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THÈME MÉTAPHYSIQUE DE LA GUERRE

Et quand le 305 accourut sur le long rail de sa clameur une étincelle se raviva sous le souffle Parmi mes stupeurs consumées elle pétilla: Je suis donc, je pense encore.

A cette seconde une explosion lyrique m'ouvrit à l'épanouissement du cratère,

Toute ma vie je resterai l'inconnaissable initié à cette lueur indicible.

Je fus dans un tonnerre la pensée du monde Qui jouit d'être jusqu'au paroxysme de l'éclatement.

Voici la nécessité et donc la plénitude de l'homme sur sa planète.

L'homme est au milieu du monde, au milieu des choses qu'il voit dans ses yeux.

INTERROGATION La pensée du monde est dans l'homme. Dans l'homme est le verbe, l'esprit qui crée.

Le verbe monologue par la bouche humaine. Dans son élocution continue, il prononce des noms et ainsi des êtres sont créés.

L'homme à perpétuité parle aux murs.

La vie est une parole solitaire.

Voici la plénitude, le triple accomplissement de l'homme sur sa planète.

En l'homme le verbe éternel (rien ne se perd, rien ne se crée) promulgue trois noms, crée trois personnes, trois porte-parole pour le dialogue irréel :

Dieu

la femme

l'ennemi.

Telles sont les trois œuvres terrestres :

Se donner un Dieu

Se donner une amante

Se donner un ennemi.

Ainsi l'homme s'occupe sur sa terre avec la religion, l'amour et la gloire (Silence sur l'art qui est un regard sur tous ces agissements).

THEME MÉTAPHYSIQUE DE LA GUERRE L'homme pour vivre a besoin d'englober à un pôle des forces qui lui paraissent extérieures pour que s'amassent au pôle contraire et se fortifient ses propres forces.

Correspondance de la loi métaphysique à la loi physique. Eternellement le sujet s'oppose un objet. Ainsi se borne la pensée du monde dans l'homme. Et nous ne voyons rien autre chose à faire.

Triple prestige projeté par l'œil.

O vie je saisis que tu es une mystique.

— L'homme se révèle un Dieu pour s'expliquer le monde. Dans ce nom il ramasse tout le mystère, il le scelle sous son adoration.

L'ayant produit il veut le réduire par l'amour, par la mort.

— L'homme tire de soi ensuite la femme, il lui prête une âme. Il crée encore cette nécessité en face de soi.

L'ayant extraite, il veut la retraire, par l'amour, par l'absorption de l'amour parfait.

— Enfin, l'homme pour varier son divertissement se crée un ennemi.

INTERROGATION Ennemi de guerre qui tue Ennemi de paix qui nie.

Il souhaite la victoire, car le vainqueur avale l'âme

du vaincu.

Le sujet éjacule un objet et par la connaissance le

résorbe.

Eternel onanisme du Monde.

Mais il est aussi dans l'homme la force de dispersement et d'anéantissement, la force de mort. Mort, défaite du vieux, dissolution des vieilleries. Donc, des hommes tuent Dieu (ou la connaissance absolue).

D'autres tuent l'amante et l'amour.

D'autres veulent tuer l'ennemi en tuant la guerre. Mais un homme ne nie pas les trois objets. Il nie l'un pour raffermir l'autre, tel est le commandement de la vie.

Rares sont les zélateurs du néant.

Voici l'état des choses en ce temps-ci : Beaucoup d'entre nous ont tué Dieu

THEME MÉTAPHYSIQUE DE LA GUERRE D'autres ont tué l'amour Pourquoi ne tuerions-nous pas la guerre ? Nous ne faisons plus d'enfants, nous ne ferons plus de cadavres. Nos femmes ne veulent plus être le douloureux cadavre qui enfante. Nous ne voulons plus être le douloureux cadavre que l'on tue. En nos femmes la vie se fatigue de former de nouveaux corps promis à l'injustice d'être cadavres.

Le laboratoire ne peut pas vivre à côté de la caserne. Oui ou non l'ennemi de l'homme est-ce la douleur ? L'homme doute de sa création. Il rit du Dieu qu'il a fait et le rejette.

Il souille son amour avec une bouche prostituée. Il n'a plus la force de se créer une haine et un ennemi. Renonçons, renonçons.

Jusqu'au bout poussons le progrès.

De par le monde il y a un effort vers le néant.

Mais moi il faut que je me sépare de tous ceux-là. J'irai vers ces autres qui toujours tendent sur le monde les bras pour rassembler ses harmonies en déroute. Une certaine amante ne viendra jamais.

INTERROGATION Des femmes voudront m 'avilir qui m'annonceront qu'elle est venue.

Par la guerre je connus un grand amour.

Si tu vénères l'Amour, n'insulte pas la Guerre.

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