‹ Interprétation des Radiographies du Plancher du Sinus MaxillaireChapitre 14 sur 19 · SAR · texte numérisé non relu

SAR

OBSERVATION I (Radiographie n° 2) (D M. Racer)

Monsieur D... fut récemment adressé au Docteur RACHET pour deux résections apicales en vue de sauver l’existence d’un bridge. 11 s’agissait en particulier de faire la résection apicale de la racine mésio-vestibulaire de la dent de 6 ans, qui présentait un granulome.

Des réserves avaient été faites sur l’énorme lyse alvéolaire voisine et sur la fragilité de l’os dans la région apicale mais aucun signe net d’ostéite du plancher n’apparaissait sur la radiographie.

En pratiquant la résection apicale, M. Racxer constata une ostéite profonde dans le plan supérointerne qui le conduisit automatiquement, malgré un curettage très prudent à une communication bucco-sinusale nette. En effet, l’ostéite avait fait insidieusement son chemin entre les apex vestibu- laires et palatin que nous voyons sur le film.

Après avoir curetté tout le foyer d’ostéite, une plastique de la fibro-muqueuse fut pratiquée, et tout est depuis rentré dans l’ordre.

Cette obseration nous prouve la difficulté de localisation radiologique d’un processus granulomateux situé entre deux récessus, et exige avant toute

DR

thérapeutique, de prévoir non seulement cette localisation, mais les possibilités d’extension inflammatoire dans les plans osseux superposés du plancher. |

OBsERvATION II Radiographie n° 3 (D' M. RacHET)

Madame le Docteur J…. se présente pour une dent de 6 ans mobile, douloureuse à la pression et créant une algie sourde dans la région du maxillaire supérieur gauche.

La radiographie intra-buccale est pratiquée, et c'est celle-ci que nous joignons à l’observation.

Elle montre une lyse osseuse coiffant largement toute la région apicale des trois racines.

À première vue, cette lyse osseuse présentant une image bien aérée peut être confondue avec un processus pyorrhéique ascendant. Or l’examen de la radiographie nous révèle un diverticule sinusal dont la paroi inférieure semble refoulée par cette image aérée. |

Le Docteur Racner conclut donc avant l’intervention à un processus granulomateux extensif (A noter à l’appui de cette affirmation que l'image granulomateuse est bien une image aérée).

Le Docteur Racer procède à l’alvéolectomie vestibulaire pour libérer la dent sans traumatisme,

Schémas V et Vi.

€ A’. — Le même granulome recouvrant les trois racines.

A. — Granulome (étiré avec la précelle P).

et celle-ci est. cueillie porteur d’un granulome énorme à insertion radiculaire et recouvrant en capuchon les trois racines.

Ce granulome a lysé complètement le plancher sinusal au point que par l’alvéole on voit battre la muqueuse du sinus sous l'influence de la respira-

tion nasale. : Rp

PRIS. 7 Pa

L'ouverture sinusale ayant été évitée, et un méchage progressivement décompressif ayant protégé pendant quelques jours cette muqueuse vulnérable, aucune communication bucco-sinusale n’est apparue et la réparation alvéolaire s’est effectuée normalement par édification d’un tissu fibreux naturel dans le fond de l’alvéole.

Il s'agissait donc bien d’une érosion du plancher d’un sinus procident, à forme extensive, dont l’image radiologique pouvait être facilement confondue avec celle d’une lésion pyorrhéique ascendante.

OgservarTioN III

Radiographies n° 4, 5 et 6 (D' M. Racer)

Le malade, Monsieur R.., souffrait d’une algie sourde et continue dans la région du sinus maxillaire gauche. L’examen radiologique dentaire montrait une zone floue dans le plancher.

La radiographie des sinus antérieurs, pratiquée tête fléchie, montre comme nous le voyons sur le cliché n° 4 de notre travail, une zone nettement, suspecte du côté gauche, sous forme d’une masse bombant dans le plancher.

Pour éviter l’erreur d’interprétation d’une pro- Jection osseuse possible, on pratique une autre ra-

Radiographie N° 5

RAR he

“diographie avec la tête en position défléchie (cliché n° 5), et la même masse se révèle, au même point du plancher du sinus gauche.

Physiquement on ne pouvait admettre qu'il y eut sous deux incidences différentes une superposition osseuse projetée au même point; les symptômes subjectifs de la clinique et la radiographie s’accordaient donc sur le diagnostic de plancher pathologique.

Cependant le Docteur Racxer était encore hésitant; pour lui le diagnostic n’était pas encore posé et c’est alors qu'il fit pratiquer des radiographies stéréoscopiques (nous publions l’une d’elles sous le n° 6).

La lecture attentive de ces épreuves révélait un plancher et un sinus parfaitement intacts.

De la comparaison entre les clichés plans et les.

images stéréoscopiques il déduisit que la masse bombante du plancher n’était autre que la superposition d’une image osseuse de la base du crâne, très probablement du rocher, en projection dans la zone antrale.

Seule, la présence de granulomes apicaux fut confirmée, et à la suite du traitement purement dentaire de ces lésions, la névralgie disparut.

Cet incident confirma que les radiographies du

Pr Cie

plancher du sinus, même les meilleures, doivent être interprétées avec le plus grand soin, et la thérapeutique qui 8’en suit doit être entreprise avec toute la prudence du praticien averti.

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