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CANTIQUE

Tenez vos lampes allumées !

Ah ! j'ai senti dans mon âme La pointe des noirs chagrins, Etoile des pèlerins, Notre-Dame, Notre-Dame!

Et des glaives comme vous, Notre-Dame au cœur si doux.

La limpidité splendide, Le frais éclat argentin

De l'étoile du matin

Brille en votre âme candide.

Moi, mon cœur est desséché,

Mon âme est boue et péché.

Votre douceur infinie

Désaltère le méchant.

Moi, mon cœur est comme un champ

Rempli de cris d'agonie,

Piétiné d'un dur vainqueur.

Quel cimetière est mon cœur !

Et pourtant, ô Notre-Dame !

Pai faim et j'ai soif d'aimer...

J'avais pris soin d'allumer Une lampe dans mon âme.

Voici que la lampe meurt, Et je frissonne en mon cœur...

Ame faite de lumière, Etoile de pureté, Versez au déshérité Votre bonté coutumière ; Apparaissez dans sa nuit, Bonne Dame ! et donnez-lui

La manne avec la rosée De vos regards précieux ; Penchez sur lui vos doux yeux.

Tremblant comme l'épousée,

De pleurs d'amour se gonflant, Son cœur sera ruisselant.

Rouvrez en moi la fontaine De l'amour et de la foi, Reine du ciel, rendez-moi Mon âme, hélas ! si lointaine, Reine du ciel triomphant, Rendez-moi mon cœur d'enfant!

Et qu'en mon cœur et mon âme Puisse brûler à jamais, Tel qu'un feu sur les sommets, Fidèle et haute, une flamme, Flamme de joie et d'espoir, D'amour et de bon vouloir.

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