INTRODUCTION
Depuis longtemps on connaît les effets toxiques des sels de plomb. Les conditions et les symptômes de l’intoxication chronique ont été particulièrement étudiés et sont connus jusque dans leurs plus infimes détails.
Les symptômes et les lésions de l’intoxication aiguë sont cependant restés un peu plus obscurs sur certains points en raison de la rareté des empoisonnements et du petit nombre des autopsies. D'ailleurs Orfila est à peu près le seul qui les ait étudiés sur des chiens ; les différents auteurs que nous avons eu à consulter ne font que le GILET:
Nous n’aurons donc pas à revenir sur des faits déjà bien établis ; mais l'étude de l'intoxication par le plomb métallique nous procurera l’occasion d'approfondir en passant quelques questions et de faire connaitre certains phénomènes jusqu'alors peu connus.
Sous le titre d'intoxication par le plomb métallique, nous ne pensons pas non plus ajouter quelques pages à de nombreux et volumineux traités detoxicologieetd’hygiène
P. Ferry. 1
qui s'étendent Jonguementsur les dangers que présentent les eaux ayant eu un contact plus ou moins prolongé avec le plomb métallique.
Le sujet que nous allons entreprendre est le suivant : Le plomb ingéré à l'état de métal est-il vénéneux ? Pent-il occasionner la mort? Comment expliquer son absorption ?
La première idée de ce travail revient à notre éminent maitre, M. le professeur Cazeneuve.
En mars 1899 venait mourir, à l’hospice de la Charité, dans la clinique gynécologique de M. le professeur Laroyenne, une femme qui avait absorbé du plomb sous forme de plomb de chasse. La mort est survenue avec tous les symptômes de l’intoxication saturnine confirmée par j’autopsie.
M. ie D'Cazeneuve fut chargé de l’analyse des viscères et, l'an dernier, quand nous avons eu l’honneur d’entrer dans son laboratoire pour y préparer notre thèse, il a bien voulu nous confier l'étude de cet empoisonnement.
Notre premier soin fut évidemment de rechercher dans les traités de toxicologie ce que pensaient les anteurs sur ce point.
Ainsi que nous allons le voir, les uns nient ses effets toxiques, les autres n’en parlent pas.
Dans Orfila, page 822, volume I, nous trouvons : « Le plomb n’est pas vénéneux tant qu'il est en masse ou en poudre grossière. »
Dans le Journal de médecine de Leroux, t. XXII, p018%
« Le plomb métallique n’est pas toxique DHL un
chien en a pris impunément 120 grammes. »