‹ Interprétation ésotérique des livres sacrésChapitre 2 sur 27 · Q. — Mais encore, comment pouvons · texte numérisé non relu

Q. — Mais encore, comment pouvons

nous savoir que le temps de la fin est venu ?

R. — Si vous considérez l’accomplissement de toutes ces prophéties autour de nous, vous pourrez répondre vous-même à votre question et voir clairement que le temps de la lin est venu. Plusieurs ont été suscités en ce jour et inspirés afin qu’ils interprétassent fidèlement les choses cachées contenues dans les volumes sacrés. Et non seulement dans , les Ecritures juiveset chrétiennes, mais dans celles, bien plus anciennes, des Ved.4.s et dans toutes les Bibles inspirées de l’Inde et de l’Egypte, qui sont maintenant traduites, publiées et mises à la portée des profanes eux-mêmes parce que le « temps de faire connaître est venu. » Il est vrai que pour traduire ces ouvrages et comprendre le langage de Dieu, les interprétateurs et les lecteurs doivent retourner à Dieu, car maintenant comme toujours l’homme animal ne comprend point les choses qui sont de l’esprit de Dieu; car elle.5 lui paraissent une folie, et il ne peut les entendi’e, parce que c’est spirituellement qu'on en juge. (I Cor. II 14.)

7 Q. — Oui, je me souviens maintenant de cette déclaration de l'apôtre qui conti-

nue ainsi : « Mais l'homme spivituel iurje de toutes choses et personne ne peut juger de lui . »

R. — Tandis que les deux ordres que l’apôtre indique ici se rapportent à l’inlérieur et a l’extérieur, à l’âme et au corps de chaque individu, iis peuvent s’appliquer aussi aux deux grandes divisions de l’humanité, — ceux qui pour l’instant ne reconnaissent que le corps, et ceux qui sont assez développés dans leur nature intérieure pour reconnaître aussi l’àme. Parmi ces derniers se trouve l’initié aux mystères sacrés.

Celui-là, en suivant son intuition spirituelle, dirige la force de son esprit intérieurement, et pourvu que sa volonté soit subordonnée à la volonté divine, par conséquent une avec elle, il passe derrière le voile et connaît comme il est connu. Car, comme 1 apôtre le dit aussi : « Qu’est-ce qui connaît ce qui est en l’homme si ce n’est l’esprit de l’homme qui est en lui. Et l’espi'it connaît toutes choses et les révèle à l’homme. »

8. Q. — U est donc évident que toutes les doctrines de la Bible et tous les dogmes que

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l’Eglise a édifiés sur ces doctrines doivent être interprétés et explicpues spirituellement avant de pouvoir être compris ?

R. — Certainement, car ce n’est pas en s’enfermant dans le senâ littéral, que l’Initié a pu découvrir qu’il s’agissait de mystères aussi transcendants que la nature de Dieu et l’histoire de l’àme humaine. Car qu’est-ce qu’un « mystère » sinon quelque chose qui est mystique ? et que veut dire «transcendant» sinon ; qui dépasse les facultés supeificielles, qui n’est pas littéral? Il est bien évident que les Ecritures, aussi bien que les dogmes qui ont été fondés sur elles par les Eglises, doivent être interprétées spirituellement, autrement les premières demeureraient toujours livre fermé et les seconds ne seraient que matière à une foi aveugle, pour ceux qui peuvent avoir la foi, ou pierre d’achoppement pour d’autres qui, n’ayant pas la foi, demandent que leur raison soit satisfaite. Ainsi les catholiques qui s’en tiennent à la tradition sans autre explication, et les protestants qui répandent les Ecritures saintes de tous côtés, se fiant à la sagacité des individus pour les interpréter à leur façon, ont également tort. Jésus a passé toute sa vie à

expliquer les Ecritures à ses disciples. Dans les trois premiers siècles les Pères de l’Eglise ne firent pas autre chose qu’écrire des commentaires sur les passages de la Bible. Le livre des Actes des Apôtres, la seule autorité sur laquelle l’Eglise se fonde pour établir la suprématie de l’Autorité Ecclésiastique, nous fournit une preuve évidente que les volumes saints doivent être expliqués avant de pouvoir être compris ou reçus. Philippe ayant rencontré un eunuque Ethiopien qui lisait le Prophète Esaïe lui demanda s’il comprenait ce qu’il lisait. « Comment pourrais-je le comprendre, répliqua-t-il, puisque personne ne me l’explique. » Nous pourrions donner des preuves nombreuses du grand avantage qu’il y a à connaître la signification ésotérique, ou intérieure, des Ecritures. Pour le moment, nous ne ferons que vous rappeler que, dans ses enseignements, le Christ insiste toujours sur « l’œil qui voit » et l’oreille qui entend, et sur « l’esprit de compréhension » comme étant indispensable pour saisir le sens des Ecritures par la raison même qu’elles ne sont pas exotériques, (confinées dans la lettre), mais ésotériques, (qui ont un sens spirituel intérieur).

9. Q. — Pendant que vous êtes sur ce sujet je désirerais que vous me donnassiez qxielques exemples des différences qui existent entre la façon exotérique et ésotérique de lire les Ecritures. J’aurais besoin de certitude sur ce j^oint.

l\. — Avec le plus grand plaisir, et vous comprendrez bien vite que ce qui est physique, phénoménal, temporaire et accidentel : c’est-àdire les événements, les personnes, les lieux et les choses ne sont que des manifestations extérieures, sur le plan matériel, chargées de transmettre de grandes vérités spirituelles aux esprits préparés pour les recevoir, car Tlntuition est la perception de Fàme. Commençons par la parabole appelée ésotériquement la « chute de l’homme. » En l’étudiant avec une faculté développée en ses deux modes — l’intellectuel et l’intuitif, que trouvons-nous ? Que le sens exotérique avec ses personnages dramatiques supposés — un homme, une femme et un serpent qui parle, ainsi que tous les éléments du temps et de l’espace disparaissent complètement ; et, à leur place, nous avons une vérité éternelle fondée sur la nature même de l’être, vérifiée par l’expérience personnelle de.

chacun, et qu’il est nécessaire pour chacun de comprendre; une vérité qui, en outre, lorsqu’elle est bien comprise, sert de clef à la Bible tout entière ’ — l’ancien et le nouveau testament — et même au mystère suprême, la genèse du Christ.,

Car maintenant, au lieu d’wn homme, nous avons l’homme, au lieu d’une femme nous avons « la famme dans l’hornme, » ou Tàme humaine qui est toujours féminine; à la place d’un serpent réel nous avons la tendance de la nature humaine vers les choses matérielles et sensibles ; et à la place du jardin, la doctrine parfaite, et la vie qui résulte de la perception des choses spirituelles.

10. Q. — Mais pourquoi est-ce la femme qui écoute la voix du serpent plutôt que l'homme, qui étant formé de la poussière de la terre me semble plus proche de la nature rampante du serpent ou de la bête ?

— Dans cette allégorie Eve, ou la femme, représente l’àme qui est la partie intérieure, spirituelle et la plus élevée de l’homme. Tentée par le serpent des sens, l’àme, (Eve) tombe sous la puissance de la matière et se trouve

assujettie à la nature corporelle (Adam). Elle perd sa condition non déchue, (le Paradis), et immédiatement ces deux principes dans la nature humaine, les sens et l’âme, le rationnel et l’intuitif, l’exotérique et l’ésotérique, personnifiés par Caïn et Abel, qui sont les types qui représentent respectivement la matière et l’esprit, ou le prêtre dogmatique et le prophète inspiré, manifestent leur antagonisme inhérent, le premier en apportant les « fruits de la terre », ou de la nature sensuelle inférieure, le second en offrant « l’agneau » du pur esprit et de l’intuition. Et le premier égorge le second, exactement comme plus tard le prêtre Caïphe tuera le prophète Christ, et que l’homme de la lettre rejettera le sens mystique.

Cependant l’âme tombée dans la matérialité n’est pas immédiatement perdue. Elle possède toujours sa potentialité originelle de produire un caractère parfait. Mais il faut qu’elle retrouve la condition spirituelle qui lui est propre. En accomplissant cela, d’Eve qu’elle était, elle deviendra la Vierge Marie; et en étant « rendu parfait par la souffrance, » le « vieil homme » en nous, (Adam) laissera la place

à « l’homme nouveau » — Christ Jésus — , et le « jardin » de l’innocence, qui ne procède que de l’ignorance sera remplacé par la « Sainte-Cité » de la vertu, qui est le résultat de l’expérience^ Ainsi lue, avec le sens intérieur, la Bible nous enseigne la persistance de l’Ego humain à travers tous les changements de formes et de conditions, et met en lumière les étapes de son évolution, depuis l’être rudimentaire Jusqu’à l’être parfait, par l’opération du principe-Christ inhérent. Elle nous révèle le secret et la méthode de ce processus, qui consiste dans la purification intérieure, et qui peut être réalisé par toute âme ; car il est si évident et si logique, qu’il sera accepté non pas seulement « à la majorité» mais « à l’unanimité », aussitôt que libre carrière sera laissée à l’intuition et que, au lieu d’étoufler l’esprit sous la lettre, ou de le limiter par la lettre, on le discernera à travers la lettre. Ce point de vue est confirmé par les enseignements de « Paul le Mystique », soit lorsqu’il déclare que dans leur forme écrite « ces choses sont une allégorie », soit lorsqu’il ajoute qu’à l’étape Adamique de notre évolution nous mourrons, mais qu’à l’étape de Christ nous avons la vie éternelle.

11. Q. — Mais, pour en revenir à ma jpremière question, je ne vois pas pourquoi la vérité spirituelle et ésotérique cachée sous toutes ces allégories n’a pas été toujours enseignée.

R. — Il se pourrait que, en vue de leur propre sécurité aussi bien que de celle de la doctrine, les Abels de l’Intuition eussent toujours eu peur des Gains du Sens Extérieur, et que c’est seulement maintenant que le temps est venu où les premiers peuvent parler ouvertement sans que leur doctrine coure le danger d’être matérialisée ou de se perdre, et eux-mêmes d’être persécutés ou assassinés?

Souvenez-vous que Caïn ne fut pas mis à mort pour son crime, mais qu’il fut laissé en liberté avec une marque sur lui par laquelle on put le reconnaître. Nous voyons dans l’Apocalypse que cette marque était sur le front, et qu’on l’appelait « la marque de la bête ». D'après le sens intérieur de la Bible « la Bête » signifie toujours le matérialisme, dont le littéralisme est un des modes. La marque sur le front indique que c’est la tète, ou l’intelligence, qui est en faute parce que, en se séparant du cœur et de l’intuition, elle devient immédiate-

ment idolâtre et meurtrière, car elle adore la lettre et la forme, et supprime l’esprit et la réalité.

Il est permis à Caïn, qui représente l’intellect tombé, de vivre, parce que l’intellect ne doit pas être rejeté mais racheté en se réconciliant avec l’intuition. Combinés ils forment une faculté complète, étant l’homme et la femme du mental, et c’est d’eux que naît l’enfant divin la (Vérité.) Ainsi racheté l’intellect, ou l’homme, exalte l’intuition, ou la femme, et la suit; ou, en d’autres mots, exalte le sens intuitif et ésotérique des Ecritures en lui accordant la suprématie qu’il doit avoir sur le sens littéral et exotérique.

12. Q. — Et c’est cet enfant divin, la 'Vérité, ou le Christ, semence de la femme, ou disons-le franchement, de l’âme pure et immaculée qui est destinée a écraser la tête du serpent?

R. — Pour que la promesse faite à Eve s’accomplisse au sens littéral ou exotérique, il suffirait donc qu’elle, ou un de ses descendants, écrasât quelque reptile zoologique ou, disons même, les sens qui ont tenté Eve ! Peut-on sérieusement admettre qu’un événement aussi

limité soit plus important que le triomphe général de l’âme sur les séductions de la nature physique ?

Et si la première interprétation est seule vraie, qu’a-t-elle à faire avec la Bible, en tant que livre qui contient des mystères transcendants sur la nature de Dieu et l’histoire de l’âme humaine, ce qui est généralement admis?

13. Q. — Croyez-vous qu’il y ait en ce moment un réveil du Christianisme dans les esprits ? Pour ma part, j’en doute, car je vois que les catholiciues se contentent encore de la Religion exotérique et limitée qui leur est prêchée par les prêtres et que, d’un autre côté, les libres penseurs sont parfaitement satisfaits en ne croyant à rien, et en rejetant tout ce qu’ils considèrent comme surnaturel. D’autre part, on parle beaucmp de la philosophie Bouddhiste comme si toute idée d’une philosophie basée sur le Christianisme était maintenant hors de question.

R. — La chose vous paraît ainsi dans ce petit

monde de Paris où vous vivez, mais il ne comprend pas toute la race humaine. La race humaine s’éveille à la lumière de la religion, croyez-le, bien que les gens qui vous entourent dans ce centre mondain paraissent 1 ignorer ; d’ailleurs l’excitation qui règne aujourd’hui dans cette ville frivole, au sujet des enseignements du Bouddha, est un des signes les plus remarquables de notre temps,

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