‹ InterruptaChapitre 16 sur 34 · AUBADE A GABRIEL VICAIRE · texte numérisé non relu

AUBADE A GABRIEL VICAIRE

Après la lecture de YHeure enchantée.

peuple chanteur de l'ancienne France, Chantant à la guerre ainsi qu'au labour, Et le cœur toujours fleuri d'espérance !

— Sonne le clairon, gronde le tambour ! —

Bergers musiciens, paysans poètes

Des tendres chansons et des joyeux airs

Et des airs galants — allez, les musettes ! —

Diseurs de noëls — sonnez, fifres clairs ! —

Les gars qui savez à la blonde dire Les aveux d'amour en mots si muguets Qu'elle veut gronder et ne peut que rire Et prend les aveux et prend les bouquets,

Cœurs dans l'abandon, âmes inconnues Dont survit la plainte en ces chants si doux Que près des berceaux les vieilles chenues Chevrotent bien bas, venez, levez-vous.

Ecouteurs de voix, veilleurs des étoiles Dont l'oreille est faite aux bruits si légers Rôdant sous les cieux dans les nuits sans voiles, Vous les paysans et vous les bergers,

Venez tous avec de belles paroles, Venez tous avec vos plus beaux refrains, Venez, venez tous avec les violes, Et les galoubets et les tambourins.

A celui qui porte une marjolaine, A celui qui parle avec votre voix, Au ménétrier de qui l'âme est pleine De tout le jadis, de tout l'autrefois,

Par qui la chanson fut ressuscitée De l'ancienne France, à cet enchanteur Maître en doux parler de V Heure enchantée!

Va, sonne l'aubade, ô peuple chanteur !

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