‹ Intervention chirurgicale dans les ruptures de la vessie et de l'urètreChapitre 10 sur 26 · TAC RES · texte numérisé non relu

TAC RES

reux; douleur encore plus vive au niveau de la fracture. Un cathéter n° 8 en argent, introduit par M. Quain, ne donne ni sang ni urine. On chloroformise le malade ; une incision est faite au périnée sur une sonde avec conducteur que l’on avait préalablement introduite dans l’urèthre; du sang noir et peu d'urine s’échappent par la blessure, l'hémorragie est faible.

14. — Pouls toujours très faible, langue sèche; l'urine traverse aisément l'incision faite au périnée. Région hypogastrique dans le même état. Beaucoup d’œdème du pénis et du scrotum. Nausées. ;

15. — Scrotum dans le même état, vessie tout à fait vide. Toute l’urine passe par l’incision du périnée. Douleur seulement au niveau de cette incision. Le passage de la roue sur le corps est bien marqué par une ligne rouge allant de l’épine iliaque antéro-supérieure jusqu’à 4 pouces au-dessous du pli de l’aine. État comateux du blessé. Mort à trois heures du soir.

A l’autopsie, faite vingt-quatre heures après, on ouvrit les téguments au niveau du pubis ; la symphyse pubienne était très écartée (3 pouces); en comprimant les os coxaux, on pouvait faire joindre les pubis. Les longs et courts adducteurs du côté droit étaient déchirés près de leurs insertions. Du sang s'était épanché derrière le péritoine jusqu’à la division de l'aorte en iliaques primitives. Le côté droit du col de la vessie avait une déchirure de la grandeur d'un schelling (1 fr. 25), entourée de sang coagulé. La muqueuse du voisinage était infiltrée de sang. L’incision du pénis et du scrotum prouva que le gonflement était dû à l'extravasation sanguine. L'urèthre était déchiré au niveau de la partie antérieure de la portion membraneuse. En plus de lécartement de la symphyse pubienne, les deux éminences pectinées étaient fracturées, ainsi qu’une partie de la cavité cotyloïde. Les articulations sacro-iliaques bâillaient largement des deux côtés.

HN

Observation V

(Bulletin de la Société anatomique de Paris, 1867, p. 7)

Luxation de toutes les articulations du bassin. — Fractures. — Rupture de la vessie.

M. le D' Alphonse Dubrueil, prosecteur de la Faculté de Paris, présente à la Société le bassin d’un homme âgé de trente et un ans environ, qui a été écrasé par une charrette.

Outre plusieurs épanchements sanguins situés à l'intérieur et à l'extérieur du bassin, M. Dubrueil a constaté une déchirure siégeant sur la face antérieure de la vessie.

Toutes les articulations intrinsèques du bassin sont disjointes. Les deux côtés de la symphyse pubienne présentent un écartement de 6 centimètres. Les ligaments sont rompus. Les symphyses sacro-iliaques, droite et gauche, sont également luxées et leurs liens fibreux déchirés. Le sacrum est: déjeté en avant de sa position normale.

Sur l'os iliaque gauche existent deux fractures : l’une, complète, située au point de jonction de la branche ascendante de l'ischion et de la branche descendante du pubis; l’autre, incomplète, siège sur la portion horizontale du pubis; elle n'existe qu'en avant, et l’on ne constate aucun déplacement.

Observation VI (Montpellier médical, 1873) Fracture du pubis. — Déchirure du canal de l’urèthre. — Mort. — Observa-

tion de M. le Dr Léenhardt, chef de clinique, service de M. le professeur Moutet, Hôtel-Dieu Saint-Eloi.

B.. (Eugène), vingt-deux ans, sapeur au 2° régiment du génie, travaillait dans une tranchée lorsqu'un éboulement s’est

role fait, qui l'a pris par derrière, l'a précipité en avant, et l’a enseveli Sous une masse de terre. Bientôt dégagé par ses camarades, B... se plaint du bas-ventre; il ne peut se relever et s'aperçoit qu'un écoulement de sang se fait par la verge.

Il est aussitôt transporté à l'Hôtel-Dieu Saint-Éloi, le 9 avril 1873.

A son arrivée, on constate que l'hémorragie uréthrale, qui

.a été assez abondante, tend à diminuer ; le malade accuse de la douleur dans la région du pli génito-crural droit, qui est le siège d’une certaine tuméfaction, mais on ne trouve en ce point aucune ecchymose, aucune trace de contusion. La douleur devient extrêmement vive lorsqu'on exerce une pression, même légère, sur le pubis de ce côté, soit sur sa branche descendante.

Les mouvements de la cuisse sont possibles dans une étendue limitée, mais très douloureux ; le mouvement d’abduction, en particulier, détermine une douleur intolérable dans la région ischio-pubienne; ni par ces tentatives de mouvement, ni par des pressions réitérées sur les parties, on ne peut obtenir la sensation caractéristique de crépitation osseuse.

On essaie d'introduire dans la vessie une sonde métallique ordinaire; cette manœuvre réussit avec la plus grande facilité et amène l’expulsion d’une notable quantité d'urine parfaitement limpide. :

Le malade présente un léger degré de commotion générale, mais on ne trouve en aucun autre point du corps de traces de contusions ni de violences. Potion antispasmodique.

10 avril. — Le malade a uriné spontanément et facilement, avec quelque sentiment de cuisson dans le canal. L'écoulement sanguin par la verge a persisté. Pas de fièvre. ne cation de sangsues à l’aine droite.

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