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VIII. — Les accidents psychopathiques ne présentent pas de

caractères autonomes : la psychose véronalique décrite par Hans Laehr est calquée sur la psychose alcoolique. Quant à l'ivresse

barbiturique, elle simule celle que l’on observe dans le chlora- d L Jisme et l'alcoolisme. ri.

FIX. se Les exanthèmes observés dans le barbiturisme subaigu

sont d’un polymorphisme extrême et ne peuvent pas orienter le diagnostic. Ils ressemblent à toutes les toxidermies. Cepen- * dant, ils sont toujours prurigineux,

X. — Le diagnostic clinique de cette intoxication aiguë est - parfois fort malaisé. Il se ramène toujours au diagnostic diflé- ’rentiel des comas d'origine externe. Parmi les comas dus à lingestion excessive d’hypnagogues, la distinction peut être

- faite, entre le sulfonalisme et le barbiturisme, sur la constatation des altérations sanguines et de l’hématoporphyrinurie, si

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fréquentes dans les accidents provoqués par les hypnotiques … de la série cétonique.

XI. — La caractérisation chimique et micro-chimique, des points de vue pharmaceutique et toxicologique, est toujours possible par l'analyse des urines, du sang et du liquide céphalorachidien. En l’absence de lésions spécifiques, le diagnostic post-mortem ne peut être fait que par l’analÿse toxicologique des viscères. :

XII. — Le pronostic de l'intoxication aiguë par les dérivés de la malonylurée ne repose pas sur la quantité de toxique ingéré, ni même sur la persistance du coma ? Les facteurs de gravité sont la constatation du carus, comportant la paralysie des muscles respiratoires et fréquemment le rythme de Cheyne- Stokes ; l'apparition des complications pulmonaires et cardiovasculaires ; la survenue de l’hématoporphyrinurie ou de la néphrite hémorragique aiguë.

XIII. — L'analyse neuro-psychiatrique des sujets qui ont tenté de s'empoisonner par le véronal, révèle tdujours une Constitution nettement psychopathique. Il est possible de les distinguer en psychopathes anxieux qui, en état de suicide aigu absorbent, impulsivement, une grande quantité d'hypnotique ; et en délirants chroniques, atteints véritablement de suicide chronique, qui préparent méthodiquement et obstinément le plan détaillé de leur empoisonnement. |

Quelques hystériques, impuissants à simuler un état léthargique, s'adressent à ces hypnagogues afin d'attirer l'attention de leur entourage et des médecins. Enfin, lestoxicomanes absorbent volontiers des doses toxiques d'hypna gogues sans que l’on puisse pour cela décrire une toxicomanie au véronal.

XIV. — Parmi les indications thérapeutiques, nous insistons spécialement sur le rôle curateur joué par la saignée abondante. Nos trois dernières observations personnelles démontrent l’efficacité de cette intervention.

La prophylaxie du barbiturisme repose sur les principes |

! énoncés par : von Noordmann et par Chabal applicables à tous bi les sujets en état de suicide aigu. Mais elle n’atteint pas les”

malades en état de suicide chronique.

XV. — L’azotémie transitoire que nous avons relevée au cours de l’intoxication aiguë par le .véronal, est un argument qui plaide en faveur de la pathogénie que nous avons esquissée, à savoir que les hypnotiques réalisent, même à dose thérapeutique, un léger coma à la fois urémique et alcoolique. Les points de ressemblance avec l’encéphalite épidémique,

. permettront peut-être de découvrir, dans le processus d’action des barbituriques, une interprétation pathogénique de l’encé-

phalo-névraxite.

XVI. — Une dernière conclusion se dégage de ce travail : elle est d'ordre médico-légal et social :

Par sa fréquence rapidement croissante et par sa gravité réelle, l'intoxication aiguë volontaire par le véronal ou les

autres dérivés de la malonylurée, constitue un danger inquié-

tant pour notre pays. En conséquence, des mesures urgentes

s'imposent tendant à réglementer la vente de ces produits. L’expérience des nations voisines justifie le bien-fondé de telles mesures. 1l est opportun de classer tous les hypnagogues barbituriques dans l’un des tableaux de substances vénéneuses, prévus par le décret des 19 et 20 septembre 1916.

Vu, le Président de la thèse DESGREZ

Vu : le Doyen

ROGER Vu et permis d'imprimer, Le Reeteur de l’Académie de Paris

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