‹ Interventions sur les aponévroses dans certaines algies sciatiques et lombalgies rebellesChapitre 9 sur 18 · Troubles vaso-moteurs · texte numérisé non relu

Troubles vaso-moteurs

Hypothermie locale, cyanose.

Tel est très schématiquement le tableau de ces algies. L'évolution est variable :

1° Dans quelques cas, parfois spontanément, parfois avec un traitement banal : repos, réduction locale, calmants, elle cesse au bout de quelques jours, de quelques semaines. Les douleurs s’apaisent, faisant place peu à peu à un simple engourdissement, une sensation de pesanteur dans le membre. Ce n’est là en fait qu’une guérison apparente car :

2° Le plus souvent, la crise se reproduit ou persiste. La névralgie est sous la dépendance d’un facteur étiologique qu’il faut découvrir pour la supprimer. C’est ce problème étiologique qui rend précisément si difficile la thérapeutique, car, tant qu’il n’est

pas résolu, tout essai de traitement reste vain.

Quelles sont donc les étiologies qui peuvent être en cause? Autrefois, on parlait de sciatique essentielle, terme trop facile pour cacher notre ignorance. Actuel-

lement, on sépare deux ordres de faits :

1° les sciatiques symptomatiques; 2° les sciatiques rhumatismales.

1° Les sciatiques symptomatiques.

Elles sont fréquentes. Il faut systématiquement considérer une sciatique comme pouvant n'être qu'un symptôme d’une autre affection. Et ce, à plus forte raison, dans certaines circonstances que nous allons

énumérer :

a) Toute sciatique accompagnée d’une algie persistante, abdominale, inguinale, ou s’irradiant vers les

organes génitaux;

b) Toute sciatique se compliquant de troubles sphinctériens, de troubles vaso-moteurs, paralysie motrice, de modification des réactions électriques à type

de « réaction de dégénérescence »; c) Toute sciatique évoluant avant 24 ans;

d) Toute sciatique s’accompagnant de modifications

du liquide céphalo-rachidien.

Dans tous ces cas, on n’a pas le droit de parler de sciatique rhumatismale. Il faut s’attarder à rechercher

la cause vraie. On envisagera donc la possibilité de :

ts >

— compressions pelviennes : vessie, rectum, prostate, utérus, ovaires;

— compressions médullaires : mal de Pott en évolution, tumeur intra-rachidienne, ou méningite syphilitique, tabès (examen du liquide céphalo-rachidien).

Enfin, on pensera aux intoxications et aux suites d'infections aiguës, telles que typhoïde, grippe, infection puerpérale, goutte. Signalons aussi dans ce cadre une étiologie importante et particulière : le diabète. 2° Les sciatiques rhumatismales.

Il peut s’agir :

a) De sciatique haute : funiculite, avec attitudes antalgiques : scoliose croisée permettant au malade d’éviter la compression vertébrale et diminuant ainsi les effets douloureux de la cause irritatrice. Ascension talonnière du côté malade;

b) Sciatique moyenne ou plexulaire due à l’irritation du plexus lombo-sacré, provoquée par une arthrite sacro-iliaque;

c) Sciatique basse, tronculaire, la plus rare.

Une radiographie fera connaître la lombarthrie d’origine rhumatismale.

On doit donc considérer la sciatique « comme un syndrome algique localisé à la face postérieure du membre inférieur, et par suite au territoire anatomique

du nerf, mais pouvant déborder ce domaine — comme

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