IV. Vers. 13. — Et f entendis du ciel une voix me
disant : Heureux sont ceux qui meurent dans le Seigneur. Dès à présent, dit l'Esprit, ils se reposeront de leurs travaux, car leurs œuvres les suivent. Cette voix, c'est celle de l'Église militante, qui se fera entendre dans la persécution de l'Antéchrist, pour féliciter par avance les justes sur leur martyre, et pour compatir en même temps à leurs peines et à leurs travaux dans les tribulations, à l'heure la plus difficile de la tentation et à l'heure de la plus terrible agonie qu'il soit possible de suhir. Heureux ceux qui jouiront du grand bienfait et de la miséricorde toute paternelle que Dieu leur accordera, de mourir par la peste, par la famine, ou par les guerres qui précéderont ces jours pleins de dangers pour les âmes. Voir ce qui a été dit au livre III, chapitre VII. Heureux sont ceux qui meurent dans le Seigneur. C'est-à-dire, heureux ceux qui seront morts dans la grâce de Dieu, avant l'heure de cette tentation mille fois plus horrible et plus dangereuse que les douleurs et les angoisses de l'enfantement ! Dès à présent, dit l'Esprit, ils se imposeront de leurs travaux, car leurs œuvres les suivent. Ces paroles sont pleines de consolations pour ceux dont les corps et les âmes reposent dans le Seigneur : nous disons les corps, car ils reposent, en effet, et dorment d'un doux sommeil dans leurs tombeaux, attendant leur résurrection glorieuse, dans laquelle ils seront transformés et délivrés de tous les travaux, de tous les dangers, et de toutes les douleurs de la vie présente. Heureuses les âmes, c'est-à-dire, les esprits des justes, paixe que leui's œuvres les suivent. Car ils sont dans la gloire, et n'ont plus à souffrir aucun danger, ni aucune tentation. Ils sont innaccessibles