‹ Interprétation ésotérique des livres sacrésChapitre 19 sur 27 · Q. — Vous avez parlé de Pijthagore · texte numérisé non relu

Q. — Vous avez parlé de Pijthagore

pa.r rapport à l’ordre secret des Esséniens ; lui aussi ne demeurait-il pas dans une caverne au Mont Carmel ?

R. En effet, et cette caverne on peut la voir aujourd hui. La ressemblance étonnante des doctrines des Esséniens avec celles de Jésus et de Pythagore constitue presque une preuve absolue de l’identité de ces systèmes. Philon, aussi bien que Josèphe, nous dit qu’il y avait trois sectes principales parmi les Juifs : les Sadducéens, les Pharisiens et les Esséniens. Il est souvent fait mention des deux premières dans le Nouveau Testament, jamais de la troisième ; mais, par contre, on trouve un grand nombre d’allusions « aux frères ». Or, une étude soigneuse et attentive des Ecritures par rapport aux autres systèmes religieux de l’antiquité a amené ceux qui étudient ces questions à la conclusion que les écrivains du Nouveau Testament étaient eux-mêmes ces « frères » de l’ordre secret des Esséniens; car il serait absurde de supposer que des écrits aussi profondément spiritualistes pussent avoir émané des Scribes, des Sadducéens ou des Pharisiens, dont il est toujours fait mention dans les Ecritures sous les termes de « hypocrites », « serpents » et « race de vipères ».

104. Q. — Et vous dites que c'était un ordre secret à l'époque de Jésus-Christ et de la compilation des Evangiles ?

R- — Philon nous apprend que non seulement les membres de « la Fraternité » avaient juré le secret, mais qu’ils s’étaient aussi engagés de ne confier aucune partie de la doctrine à l’écriture sauf en employant l’allégorie et le symbolisme, au moyen desquels ils avaient reçu leur instruction. Ils avaient tout en commun, et on les appelait « s.a.ints » à cause de leur grande pureté et de leur dévotion pour Dieu. Il nous est dit qu’une de leurs coutumes spéciales était de s’assembler pour écouter l’interprétation des Ecritures saintes des Hébreux donnée par les anciens; et nous voyons que Jésus-Christ enseignait dans la synagogue de Nazareth et interprétait les Ecritures exactement de la même manière. (Luc. IV, 17-22) Vous vous souvenez que Jésus-Christ était un Nazaréen de la cité de Nazareth, ou de la cité des Nazarites. Et c’est là que se trouvait le monastère des Nazarites des Carmélites, où Pythagore et Elle demeurèrent sous le Carmel, la vigne ou le jardin de Dieu. Aussi nous lisons ; « Nazareth, la ville de Nazir, la Fleur, était située dans la vigne

du Carmel, ou le jardin de Dieu. Jésus était une fleur, de là vient l’adoration des Rose-Croix, pour la Rose et la Croix; laquelle Rose était Ras, et ce Ras (connaissance de la sagesse) fut volé dans le jardin et crucifié sur une croix (Anacalypsis vol. II page 44). Le passage suivant de Philon Judeus nous fournit un témoignage important sur la nature des études et des enseignements de ces moines Carmélites ou Esséniens de Tépoque de Jésus-Christ :

« Ces explications des Saintes Ecritures sont données au moyen d’expressions mystiques et d’allégories, car la loi complète apparaît à ces hommes comme un animal vivant, (1) et ses commandements semblent être le corps, tandis que la signification invisible qui se cache sous les mots grossiers ressemble à l’Ame, dans laquelle l’âme rationnelle commence à contempler excellemment comme dans un miroir ce qui lui appartient. Elle voit dans ces mots mêmes la beauté parfaite des sentiments, en développant et expliquant les symboles, et en. révélant leur signification secrète à tous ceux qui sont capables, à la lumière de l’esprit, de percevoir sous le visible ce qui est invisible. »

Vous voyez l’immense importance de cette affirmation, aussi bien en ce qui concerne la

(1) Cet animal était l’homme.

Loi que les Evangiles. Ailleurs il est dit des Esséniens :

c( Qu'ils prenaient les Ecritures sacrées et qu’ils philosophaient à leur sujet, étudiant les allégories que les hommes de l’antiquité leur avaient laissées, et imitant leur manière de faire *, en sorte qu’ils ne vivent pas seulement de contemplation mais qu’ils composent aussi eux-mêmes des allégories sur leur philosophie nationale, puisqu’ils considèrent les expressions littérales comme des symboles qui recouvrent une signification secrète destinée à être répandue au moyen de ces expressions figuratives. »

105. Q. — La question que je vous ferai maintenant est celle-ci : si les récits Bibliques ont une si profonde signification mystique, commentpeuvent-ils, enmême temps, raconter des incidents historiques? Nous ne cherchons pas des mystères ésotériques dans Vhistoire des autres nations, pourquoi en serait-il autrement de Vhistoire des Hébreux? Et cependant il ressort de ce que vous me dites que d'ajorès les Kabbalistes et les Pères de VEglise tous ces récits sont allégoriques ?

R. — Nous savons si peu de chose de This" toire des temps les plus reculés, qu’il est bien

difficile de déterminer ce qui est historique et ce qui peut avoir été inventé pour cacher et illustrer à la fois l’idéal occulte par l’histoire de quelque héros. Il se peut qu’Hercule fut un individu doux et inoffensif, et ses douze travaux pourraient être interprétés comme le travail s accomplissant par les re-naissances. Son nom, Hera-cleos, signifie la culture de la terre, et ses travaux indiquent que cette culture s’appliquait à une terre mystique et invisible, le monde sensible intérieur, et non pas extérieur. Il ne nous est pas dit de croire à la fable d’Osiris et d’Isis, mais on nous engage à vénérer les récits fabuleux bibliques, comme des faits irréfutables qui, nous l’avons vu, ne sont historiques qu’en ce qui touche à la vie intime et spirituelle de l’homme.

i06. Q. — Il va donc sans dire que toute la mythologie peut être interprétée ésotériquement ?

R. — La mythologie avait en effet pour but de caractériser de la même manière l’infinie variété des manifestations de l’âme. Si nous prenons le mythe hellénique, par exemple,nous voyons que le Dieu le plus ancien est Eros-Amour. Cet amour est représenté sous le

type d’un enfant, et Platon dit : « On ne peut pas trouver un meilleur guide que l’Amour. » On pourrait écrire des volumes sur les mystères spirituels incarnés dans ce mythe d’Eros, — l’âme re-née. Ce sujet est inépuisable, car il est infini et éternel ; — mais en passant remarquons quel amour infiniment plus élevé, plus pur, plus spirituel et plus divin est contenu dans le commandement que nous a donné Jésus, ce représentant vivant du Dieu d’amour, le Père Divin.

Dans le Panthéon payen nous trouvons l’histoire de l’âme à toutes ses étapes : Phœbus- Apollon, l’âme resplendissante comme compréhension et science ; Minerve, l’âme dans sa sagesse qui ne peut errer ; Diane, l’âme comme intuition et imagination chaste ; jMars, l’âme comme principe de combat; Mercure, ou Hermès, l’âme comme intellect ; Vénus, l’âme comme amour et beauté; Saturne, ce jugement lent, boiteux, et pesant acquis par beaucoup de pas patients; et enfin Jove et Junon, l’esprit et l’âme unis dans une souveraine unité.

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