‹ Interprétation de l'ApocalypseChapitre 4 sur 211 · LIV. V, SECT. I, CHAP. X · texte numérisé non relu

LIV. V, SECT. I, CHAP. X

sance pour en faire exécuter les sentences et les décrets. Le Dieu du Ciel le bénira et mettra toutes choses en ses mains et en son pouvoir. Il est dit que ce petit livre sera ouvert, à cause de la clarté avec laquelle ce concile expliquera le sens de la sainte Ecriture, et à cause de la pureté des dogmes de la foi qu'on y proclamera. 9° Et il mit le pied droit sur la mer, et le pied gauche sur la terre. C'est-à-dire, que ce Monarque agrandira et étendra son empire sur terre et sur mer, car il soumettra la terre et les îles des mers à sa domination. La grandeur et l'étendue de sa puissance sera immense, comme nous l'avons expliqué plus haut, en disant qu'elle est signifiée par les pieds.

Vers. 3. — 10° Et il cria à haute voix comme un lion qui rugit. Cet éclat de sa voix comparée au rugissement du lion, nous fait comprendre la terreur immense qu'il inspirera à tous les peuples de la terre et aux habitants des îles. Car, lorsque le lion rugit, il manifeste sa force, et tous les autres animaux sont saisis d'effroi. C'est pourquoi il est dit dans les Proverbes, XX, 2 : « Comme le rugissement du lion, ainsi est la terreur du roi. » Les grands cris de sa voix seront aussi ses édits impériaux, par lesquels il ordonnera d'exécuter en toute rigueur, en faveur de la foi catholique et orthodoxe, les ordonnances du concile; et ses édits arriveront à toutes les nations de la terre et des îles.

IV. Et après qu'il eut crié, sept tonnerres firent éclater leurs voix. Ces tonnerres qui se feront entendre à la voix de cet ange, seront les murmures, les protestations et les cris de ceux qui voudront résister à la volonté de ce Monarque et qui voudront le frapper; car il s'élèvera en ce temps une grande tempête; mais, parce qu'ils ne

pourront pas lui résister, et encore moins lui nuire, il est ordonné à saint Jean de ne pas écrire ce qu'il a vu en cette circonstance; car toute cette tempête sera sans effet. Jésus-Christ veut seulement en prévenir saint Jean en sa qualité de représentant de l'Église, pour nous faire savoir que l'empire de ce Monarque et la propagation de la vraie foi sur la terre ne s'obtiendront pas sans bruit et sans orage. C'est pourquoi il est dit : Et après qu'il eut crié, sept tonnerres firent éclater leurs roix. Lorsque le tonnerre ne fait qu'entendre sa voix, c'est marque que la foudre ne frappe pas, parce que la nue a éclaté dans l'air; mais l'orage produit son effet quelquefois si nuisible, selon que la foudre tombe sur les hommes, sur les animaux, sur les arbres ou sur les édifices. Or, la tempête qui fut montrée à. saint Jean sous la figure d'un orage, était une tempête sans autre effet que celui de la voix du tonnerre. Sept tonnerres firent éclater leurs voix. C'est-à-dire, que les princes et les grands s'insurgeront contre ce Monarque et murmureront. Ils feront entendre leurs voix à l'occasion de ce concile, pour lui résister et pour en frapper les décrets; mais, parce que ce Monarque sera sous la protection de Dieu, tous leurs efforts seront vains et inutiles.

V. Vers. 4. — Et les sept roix des sept tonnerres ayant éclaté, j'allais écrire. C'est-à-dire qu'après que les secrets des conseils de ces princes récalcitrants m'eurent été révélés, dit saint Jean, j'allais les écrire en vertu du commandement que j'en avais reçu; et j'entendis une voix du ciel qui me dit : Scelle ce qu'ont dit les sept tonnerres, et ne l'écris point. Il y a deux raisons pour lesquelles quelqu'un ne doit pas savoir ou ne doit pas écrire quelque chose. La première , c'est lorsque cette connais-

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