‹ Interventions sur les aponévroses dans certaines algies sciatiques et lombalgies rebellesChapitre 14 sur 18 · END · texte numérisé non relu

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Le nerf sciatique qui émerge sous le pyramidal, audessous du grand fessier, est en rapport très étroit avec ses aponévroses.

2° Physio-pathologie.

Du fait de cet étroit contact, il était logique de penser qu’une rétraction aponévrotique à ce niveau, comparable à certaines rétractions palmaires ou plantaires connues depuis longtemps, était susceptible d’engendrer des troubles dans le domaine du sciatique. Le mérite revient à Ober d’avoir le premier observé la

réalité d’un tel fait.

Il existe sur certains malades des modifications importantes au niveau du fascia lata et de la bandelette iléo-tibiale. IL s’agit d’une rétraction qui peut être à la base de troubles nerveux, douloureux et tenaces dans le domaine du sciatique et contre lesquels les -

traitements habituels restent inopérants. Cette rétraction se traduit «par un épaississement sensible du

fascia lata et par une véritable contracture des muscles . e LE « . « LI qui s'insèrent en avant et en arrière, c’est-à-dire du

tenseur et du grand fessier ».

Le nerf se trouve de la sorte comprimé et il en résulte des algies tenaces inexplicables. Dans certains cas même, l’état de tension du fascia lata retentit au-delà, réalisant des algies lombaires à type sacro-iliaque, pou-

vant même s'accompagner de lordose,

3° Cliniquement.

Comment peut-on soupçonner une telle étiologie?

À vrai dire, la symptomatologie est pauvre habituellement; elle se réduit en fait à deux signes :

1° la tension douloureuse, presque contracture, de

la partie supérieure et externe des muscles de la fesse;

2° la contracture en abduction, de la hanche, conséquence du fait précédent.

D'autre part, les régions lombaire et sacro-iliaque

sont douloureuses.

Parfois, on observe de véritables déformations sur le sujet debout : lordose à type rachi-algique, scoliose à type sciatique.

4° Indications de l'opération d’Ober.

L'importance de la constatation de ces signes est considérable. L'opération d’Ober, que nous allons décrire, donne en effet d’excellents résultats, mais à la condition d’être pratiquée à bon escient, par conséquent dans des cas très limités.

— Il faut qu'il s'agisse d’algies sciatiques ou lombaires pures, sans irradiation autre que le long du nerf, sans troubles des réflexes.

— Il faut qu’il s’agisse d’algies rebelles, par consé quent déjà anciennes et sur lesquelles les traitements

habituels sont sans effet.

FAR: qu

—— Il faut que soit retrouvée cette sensation de ten-

sion douloureuse de la partie supéro-externe du deltoïde fessier.

Ces trois conditions étant réalisées, on peut prati-

quer l'intervention.

5° L'opération d’'Ober.

C’est une aponévrectomie consistant à relâcher la tension musculaire du grand fessier en incisant et en réséquant une partie de la bandelette iléo-tibiale, puis en libérant les aponévroses des masses musculaires des grand et moyen fessiers, et surtout du tenseur du fascia lata.

Technique :

Position : placer le malade sur la table orthopédique pour bien dégager la région opératoire et profiter de la bascule latérale.

Incision : elle part de l’épine iliaque antérieure et supérieure, se dirige en bas et en arrière, jusqu’à deux travers de doigt, en arrière et au-dessus du grand trochanter.

Section : le fascia lata et la bandelette de Maissiat sont découverts. On incise largement de haut en bas la bandelette. Aussitôt la section faite, les surfaces de l’aponévrose et de la bandelette sectionnées s’écartent de quelques centimètres et les fibres du moyen fessier

font alors hernie par la brèche. On désinsère large-

ment l’aponévrose du moyen fessier à la sonde cannélée ou au ciseau fermé et on résèque une partie de la bandelette. Puis on dilacère en avant l’aponévrose du tenseur du fascia lata et on dégage en arrière les insertions aponévrotiques du grand fessier.

Des examens microscopiques de fragments aponévrotiques montrent souvent des signes d’inflammation chronique et d’épaisissement.

Résultats :

Les impotences s’amendent très rapidement après l'intervention.

La douleur du membre inférieur s’atténue et disparaît.

Les douleurs lombo-sacrées sont plus lentes à s’évanouir.

Les mouvements du rachis redeviennent normaux.

Il s’agit donc d’une opération simple et dont l’efficacité est apparue réelle à tous ceux qui l’ont pratiquée suivant les indications précises que nous avons

formulées,

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