CHANSON DE PIERROT
A Fernand Maeade.
S'en fut dans la plaine Moissonner des lys, De la marjolaine, Des muguets jolis ;
S'en fut dans la lande, En bon pèlerin, Cueillir la lavande Et le romarin ;
S'en fut par des routes Joyeuses, chercher Toutes* toutes, toutes Les fleurs de pêcher*
Lys du clair de lune, Fleurettes des champs, Tout cela pour une, Une aux yeux méchants.
Pierrot à l'amante Offre son bouquet, Son bouquet de menthe, Lys, rose et muguet.
Sa force est tombée, Son courage à bout ;.
Il est bouche bée «
Et pleure debout.,
De rire, de rire La belle éclata.
Ah ! le pauvre sire !
Qu'elle s'écria.
L'amoureux morose,.
L'amoureux transi, Lors quittant la rose, A pris un souci.
Devers la rivière S'en fut de ce coup, Avec une pierre, Une pierre au cou.
Là belle, la belle Remarquant le soin De Pâmant fidèle, Fut triste à ce point,
A ce point navrée Par de tels soucis Qu'elle s'est parée Avec des soucis.
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Ma pauvre amour qui fait la morte La nuit se lève pour pleurer.
Ah ! c'est assez se dévorer, Ma souffrance à la fin s'emporte.
C'est trop horrible, cette sorte De longue agonie en secret.
Etouffer tout jusqu'au regret !
Oh ! ma tendresse est la plus forte !
Tu vois ; j'ai su désespérer, Mais je voudrais pleurer, pleurer...
— Assez ! je ne veux plus t'entendre ; J'ai mépris de cette langueur, C'est moi ton maître, ô lâche cœur!
— Cœur, recouche-toi dans la cendre
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