‹ Intoxication par le plomb métalliqueChapitre 36 sur 47 · TOP RE · texte numérisé non relu

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facteurs de la division de la matière et des doses journalières plus ou moins fortes.

Ainsi en grains de plomb de chasse n° 12 de 60 au oramme, il a fallu 3 grammes de plomb par kilogramme d'animal pour amener la mort (tableau C) ; tandis qu’il a suffi de 69 centigramme de même plomb, mais à l’état de limaille n° 8 et 4 (625.000 et 5.000.000 de grains au . gramme), pour produire le même effet.

Il en est de même en comparant les effets de la limaille n° 3 à 625.000 grains au gramme et le plomb frotté sur papier dont la surface d’attaque est d'environ 100 fois plus grande que celle de la limaïlle n°3 ; avec cette dernière il a fallu 87 centigrammes de plomb (tableau D) pour tuer un cobaye, tandis quil a suffi de 13 centigrammes de plomb frotté sur papier pour obtenir le même résultat.

Dès les débuts de nos expériences nous avions constaté que la toxicité plus ou moins forte du plomb impur était en rapport avec le degré de division ou de finesse des grains de ce métal ; nous remarquions par exemple qu'à dosage total égal, le plomb de chasse n° 12 était beaucoup moins toxique que la limaille fine, sans cependant relever une différence sensible de toxicité entre les limailles n° 8 et n° 4.

Mais bientôt nous nous apercevions que la quantité de plomb du dosage journalier avait une influence prépondérante, c'est pourquoi malgré quelques divergences, nous avons classé nos expériences par catégories de dosage et non de finesse de division de la matière, et qu’on voit figurer dans le même tableau des dosages faits avec des hmailles de grosseurs différentes,

Mode

Les expériences que nous avons faites sur les cobayes | avec de l’azotate de plomb, (voir tableau G), semblent confirmer encore le choix de notre classement suivant le dosage plutôt que d'après l’état de division du plomb. En effet d’après le tableau G, nous voyons que la mort de trois Cobayes a été déterminée avec une dose totale d’azotate de plomb représentant 25 centigrammes de plomb métallique par kilogramme d'animal, à la dose journalière d'environ 1 centigramme de plomb par jour; or, ici, la division du plomb qui est en solution est évidemment supérieure à celle du papier frotté de plomb. Et cependant il n’a fallu que 18 centigrammes de ce plomb frotté sur papier pour faire mourir les cobayes à la dose de 1 à 2 millisrammes par Jour.

C’est donc à l’infime quantité de la dose journalière qu on doit attribuer ce résultat inexpliquable autrement, car il est inadmissible que l’azotate de plomb, soit moins toxique que le plomb seul à quantité égale de métal.

Nous ferons remarquer de plus que ces résultats relatifs à l'influence du dosage sur la toxicité du plomb métallique impur, concordent avec les remarques de certains auteurs qui ont traité de l’empoisonnement par les se/s «le plomb à savoir : que l’empoisonnement chronique par les sels de plomb peut être réalisé par de très faibles doses, quotidiennement renouvelées dont le total n'atteint pas la quantité nécessaire pour occasionner un empoisonnement.

Quant aux effets physiologiques de lempoisonnement, nous nous sommes bornés pour les cobayes à constater les principaux effets extérieurs qui se sont du reste manifes-

tés d'une facon assez constante chez la plupart de ces ani-

maux savoir : anorexie avec perte de poids, d’abord faible dans la première période d'intoxication, puis qui va en s’accélérant à partir du moment où le cobaye commence à perdre l'appétit jusqu’à la mort où il a quelquefois perdu jusqu'au quart de son poids. Dans la seconde période d'intoxication qui arrive en général dans le troisième tiers de la durée totale de l’expérience, l'animal devient triste, il est abattu et se blottit dans un coin de sa cage le poil hérissé; de temps en temps,il pousse de petits cris plaintifs, paraissant inquiet et souffrant, la respiration semble gênée, les narines se dilatent, enfin, il tombe sur le flanc en agitant par moment les pattes de devant comme s'il voulait courir. Quelquefois surviennent des spasmes tétaniques ; l'animal se raidit brusquement les membres postérieurs étendus, rigides et immobiles dans l'extension, la têtese renverse en arrière, le cou en hyperextension (opisthotonos); puis une détente se produit suivie de nouveaux accès convulsifs qui se terminent par la mort. De plus. un ou deux jours avant la mort, quelquefois trois, survient l’anurie, et l’urine prise dans la vessie après la mort contient de l’albumine. Enfin, vers la fin de cette dernière période, les lèvres du cobaye, de roses qu'elles étaient dans leurs parties externes, s’estompent d'une teinte gris-ardoise, tandis que les gencives restent roses.

Nous avons réservé pour nos expériences sur les chiens l'examen des effets physiologiques beaucoup plus intéres-

sants chez ces animaux que sur les cobavyes.

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