‹ Intoxication Par Le Sulfure De CarboneChapitre 15 sur 25 · ET E · texte numérisé non relu

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La démarche est hésitante par le fait de la. rigidité musculaire. On ne constate pas de crampes,

La sensibilité cutanée est partout conservée, dans toutes ses modalités ; il en est de même de la sensibilité des muqueuses oculaire, palpébrale, nasale et buccale. |

Le réflexe plantaire est conservé, le patellaire est très augmenté ; les museles de la cuisse participent à cette contraction spasmodique qui est douloureuse. La force est conservée ; il n'y a point de fièvre ; l'appétit se maintiendrait si la mastication était possible.

Le traitement est ainsi institué : contre la stomatite, badigéonnages trois fois par jour avec eau oxygénée et gargarismes fréquents à l’eau boriquée. Contre la contracture et la rigidité musculaire, potion avec 4 grammes de chloral dans les vingt-quatre heures ; bains tous les deux jours.

Sous cette influence la malade peut entr'ouvrir les mâchoires, les mouvements du cou sont moins gênés ; la contracture des bras est beaucoup moindre ; celles des jambes s’est peu modifiée.

Le 22 novembre la stomatite est considérablement améliorée ; lamalade se lève et marche plus facilement. La contracture du muscle frontal n’a pas disparu et les sourcils sont relevés d’une manière anormale.

Les jours suivants les derniers symptômes s’atténuent ; la malade ouvre facilement la bouche, ne souffre plus en mâchant ses aliments ; il n'y à plus traces de contracture des muscles sourciliers ; elle quitte l'hôpital le 30 novembre.

Quoique cette contracture soit une manifestation fort rare de l’intoxication sulfo-carbonnée, quoiqu’elle soit assez fréquente dans le cours de l’hystérie, M. Rendu rejette touteintervention de cette névrose dans les accidents de contracture

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qu'a présentés cette jeune fille; à cause de la distribution particulière de cette contracture, et du défaut de stigmates hystériques concomitants. Il pense « que dans certaines circonstances les vapeurs de sulfure de carbone, en même temps qu’elles provoquent de la céphalée et des phénomènes congestifs cérébraux, peuvent donner lieu à de l’excitation musculaire et à de la contracture, qui paraît débuter par le bulbe et la moelle cervicale pour s’étendre secondairement, mais avec moins d'intensité, à tout l’axe cérébro-spinal. »

Uu cas, à peu près analogue se trouve dans la thèse de Noël Bonnet observation IV : Cependant, d’après la descrip-

tion de certains troubles, on peut supposer qu’il s’agit dans

cette observation de contractures dues à des lésions organiques.

X.. 26 ans, ouvrière en ballons, entre le 9 juillet 1883 à l'hôpital

Tenon.

Elle travaille onze heures par jour dans un atelier peu aéré et mal ventilé. Le 4 juillet, elle s'aperçut à son réveil qu’elle avait de la pejne à mouvoir ses membres du côté gauche ; elle ne put que difficilement se tenir debout quand elle voulut se lever. Elle ne pouvait également Soulever le membre supérieur gauche qu'avec difficulté, mais surtout les mouvements des doigts et de la main étaient difficiles. Depuis lors la malade éprouve dans ce côté des fourmillements ; de temps à autre le bras devient raide, les doigts se fixent dans la position anormale qu'ils ont prise ces temps derniers et il lui est difficile de les redresser, même avec l’aide de la main droite.

Etat actuel. La main gauche a l'apparence d’une griffe : les premières phalanges des doigts sont étendues, les deuxième et troisième fléchies à angle droit; les mouvements d'abduction et d’adduction des doigts sont

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entravés, même lorsqu'on les fait reposer sur un plan résistant. Le pouce est fléchi dans la paume de la main et ses mouvements d’adduction et d’abduction sont limités. Les fléchisseurs des doigts sont affaiblis et la main est dans l'extension ; les mouvements de pronation et de supination sont affaiblis ; le long et le court supinateur sont parésiés Au membre inférieur on constate une parésie du triceps et de l’extenseur des orteils ; la malade éprouve de la difficulté à soulever la jambe au dessus du lit. ,

Les muscles de la face sont absolument respectés ; la contractilitéfaradique des muscles parésiés est sensiblement affaiblie. La vue est bonne des deux côtés. Pas d'anesthésie de la cornée ni du pharynx.

Le 45 juillet une amélioration se fait sentir ; la malade est électrisée chaque jour.

L’intoxication par le sulfure de carbone peut produire des troubles nerveux généraux présentant de grandes analogies avec des maladies produites par des lésions bien différentes. Dans nombre d'observations anciennes on trouve fréquemment décrits l’incoordination des mouvements ; ce symptôme, uni quelquefois à d’autres propres au tabes, n’a rien de commun avec la maladie de Duchenne. Très souvent aussi cette ataxie dans la démarche, si bien observée, ne serait d'après M.-Charcot que du steppage (1). Gette démarche du steppeur semble exister chez ce malade de l’observation IIT de Marche (2): « le pied droit traine pendant la marche, les orteils de ce pied restent immobiles. » Tavera (3) dans son obser-

(1) CHarcor, leçon du 13 décembre 1889.

(2) Marc, thèse de Paris, 1876.

(8) Tavera, thèse de Paris, 1865.

vation I parle de « l’incoordination des mouvements tout à fait analogue à celle qu’on voit chez les ataxiques ; quand la malade fermait les yeux, la démarche devenait embarrassée, chancelante et la chute était imminente. » Huguin (1) cite dans l'observation Ile cas d’un garçon de quinze ans ouvrier en caoutchouc. « Quand il marche, il lance la jambe en avant comme un ataxique, puis la laisse reposer brusquement sur le talon, ensuite la pointe du pied frappe le sol. »

Cette démarche particulière observée dans la paraplégie alcoolique, saturnine dans la majorité des prétendues pseudotabes jusqu'ici observés n’est à proprement parler que du steppage et non de l’ataxie. « Cette démarche est dûe vraisemblablement à une paralysie musculaire portant principalement sur les extenseurs du pied, de telle sorte que l'avant-pied est tombant, et s'accompagne de modifications dans les réactions électriques des muscles paralysés qui sont le siège de la réaction de dégénérescence. »

Parmi les névrites qui se déclàrent au cours de l’intoxication sulfo carbonée il faut ranger le cas de pseudo-tabès observée par Berbès et que nous allons résumer (2).

Ouvrier de 25 ans en caoutchouc soufflé. Sespère et mère étaient rhumatisants; lui-même a eu des rhumatismes articulaires aigus, la variole et la fièvre typhoïde; il nie avoir eu la vérole.

(4) HuGuIx, fhèse de Paris, 1874.

(2) BERBÈs. — France médicale 1885.

. Dés les premiers jours de son entrée à l'usine, il eut des nausées, du dégout des aliments et une céphalalgie intense. Ses jambes fléchissent et la marche est incertaine ; il éprouve des sensations très pénibles de froid et de picotement sur la peau: le fruttement du pantalon lui produit l’effet d'une brûlure Apparaissent ensuite des douleurs fulgurantes et des douleurs fixes enserrantles chevilles : une paraplégie complète empêchant le mouvement des jambes. On constate en même temps une anesthésie plantaire avec sensations subjectives ; le rualade croyait marcher sur des boules roulant sous ses pieds ; il trébuchait et tombait souvent la nuit quand il marchait sans lumière.

I1 éprouvait des douleurs en ceinture; son pantalon lui semblait trop étroit d'en haut ; des fourmillements autour de la taille et la sensation d'un courant d’eau froide snr la peau. Les mouvements des bras étaient incoordonnés et rendaient difficile le port des aliments à la bouche. La parole étaitembarrassée. La sensibilité dans les deux derniers doigts dé chaque main remontant jusqu’au coude était très affaiblie. Pas de tremblement, mais tout travail minutieux était impossible. Les membres inférieurs incoordonnés et très affaiblis résistent aux mouvements provoqués. Démarche tabétique en pleine période d’incoordinalion; les réflexes rotuliens, crémastériens, abdominaux ont disparu ; soubresauts dans les jambes avec secousses douloureuses la nuit: sensibilité au chaud et au froid perdue; ceinture enserrant la taille comme dans un étau, traversée par des éclairs douloureux.

Au début de l'affection l'excitation génitale était accentuée; deux mois plus tard le malade n'avait plus d'excitation, plus de désirs.

Berbès voit dans ce cas des symptômes de tabès, modifiés par l’intoxication. Nous serions, plutôt.de l’avis de. M. Rendu et. nous rapporterions les phénomènes observés à une,

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