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Albumine et glucose normaux. 3 l
Examen des urines : claires. Exeès d'urobiline.
Dans les premiers jours, le diagnostic de béribéri à forme polynévrite avait été porté. Fe - En réalité, il semble bien que le diagnostic soit assez difficile à la période tardive où nous avons vu ce malade. Qu'il s'agisse d’une intoxication arsenicale ‘du type polynévritique, l'atteinte de la totalité de l’équipage, l’évolution favorable spontanée, plaident en faveur de ce diagnostic. L’indiscutable syphilis du malade ne nous paraît pas susceptible d’expliquer ces accidents.
OBSERVATION Il.
M. D.., 32 ans, embarqué au mois de janvier sur le Kerguélen, où il exerce la pénible fonction de graisseur.
Navigue depuis douze ans. N'a jamais été malade, à part une crise fruste de paludisme lors de son service militaire en Palestine,
Vingt-cinq jours après son embarquement, les premiers troubles’ apparaissent. Les pieds sont le siège de picotements continuels de plus en plus intenses, qui, deux jours après, se transforment en sensation de froid et de broiement.
Puis, peu à peu, ses pieds enflent et, au bout de huit jours, des phlyctènes font leur apparition : elles se vident, puis reviennent.
Les extrémités des membres inférieurs deviennent violacées. Il y a de la kératose plantaire.
Au niveau de ces lésions, le malade ressent de vives douleurs, avec hyperesthésie superficielle. Il ne supportait pas le poids des couvertures et, cependant, percevait très mal le contact du sol, ne reconnaissait pas la nature des objets sur lesquels il posait ses pieds. 5
Les muscles du groupe antéro-externe des jambes sont paralysés; il y a du steppage.
Le malade se plaignait également de fourmillements dans les
mains, de cryesthésie, mais ici pas de sensation de broiement, pas de formation de phlyctènes. Toutefois, la paralysie des extenseurs et des fléchisseurs des doigts s’installe, de petits points blancs apparaissent et disparaissent alternativement sur la peau des mains, tandis que la verge, le pourtour de l'anus et les replis cutanés des cuisses présentent de petites papules brunâtres.
A ce moment seulement, les vomissements surviennent. Chaque fois qu'il boit — et son séjour à la soute l’oblige à de fréquentes libations — il vomit.
Un mois après le début de la maladie, les yeux deviennent larmoyants.
Le médecin du bord le soigne pour dermite exfoliatrice des pieds et des mains et lui fait faire des applications de tale. :
L'analyse des urines n’a pas été pratiquée.
Pas de maux de tête, de stomatite, d’angine, de coryza, de toux. Le sommeil est parfois agité. Dès le début du voyage, le marin se sentait fatigué et croyait «se remonter » en buvant jusqu’à 2 1. 1/2 de vin par jour. Il en a bu pendant cinquante-trois jours.
D'autres hommes de l'équipage présentèrent également des troubles, mais moins accentués; il faut remarquer que ces matelots avaient un emploi moins pénible et recevaient une quantité de vin moindre que celle de leur camarade.
Huit jours seulement avant le retour du bateau à Bordeaux, un radio avisa l’équipage de ne plus boire de ce vin.
Arrivé à Bordeaux, le malade fut hospitalisé à la Clinique maritime et coloniale et confié aux soins du Docteur Bosredon, qui lui fit faire par M. le Docteur Mathey-Cornat deux traitements électriques, le premier au courant continu (30 séances), le second au courant alternatif (14 séances).
L'électro-diagnostic avait montré pour les membres inférieurs une hypoexcitabilité faradique globale très marquée et une hypoexcitabilité galvanique nette; pour les membres supérieurs, une hypoexcitabilité faradique et galvanique .moins marquée qu'aux membres inférieurs.
Ces deux traitements améliorèrent sensiblement les troubles nerveux du malade, mais, l’état général devenant déficient et une