‹ Intoxication Du Mouton Par Les Feuilles De BetteravesChapitre 4 sur 14 · PE · texte numérisé non relu

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Ce sont les deux points principaux, mais il y a quelques modalités que nous allons essayer de montrer.

Quelquefois, les moutons ne sont pas mis aussitôt après la récolte dans les fanes, à ce moment, les feuilles sont flé-

tries, séchées, mais l’accident se produit tout aussi bien.

La classification : betterave fourragère, demi-sucrière ou sucrière a une grosse importance, c’est presque exclusivement avec les fanes de betteraves sucrières que l’on voit

des accidents.

Enfin, il y a une influence remarquable : celle de la « force » de la végétation de l’année. Les accidents se produisent avec d’autant plus de facilité et d'intensité que la récolte est forte et que les betteraves accusent à la distillerie une densité élevée en alcool. C’est dans les années sèches que l’on voit des troubles alors qu’en années humides aucun

accident n'est signalé.

En résumé :

[° Premiers repas.

2° Repas excessivement abondants.

I est un fait qu'il convient de signaler : l’accoutumance du mouton aux fanes. Si l’on a soin, et c’est bien connu des éleveurs, de faire prendre des quantités croissantes en partant de très peu, les accidents n'apparaissent jamais. Au bout d'une semaine environ, les moutons peuvent paitre aussi longtemps que l’on voudra dans les fanes, sans l'ombre

d'un danger.

SYMPTOMATOLOGIE

Cominé datis toute intoxication, il s'écoule un certain temps entre l'absorption du toxique et les phénomènes pathologiques. Ici, nous avons deux stades dans lévolution de l’intoxication : une première se produisant à la 12°-20° heure très souvent inaperçue : une indigestion ; enfin de la 24° à la 36° heure, les phénomènes toxiques eux-mêmes,

L’allure du troupeau lui-même donne des signes intéressants pour la symptomatologie, C’est au moment du départ de midi, seulement, que le berger remarque que ses moutons ne sont pas normaux. En effet, le matin les moutons restent au parc : les champs sont trop mouillés par la rosée. Au bout de quelques centaines de mètres les animaux, d'ordinaire groupés, s’échelonnent de la tête du troupeau jusqu'au parc. Les uns, indemnes, suivent comme de coutume, d’autres suivent très difficilement, les derniers enfin sont restés au pare, incapables de faire un seul pas.

Quand on examine les malades, on est frappé par deux symptômes assez nets : un symptôme digestif et un symp- {ôme moteur,

Le mouton est légèrement gonflé, il ne mange plus, ne boil presque plus, il est abattu, il est atteint d’indigestion.

Le phénomène moteur est curieux, il correspondrait par son allure à la fourbure du cheval. Le mouton, raide de l'arrière-main, marche en talons, très franchement ; l’appui des postérieurs débute par le talon.

Enfin le mouton est très essoufflé, ceci est dû à l’intoxication urémique plutôt qu'à un phénomène de surcharge, semble-t-il. Sans doute y a-t:il alliance des deux processus pour créer cet essoufflement.

L'intoxication affecte deux formes : une forme aiguë et une forme suraiguë.

La forme suraiguë présente l'allure suivante : 24 heures après le repas, le mouton reste couché, insensible à tout ; chien, berger, rien ne le fait bouger de place ; il est très essoufflé, il ne se relève pas et meurt dans le coma urémique.

La forme aiguë montre les mêmes symptômes mais beaucoup moins accentués. La Jocomotion est encore possible, l'animal marche en talon. L’essoufflement est moins grand. Peu à peu les forces déclinent, le mouton se couche et meurt dans le coma. D’autres fois au contraire, le mouton se remet peu à peu à manger, la locomotion redevient normale. Le retour à la normale s’accomplit progressivement.

L'affection est apyrétique.

L'évolution de la maladie est pour la forme suraiguë de quelques heures, pour la forme aiguë de 1 à 3 jours et le retour à la normale s'effectue en général en 4 à 6 jours.

Suites de l’Intoxication

La mort survient dans 1 à 3 % des cas. La guérison semble cependant devoir être la terminaison normale de l'in-

toxication.

Seuls, probablement, les animaux prédisposés, doivent être victimes. Il semble qu'il faille peut-être tenir compte de ce que les brebis atteintes sont à cette époque gravides, et qu’elles sont peut-être en état de moindre résistance, ceci

pour un certain nombre d’entre elles en tout cas.

Dans un certain nombre de cas on peut voir des avortements. Ceux-ci sont d’ailleurs peu nombreux en général. Ils sont surtout vus en grand nombre sur les troupeaux

négligés après l'intoxication (O. 11).

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