LIV. VI, SECT. II. CHAP. XIV
miellés et de tous les instants. îci s exerce la patience des saints qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus. Cette conclusion ressort de la considération de ce qui précède, c'est-à-dire, des supplices éternels dont les saints ont continuellement une vive image devant les yeux. C'est pourquoi ils endurent avec patience toutes les épreuves de la vie présente, afin d'éviter les tourments de l'enfer. C'est ainsi que, dans la dernière persécution, les vrais chrétiens, considérant la destinée des bons, pour la comparer à celle des méchants, endureront avec courage et résignation tous les supplices que la bête leur intligera, si longs et si cruels qu'ils puissent être ; et demeureront fidèles dans l'amour et la foi de Jésus, en bravant les fureurs de la bête. Tandis qu'au contraire, celui qui adorera la bête et son image., et qui portera son caractère sur son front on dans sa main, celui-là sera tourmenté dans le feu et dans le soufre pendant les sii'cles des siècles. Car Dieu n'admettra aucune excuse sur la trop grande cruauté, et sur les séduisantes impostures de la bête. C'est pour cela que Jésus-Christ a soin d'informer à l'avance toute la chrétienté, pour rafiérmir les lidèles, et pour les engager à mourir courageusement, et à supporter Êvec patience les supplices passagers qu'il permettra pour éprouver ses élus. Jésus-Christ a voulu que les peines de l'enfer réservées aux lâches qui le renieront en adorant la bête et son image, et en portant son caractère, fussent promulguées solennellement par le souverain Pontife, qui criera d'une voix forte : Celui qui adorera
la bête et son image Celui-là boira du vin de la colère
de Dieu etc.