LIV. VI, SECT. II, CHAP. XIV
uns, soit les autres, pour la consolation du peuple d'Israël et de l'Église du Christ, de peur que les nations ne disent : Où est donc leur Dieu, etc. ? Il est parlé dans l'Ecriture de cette colère ou de cette vengeance de Dieu, Ps., LXXVII, 65 : « Le Seigneur se réveilla comme s'il avait dormi et comme un homme que l'ivresse a rendu plus redoutable. Et il frappa ses ennemis par derrière, et il les couvrit d'une confusion et d'un opprobre éternel. » Cette cuve sera l'extermination et la ruine des nations barbares et hérétiques ; et c'est le Monarque puissant qui, par la permission et par la coopération de la justice, de la vengeance et de la colère du Tout-Puissant, les y précipitera. Car Dieu est la cause principale, et les hommes sont comme des instruments de son bras tout-puissant.
Vers. 20. — Et la cuve fut foulée hors de la ville, et le sang sorti de la foule monta jusqu'aux freins des chevaux dans l'espace de mille six cents stades. Ces paroles signifient une très-grande effusion de sang, que Dieu, dans sa colère et son indignation, fera verser à ses ennemis par ses armées chrétiennes. Et la cuve fut foulée hors de la ville. C'est-à-dire, que Dieu fera peser les effets de sa colère sur ces nations, hors de la ville sainte, et de la Palestine, qui a été réservée aux nations, jusqu'à ce que vienne le fils de perdition. Et le sang sorti de la foule monta jusqu'aux freins des chevaux. Cette expression est hyperbolique, et signifie une si grande effusion de sang, que les chevaux nageront presque dans le sang des morts et des blessés. Car lorsque les chevaux nagent, ils sont enfoncés dans l'eau jusqu'aux narines. Dans l'espace de mille six cents stades. C'est là encore un hyperbole qui représente
l'immense carnage que les chi'étiens feront subir à leurs
ennemis.
§ IV
De la grande gloire et du grand triomphe que les Juifs et les Chrétiens t^ui survivront à l'Antéchrist rendront à Dieu tout-puissant, et à son Fils Jésus-Christ.