‹ Intoxication arsenicale par le vinChapitre 10 sur 39 · EME · texte numérisé non relu

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néraux, et notämment les maux de tête, vertiges, sommeil agité et fatigue, ne semblent pas jouer un rôle aussi important que dans les intoxications par le vert de Schweinfurt, à moins que des diarrhées et des vomissements graves n'’affaiblissent trop le malade (5).

Telles sont les différentes formes d'intoxication arsenicale décrites jusqu’à nos jours. Voyons maintenant quelles sont les diverses utilisations de l’arsenic en agriculture, et particulièrement en viticulture.

Emploi larvicide des arsenicaux en agriculture.

L'emploi de composés arsenicaux en pulvérisations et en badigeonnages a été préconisé dans le traitement d'un grand nombre de cultures et d’arbres fruitiers : pour les pommiers, poiriers, pruniers, pêchers, cerisiers, abricotiers, amandiers, oliviers, osiers, arbres et arbustes de pépinières, tabac, betteraves, pommes de terre, etc., afin d’éloigner les chenilles: qui s’attaquent aux fruits et au feuillage et d'assurer la destruction des pucerons.

Mais c’est la viticulture surtout qui absorbe la plus grande part des arsenicaux à destination agricole, et les opérations tendant à lutter contre les insectes de la vigne semblent se réduire de plus en plus à Femploi de ces sels.

Pour les traitements de printemps, la loi oblige à utiliser seuls les arsenicaux insolubles, c’est-à-dire arséniate de chaux, de plomb ou arséniate de cuivre. Un certain temps, on s’en est tenu à l’emploi de l’arséniate de chaux, dont le prix de revient est relativement peu élevé. Malheureusement, le pouvoir insecticide est variable suivant l’origine. Il ne peut pas d’ailleurs être déterminé d’après la seule composition chimique. Dans la pratique, les résultats ont été tellement dépendant de circonstances difficiles à fixer qu'on a fini par abandonner un peu partout les arséniates de chaux.

(8) Id.

L'arséniate de plomb a hérité de la faveur du public intéressé, et il s'emploie en grandes quantités. C’est particulièrement à l’arséniate diplombique qu’on a recours; il est d’emploi plus commode parce que plus léger que l’arséniate triplombique. D'ailleurs, son efficacité est, en général, supérieure, et son innocuité pour le feuillage est remarquable.

Il faut citer aussi l’arséniate de cuivre et surtout l’acétoarsénite de cuivre, Celui qu'on appelle dans le commerce le vert de Paris ®), C’est le plus toxique de ces sels arsénicaux, et il a été très largement employé en Amérique.

Depuis quelque temps, à la suite d'expériences heureuses, l'usage se répand d'employer des combinaisons d’acétoarsénite de Cuivre et d’arséniate diplombique. On réunit de cette manière les deux principales qualités recherchées dans les produits insecticides, forte toxicité et innocuité pour le feuillage. Le vert de Paris et l’arséniate diplombique se trouvent facilement dans le commerce, les agriculteurs pouvant préparer eux-mêmes le mélange. D'ailleurs, l’industrie produit cette combinaison des deux composés arsenicaux sous le nom de triarsène. Le triarsène peut s’ajouter à la bouillie bordelaise après délayage avec un peu d’eau à la dose de 250 à 300 grammes par hectolitre. Il peut s’employer seul à la même dose et est utilisé non seulement contre la cochylis et l’eudémis, mais aussi contre l’altise, la chenille bourrue, la pyrale, etc. :

La période d'emploi de ces arséniates ne dépasse pas, d’après les règlements,.le début de la véraison. D'ailleurs, les traitements aux insecticides arsenicaux sont surtout efficaces au printemps. C'est ainsi que contre la cochylis et l’eudémis, il faut surtout viser la première génération. On sait, en effet, qu'une eudémis de printemps peut donner naissance, en trois générations, à plusieurs milliers d'individus. D'ailleurs, à la deuxième génération déjà, la chenille, dès

(9) Le vert de Paris renferme théoriquement 58,55 p. 100 d’anhydride arsénicux, 31,39 p. 100 d’oxyde de cuivre, ef 11,84 p. 100 d'acide acétique.

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qu’elle apparaît, a tendance à pénétrer dans le grain de raisin qui est alors formé, et, dans ces conditions, elle est plus difficilement vulnérable. En cas d'invasion forte, on cherche surtout à augmenter la quantité de bouillie répandue, et il est nécessaire que le poison pénètre à l’intérieur des grappes. J1 faut donc que celles-ci soient bien imprégnées de bouillie.

Il existe une législation (que nous étudierons et discuterons en détail plus loin) qui a pour but d'éviter les accidents que pourraient causer des produits aussi toxiques, mais elle n’a pas empêché l’apparition de ces accidents.

‘Passons aux connaissances que l’on a obtenues dans l'étude de ces divers cas.

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