EST
Action sur l'organisme.
Pris à dose non toxique, l’arsenic augmente la sécrétion rénale et l'élimination se fait rapidement par l’urine, où il est facile de déceler la présence du métalloïde. Les phénomènes observés sont alors le relèvement de l'appétit, la tendance à l’engraissement, l’accélération du cœur, la diminution de l'excrétion de l’urée, l’accroissement et l’éburnation plus rapide des os, une activité plus grande de la circulation cutanée, enfin la diminution du besoin de respirer (3).
La dose toxique est variable suivant les sujets et peut être évaluée pour l'acide arsénieux de 3 à 15 centigrammes (Manquat), prise en une seule fois. Mais en graduant d’une main prudente la dose, on peut accoutumer l’organisme à en tolérer de grandes quantités pendant très longtemps. Les habitants du Tyrol et de la Styrie passent pour en ingérer de notables doses impunément dans le but de faciliter l’ascension de leurs montagnes (l’arsenic provoquant une diminution du besoin de respirer). Longtemps acceptée, cette légende a été discutée; puis les faits ont été reconnus exacts, des « arsenicophages » ayant publiquement avalé plus de 30 centigrammes d'acide arsénieux (#).
11 faut aussi remarquer que la suspension de l'usage de l’arsenic, soit volontaire, soit forcée, est toujours suivie de phénomènes morbides, et poùür les supprimer le seul moyen efficace est le retour immédiat à l’emploi de l'agent causal.
La symptomatologie de l’arsenicisme, qu'il nous à paru bon de rappeler ici — afin de trouver un terrain plus solide pour résoudre le problème des cas d'intoxication par le vin — revêt deux formes :
une forme aiguë; une forme chronique.
(3) Précis de thérapeutique Carles-Arnozan.
(4) Précis de thérapeutique Carles-Arnozan.
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L'arsenicisme aigu n’exige que quelques mots. Les phénomènes morbides apparaissent dans les cas où une forte dose d’arsenic a pénétré par le canal digestif par suite de méprise, de tentative de suicide ou d'acte criminel. Selon l’opinion généralement admise, on distingue la forme paralytique, où les troubles psychiques et l’alfaiblissement du pouls précèdent de peu la mort, et la forme gastro-intestinale, plus souvent observée, où les phénomènes d'irritation du tube digestif jouent d'ordinaire un rôle prédominant.
Beaucoup plus importants pour les questions : qui nous préoccupent sont les arsenicismes chroniques. Nous en trouvons de nombreux exemples, notamment dans les cas d’origine professionnelle, c’est-à-dire chez les personnes qui travaillent des produits arsenicaux, surtout le vert de Schweinfurt (soit dans sa fabrication, soit dans ses emplois techniques), et dans les cas d’arsenicisme provenant d'une plus ou moins longue absorption d’arsenic par voie digestive.
L'étude des observations (5), de celles, principalement, relevées chez des ouvriers travaillant le vert de Schweinfurt,. fait apparaître la grande régularité des accidents. Les symptômes cutanés forment la note essentielle chez presque tous ces malades. L’éruption semble commencer sous forme de papules pour devenir formée de vésicules, quelquefois s’ulcérer et se compliquer d'accidents de gangrène. Elle est localisée aux parties de la peau accessibles au poison : mains et visages. Le pénis et le scrotum sont souvent atteints, et cela tient sans doute au contact fréquent de ces organes avec les mains (mictions...).
Les symptômes généraux consistent en maux de tête, fatigue, diarrhée et troubles dyspeptiques.
Les accidents qui peuvent se manifester après une plus ou moins longue absorption d’arsenic par voie digestive, sont,
(5) Chevalier en 1847 (Paris), Follin en 1857 (Paris), Hassal en 1860, Hillier (cité par Draper) de Londres, en 1860, Roussin, en 1864, Ferrand (Angleterre) en 1872, Toplitz (de New-York), Forster, cité par Meneau; Taylor (Cornouailles et Pays de Galles).