LIV. V, SECT. I, CHAP. X
sance pourrait être nuisible en causant du mal ou en empêchant le bien, soit dans le présent, soit dans l'avenir. La seconde, c'est lorsque l'importance, l'utilité ou la nécessité de la chose n'exigent pas qu'on la sache ou qu'on l'écrive. C'est ainsi que la divine Providence cache à ses fidèles amis, dans cette vie, les dangers et les tribulations du corps et de l'âme, dont le nombre est presque infini, car il ne serait point utile aux hommes de les connaître à l'avance; et Dieu, dans sa bonté, sait nous en préserver ou nous en défendre en temps opportun, quelque grands et imminents que soient les maux de la vie. C'est pour les mêmes raisons qu'il ne fut pas permis à saint Jean d'écrire les voix des sept tonnerres, à l'occasion de ce Monarque. Car Dieu le délivrera de tout danger, et fera avorter les desseins de ses ennemis, etc. Scelle ce qu'ont dit les sept tonnerres, et ne l'écris point. C'est-à-dire, écris que sept tonnerres ont fait éclater leurs voix, mais n'écris point ce qu'ils ont dit,
Vers. 5. — Et l'ange que j'avais vu qui se tenait debout sur la mer et sur la terre, leva la main vers le ciel. Vient maintenant l'autre personnage que cet ange représentait, c'est-à-dire, qu'il n'est plus question ici du Monarque, mais de l'ambassadeur céleste, révélant les secrets divins sur la fin des temps. Et l'ange que j'avais vu qui se tenait debout sur la mer et sur la terre., c'est-à-dire, le président suprême, le gardien et le protecteur de cet empire, que Daniel, XII, 7, vit debout sur les eaux du fleuve, leva la main vers le ciel.
Vers. 6. — Et il jura par celui qui vit dans les siècles des siècles, qui a créé le ciel et ce qui est dans le ciel, la terre et ce qui est sur la terre, la mer et ce qui est dans la mer. Ces paroles renferment un témoignage
appuyé sur la foi jurée, de ce que le Seigneur Dieu révèle à tout le genre humain par son ambassadeur céleste, pour la consolation de ses élus et pour la terreur des impies. Cet ange jure, par ces mots, une vérité de la plus haute importance, savoir qu'il n'y aurait pliis de temps. A la lettre, ce passage s'explique, 1° par les hérétiques et par les ennemis de la croix et du Christ parce que leur temps, leurs jours et leur impiété finiront sous l'empire du Monarque annoncé, et c'est pour leur terreur et leur confusion éternelle , et en même temps pour la grande consolation de l'Église latine et des fidèles qui la composent, que cet ange proclame cet éclatant témoignage : Qu'il n'y aurait plus de temps. 2" Ces paroles signifient aussi, qu'après la voix du septième ange qui sonnera de la trompette, c'est-à-dire, l'Antéchrist, il n'y aura plus de temps pour le travail et les tribulations. Et il l'annonce pour consoler et raffermir les fidèles contre les impies, dont il est écrit, II. Petr., III, 3 : « Sachez, avant toutes choses, que dans les derniers jours, il viendra des séducteurs pleins d'artifice, qui marcheront suivant leurs propres passions, et qui diront : Qu'est devenue la promesse de son avènement ? Car depuis que nos pères sont morts, toutes choses sont comme elles étaient au commencement du monde. » C'est pourquoi cet ange confirme, par'ce jugement solennel, le second avènement de Jésus-Christ, lorsque devront cesser les temps de douleurs et de persécutions pour les bons, mais aussi les temps de voluptés, de triomphes, d'honneurs, de richesses, de gloire et de tous les charmes de la vie présente pour les méchants.