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et concluait : « les minéraux et métailoïdes n'étant pas à l’état normal dans le vin, il y a lieu de tenir le vin comme tout à fait
suspect... »
Observation d'intoxication probable par l’arsenic. (Hôpital Saint-André, Bordeaux.)
M: Le Q.., 49 ans, marin du Dahomey, entré le 22 mars 1931.
Le malade entre à l'hôpital envoyé par la Clinique maritime et coloniale.
Vers le 15 février 1932, à Dakar, il a ressenti des fourmillements, des picotements, d’abord à la plante des pieds, puis en 3 ou 4 jours ces sensations remontèrent jusqu'aux cous-de-pied, avec exacerbation à la marche et empêchant le sommeil la nuit (à la façon de véritable brûlure).
Mêmes phénomènes aux mains : paumes et doigts, amenant une grande maladresse des mains et une incapacité de travail délicat.
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Vers le 20 février, apparition d’éruptions sur les avant-bras, puis aux fesses, cuisses et dans le dos.
Les troubles digestifs apparurent un peu plus tard : nausées et vomissements alimentaires après le repas du soir, diarrhée pendant trois à quatre jours, phénomènes qui disparurent quand le malade ne prit plus de vin.
En même temps il constata un refroidissement des extrémités et .,
.un tremblement intentionnel des membres supérieurs. Il se plaignait enfin de ne pouvoir marcher que difficilement, avec claudication intermittente.
Tous ces troubles sont apparus entre le 15 et le 25 février 1932.
Antécédents personnels et héréditaires. — Rien,à signaler.
Quatre enfants bien portants. Pas de fausse couche.
Le malade met tous ces accidents sur le compte de l’absorption d'un vin frelaté et dans lequel l’analyse aurait révélé la présence d’arsenie, de plomb et de zinc.
A l'examen : Légère diminution de la sensibilité superficielle aux membres supérieurs et inférieurs. :
Réflexes achilléens : Diminués à droite; semblent abolis à gauche.
Réflexes rotuliens : À gauche un peu faibles.
Réflexes pupillaires normaux à la lumière et à l’accommodation.
Bradycardie variant entre 38 et 52 pulsations à la minute.
Bruits du cœur normaux, mais sourds.
Tension artérielle : Mx, 12; Mn, 5; lo, 3 1/2.
Légère excitabilité galvanique et faradique au membre supérieur gauche.
Le 7 avril 1932 : Le malade raconte que souvent ses doigts deviennent bleus et froids, et cela depuis quelque temps seulement.
Il semble avoir présenté quelques phénomènes de claudication intermittent. Les doigts restent bleus pendant une demi-heure. Ils ne deviennent jamais pâles.
Formule leucocytaire :
Polynucléaire, 63 p. 100; Mononucléaire, 25 p. 100; Lymphocytes, 9 p. 100; Eosinophiles, 2 p. 100; Mastzellen, 4 p. 100.
B.-W. négative.
Le 26 avril 1932 : Examen oculaire normal.
Urines normales.
Le malade sort de l'hôpital ie 31 mai 1932, à peu près rétabli.
Observation sur plusieurs cas d'intoxication observés dans le Gers.
Au sujet des cas d'intoxication du Gers, voici ce que nous écrit M. le Docteur P. Léger, de la Charente-Inférieure (6).
« Plusieurs familles ayant été intoxiquées, une enquête a été ouverte à A... dans le Gers. On a constaté que le vin de la récolte de 1931 avait été rendu toxique par l’infiltration dans un pressoir d’une vingtaine de litres d’un produit à base d’arsenic employé contre les insectes de la vigne. À l’heure actuelle, on compte une victime, Mme L.…., 58 ans, dont les viscères vont être soumis à
une analyse » (17),
Mme Page Grellier, pharmacienne à N... (Gers), a bien voulu nous donner les détails suivants (8) :
« En juillet dernier, une jeune femme étrangère au pays, intriguée de la maladie de ses parents habitant à A.., vint me demander d'analyser leur vin de consommation. Tout l'hiver dernier, ses parents auraient souffert de catarrhes et de bronchites, et depuis leur état n'aurait subi aucune amélioration. A sa dernière visite, elle les aurait trouvé fatigués, les yeux larmoyants, la peau noire et dure. »
Le vin blanc que cette jeune femme avait soupconné et avait absorbé « était fort bon, et on sentait qu'il donnait de la force, mais dès qu’on l’avait bu on le sentait couler dans les veines avec une force extraordinaire ». « Dans la nuit, j'ai eu des nausées, des vomissements. »
(16) Lettre du 46 novembre 1932.
(17) Les résultats de cette analyse sont mentionnés plus loin. (18) Lettre du 14 novembre 1932.
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Un échantillon de vin fut envoyé au Jaboratoir de toxicologie de la Faculté de Bordéaux aux fins d'analyse. Entre temps, la jeune femme, devant les troubles que présentaient son beau-frère et'sa sœur, s’alarma et fit revenir un docteur; ce dernier constata du larmoiement, une teinte anormale de la peau, de l’anesthésie, des nausées. En plus, le beau-frère souffrait de l'estomac et du foie. Le 17 août, les résultats de l’analyse du vin (Professeur Labat) décelèrent les faits suivants
« Après destruction de la matière organique par la méthode intro-sulfurique du Professeur Denigès, nous avons dosé l’arsenic par la méthode diaphanométrique de Bouganet, et nous avons trouvé que le vin renfermait de l’arsenic à la dose toxique de 8 centigrammes par litre. » D'ailleurs, deux autres analyses montrèrent : l’une 25 milligrammes; l’autre 22 milligrammes d'arsenic par litre d’un vin qui avait été pressé dans le même appareil que le premier.
D'autres familles de ce village, qui se servaient du même vin, présentèrent des troubles analogues à ceux décrits cidessus.
Dès que ce vin fut supprimé de leur consommation quotidienne, les gens malades virent peu à peu leurs troubles régresser.
« Au mois de septembre, une femme habitant A.., et ayant bu copieusement du vin blanc acheté clandestinement au même métayer, mourut. Le docteur appelé ne voulut pas donner le permis d'inhumer, et un médecin légiste pratiqua l’autopsie et recueillit
les viscères. »
L'analyse de ces viscères, faite par les soins de M. le Professeur Labat, a montré
Dans le foie, 6/10 de milligrammes d’arsenic par kilo.
Dans le rein, estomac, intestin : des traces d’arsenic.
Dans les cheveux : doses d’arsenic plus fortes.
« Il faut remarquer, nous dit M. le Professeur Labat, que cette femme est morte trois semaines à un mois après la ces-
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sation du vin arseniqué, et l’arsenic a eu le temps de s’éliminer. Cette analyse ne peut donc être une preuve en faveur
d'un empoisonnement. »
Observations communiquées par le Docteur GC. Jany.