non relu

LIV, V, SECT. II, CHA.P. XI

durée des derniers temps, depuis la mort de l'Antéchrist jusqu'à la dissolution du monde, il ne restera aux hommes que cinquante-sept jours et demi pour faire pénitence. Mais comme il est écrit en saint Matthieu, XXIV, 36 : « Ce jour et cette heure personne ne les sait, pas même les anges du ciel ; mon Père seul les connaît, » les treize cent trente-cinq jours de Daniel doivent être pris dans un sens indéterminé relativement à la dernière heure et au dernier jour, comme saint Jean le fait au chapitre X, 7, quand il dit aussi d'une manière indéterminée : Mais qu'au jour de la voix du septième ange, lorsque la trompette commencerait à sonner, le mystère de Dieu serait accompli. Ensuite Daniel a cité les jours tels qu'ils lui furent révélés ; or le dernier jour et l'heure du second avènement de Jésus-Christ ne lui furent certainement pas révélés d'une manière précise, puisque Jésus- Christ dit lui-même qu'ils sont réservés à la prescience et à la volonté de son Père.

On peut objecter que saint Jean a fixé douze cent soixante jours pour la durée du témoignage des prophètes Enoch et Elle, et qu'après leur mort l'Antéchrist régnera encore vingt-quatre jours ; or. ces deux chiffres additionnés ensemble font douze cent quatre-vingt-quatre jours : donc l'Antéchrist régnerait plus de vingt-quatre mois, et l'abréviation de ces jours de calamités n'aurait pas lieu. La solution de cette difficulté se trouve en ce que ces deux prophètes seront apparus pour commencer leur mission, d'autant de jours avant que l'Antéchrist entre dans la plénitude de son pouvoir ; car ce passage du verset 7, chap. XI, La bête qui s'élève de l'abîme leur fera la guerre, doit être compris au présent et non au passé, c'est-à-dire, que la bête ne leur fera pas la guerre

après s'être pleinement élevée de l'abîme, mais en s'élevant de l'abîme (1).

(4) Note tirée^d'Antoine Martini sur l'interprétation des v. 1 1 et 12 du chap. XII, sur la prophétie de Daniel, où l'on voit que le vénérable Holzhauser est d'accord avec les saints Pères dans ses calculs et son interprétation.

Dan., XII, 11 : « Depuis le temps que le sacrifice perpétuel aura été aboli, et que l'abomination de la désolation aura été établi, il se passera mille deux cent quatre-vingt-dix jours. » On a vu plusieurs fois comment les prophètes ont coutume de parler des mystères de l'Église du Christ avec des expressions tirées des rites de l'Église juive. C'est ainsi que saint Jérôme, Théodoret, saint Irénée, saint Hippolyte, martyr, et plusieurs autres, nedoutentpasquepar le sacrifice perpétuel, on entende le sacrifice de l'Eucharistie, que l'Antéchrist voudra faire disparaître du monde ; comme aussi par l'abomination de la désolation on entend l'idole, soit l'Antéchrist lui-même, qui voudra être adoré comme Dieu. Voyez II, Thessal., II, 4. Ainsi donc, depuis le temps dans lesquel ces deux choses arriveront, jusqu'à la fin de la persécution, il restera trois ans et demi, et encore douze ou treize jours. Voyez .-ipoc, XI, 2.

Dan., XII, 12 : « Heureux celui qui attend, et qui arrive jusqu'à mille trois cent trente-cinq jours. » Ce qui veut dire : Heureux celui qui, depuis la mort de l'Antéchrist, attend avec patience, outre le nombre des jours indiqués plus haut, quarante-cinq autres jours, dans lesquels le Seigneur et Sauveur viendra dans tout l'appareil de sa majesté. C'est ainsi que saint Jérôme dit, que ces treize cent trente-cinq jours font quarante-cinq jours en sus des douze cent quatre-vingt-dix jours, desquels il est parlé dans le verset précédent.

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