Interprétation ésotérique des livres sacrés
Afin de faciliter 1 étude du christianisme ésotérique et de mettre les sublimes vérités, enoncees dans « La \oie Parfaite» et ailleurs, à la portée de ceux qui n’ont pas le loisir de les étudier a fond dans les pages de ces ouvrages inspirés, nous croyons utile de présenter les plus importantes sous forme de questions et de réponses.
I • Q. Qu Gnt&nclcz-vous par clivistisL— nisme ésotérique, et en quoi est-il supérieur au christianisme que vous appelez exotérique, et qui est enseiqne par les Eqlises établies ?
R. — Le mot ésotérique signifie privé et intérieur, par opposition à exotérique qui veut dire public et extérieur. Ce terme est dérivé des
anciens mystères dans lesquels on l’appliquait aux doctrines qui étaient seulement à l’usage des initiés, par opposition à celles qui, étant communiquées aux non initiés, étaient appelées exotériques ou extérieures, et que l’on professait et enseignait ouvertement.
2. Q. — Les enseignements ésotériques^ privés et intérieurs, sont-ils beaucoup plus importants, et ont-ils une plus grande valeur que les enseignements exotériques qui, à ce que vous dites, sont les seuls que Von communique aux profanes, ou à ceux qui sont en dehors du temple ?
R. — Puisque les enseignements ésotériques ont rapport à l’àrae et non pas au corps, et puisque l’àme est destinée à vivre éternellement tandis que le corps, qui est de la terre, est périssable, vous devez comprendre que la vérité ésotérique est bien plus importante que la doctrine extérieure ou exotérique, qui est entièrement fondée sur la lettre des Ecritures. Souvenez-vous des paroles de saint Paul dans la seconde Epitre aux Corinthiens, au chapitre II, « car la lettre tue mais l’esprit donne la vie, » et plus loin : « Or le Seigneur est cet esprit-là,
et, où est l’esprit du Seigneur, là est la liberté Ainsi nous tous qui contemplons, comme dans un miroir, la gloire du Seigneur à visage découvert, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par l’Esprit du Seigneur. »
Mais pour que ce changement puisse s’effectuer en nous, nous devons d’abord voir la gloire du Seigneur, c’est-à-dire discerner la vérité divine et éternelle cachée sous l’allégorie, ou le symbole matériel, employé pour l’exprimer — et que l’on appelle généralement « la lettre de la parole. »
3. Q. — Ma.is pourquoi s'est-on servi de l'allégorie , et pourquoi le sijmbole était-il nécessaire pour exprimer ce qui, dès le début, aurait pu être aussi bien dit en un langage clair et simple ?
R.— C’est justement parce qu’il était impossible de faire comprendre aux hommes sans éducation les idées morales en un langage concis et clair, que la Bible se sert constamment d’emblêmes, exactement comme vous faites usage d’aiphabels imagés pour instruire de petits enfants. La Bible s’exprime par
emblèmes parce qu’elle parle la langue primitive orientale, et dans cet idiome les principes divins sont exprimés au moyen d’objets terrestres, par la raison toute simple que les événements moraux ont absolument besoin d’objets physiques pour être représentés sur le plan matériel. Les deux mondes sont intimement unis. Ce qui est attribut dans le monde spirituel devient corps dans le monde matériel, mais le corps est un appendice nécessaire de l’attribut intellectuel, qui doit rendre celui-ci tangible à l’homme, et il en est toujours l’exacte correspondance.
Notre monde est un système de choses invisibles que le Créateur a rendues visibles pour nous en les manifestant. N’est-il donc pas évident que pour celui qui n’a plus de rapports avec le monde invisible les images qui en sont dérivées se sont matérialisées à tel point qu’elles n’ont plus aucun sens, et qu’il est devenu nécessaire de les traduire dans notre langage afin de rétablir et de démontrer leur signification spirituelle primitive?
4. Q. — Mais pourquoi n’a-t-on pas fait cola plus tôt, et pourquoi a-t-on laissé si
longtemps les hommes» clans Vignorance des vérités spirituelles?
R. — A cela nous répondrons que letemps de la fin du règne du matérialisme n’était pas encore arrivé : « un temps, des temps, et la moitié d’un temps » pendant lequel il avait été ordonné au prophète Daniel de sceller le livre. Lisez le dernier chapitre du livre du prophète Daniel et vous verrez cela vous-même.
5. Q. — Et comment pouvons-nous savoir « que le temps de la fin » est arrivé? et corn- « ment expliquez-vous ces trois mystérieux (( Temps » dont parle Daniel ?
R. — Il est facile de voir que le temps où (( les sceaux » doivent être ouverts ^ et le temps de « faire connaitre » est venu, car nous voyons de tous côtés la vérité spirituelle ouvertement annoncée, tandis que jusqu’à présent elle avait été tenue cachée, soit à cause de l’ignorance des prêtres, soit par suite de la politique dominatrice de l’Eglise visible, qui en cela n’a fait qu'obéir aux décrets de la Providence, puisque le temps où les sceaux devaient êti*e brisés, le temps de la fin, est seulement venu maintenant. L’interprétation des trois
« temps » mystérieux pendant lesquels Daniel devait laisser le livre fermé, est la suivante : chaque cycle spirituel comprend 600 ans. Nous devrions retourner bien loin en arrière des âges pour faire la preuve de cela et pour vous montrer que chaque Dispensation spirituelle, sur la terre, a duré 600 ans. Nous craindrions de blesser votre sentiment chrétien en vous citant toutes les Dispensations qui ont précédé celle de Jésus-Christ, ou qui lui ont succédé dans d’autres parties du monde, aux intervalles que nous venons d’indiquer. Tout étudiant en ces matières doit en savoir le nom, même si ses principes orthodoxes ne lui permettent pas d’en faire une étude approfondie. Nous nous contenterons de dire, ce qui est un fait bien connu, c’est que la durée des différentes Dispensations religieuses, sur la terre, est de 600 ans, et que, en comptant ainsi, on arrive à trouver que le temps actuel est celui où il a été décrété que les sceaux seraient brisés. « Un temps » serait donc 600 années ; « des temps » (le pluriel d’un temps) serait 1200 ans; et aune moitié de temps » serait 300 ans, ce qui fait en tout 2.100 années que Daniel appelle dans les Ecritures J .290 jours. Si vous déduisez de cela les
années qui se sont écoulées entre Daniel et le Christ, vous arriverez bien près du temps actuel. Mais la meilleure preuve que nous avons de l’exactitude de nos calculs ce sont les signes des temps que nous remarquons aujourd’hui, alors que la prophétie de Joël II, 28 à laquelle il est clairement fait allusion dans les Actes des Apôtres il, IG, est en train de se réaliser à la lettre. Et en outre nous avons l’accomplissement littéral de ces signes des temps qui nous sont prédits dans ce même chapitre XII de Daniel , « Toi Daniel tiens secrètes ces paroles, et scelle le livre jusqu’au temps de la fin. Plusieurs le liront et la connaissance augmentera. » Ajoutons à cela les promesses répétées de notre Seigneur au sujet de « I’es- PRir DE VÉRITÉ » qui doit prendre de ce qui est à lui pour nous le donner lorsque nous serons capables de comprendre ce qu’il a jusqu’alors dû enseigner énigmatiquement à cause de l’impossibilité, même pour ses propres disciples, d’en saisir le sens. C’est pour cette raison qu’il ne leur parlait jamais qu’en paraboles. (Marc IV, 34.)