CHANSON
Vos yeux sont malicieux, Moqueurs de qui les implore, Railleurs de qui les adore.
Mais qu'ils sont délicieux !
Donne-moi les lilas, les lilas de tes yeux.
Votre fou rire enivré, Pourquoi met-il Pâme en peine?
Cruelle petite reine, Riez de mon cœur navré.
Donne-moi les œillets de ton rire empourpré.
Comme des regards vivants Brillent vos dents éclatantes.
Ah ! pitié pour mes attentes, Pour mes désirs obsédants.
Donne-moi le bouquet, le bouquet de tes dents.
Dans une course d'enfer Bondissent mes folles fièvres...
Laisse-moi baiser tes lèvres, Tes dents et ton rire clair.
Donne-moi, donne-moi le rosier de ta chair.
«A^^MMMKMAMMWM*
Ma peine vague et tortueuse, Je la mène en un parc royal, Tel que le morne Escurial D'une tristesse fastueuse.
Sous la pourpre de leurs essaims, Sous l'or rouillé de leurs jonchées, Les feuilles par le vent fauchées Couvrent l'eau morte des bassins.
Une brume fumeuse et rousse Baigne de rêve et de sommeil Les tièdes rayons du soleil Qui s'assoupissent sur la mousse.
Tout dort sous les jaunes rayons, La charmille se découronne ; C'est déjà la fin de l'automne, Sa robe d'or est en haillons...