LAS TE
diant pas. Les mouvements de la jambe gauche sont totalement abolis, les orteils remuent très bien àla volonté de la malade.
Sensibilité, contact, température, douleur, conservées.
La malade n’a jamais eu d'attaques de nerfs, pas de boule hystérique, aucun point hystérogène. — On fait de fréquentes applications d’aimants on applique des vésicatoires sur la nuque et on fait des pointes de feu le long de la colonne vertébrale, On ne constate aucune amélioration et le 4 mars la malade ne pouvait soulever la jambe gauche au dessus du lit,
Gourdon.(1) cite un cas d’atrophie des éminences thénar et hypothénar avec contractilité conservée ; le malade ne pouvait ramener le pouce vers la paume de la main.
Delpech parle d’un malade dont les fléchisseurs du pouce étaient contracturés et les extenseurs paralysés avec un certain degré d’atrophie.
Certains troubles de la sensibilité, tels que des engourdisseinents, des picotements, des brûlures peuvent précéder les paralysies : Ces perversions sensitives correspondent àla distribution topographique de la paralysie musculaire.
Les auteurs qui ont étudié l’intoxication sulfo-carbonée parlent de crampes dans les membres, de roideurs musculaires dans les mollets et dans les mains. Souvent les muscles des extrémités, bras, avant-bras, sont le siège de contractures. M. Rendu (2) a publié récemment un cas de contracture des masséters ayant duré plus d’un mois. Nous allons résumer son observation et les réflexions qui l’accompagnent.
(4) Gourpox, thèse de Paris 1867.
(2) Rexpu. Bulletin de la société des hôpitaux de Paris, 1891,page 943:
MAN; Joe
Jeanne. âgée de 15 ans est amenée à l'hôpital Necker le 17 octobre 14891 par sa mère qui la regarde comme atteinte de paralysie. Elle est vigoureuse, a été réglée à douze ans et depuis régulièrement. Elle est employée à vulcaniser des ballons en caoutchouc depuis près de trois ans sans avoir éprouvé de malaises sérieux, si ce n’est une douleur frontale sourde qui se dissipe quand elle rentre chez elle. Le 15 septembre au sortir de l'atelier, elle est prise de maux de tête plus violents qu’à l'ordinaire et d’une contracture douloureuse des mâchoires ; ellea de la peine à desserrer les dents. Elle retourne à l'atelier et chaque jour les symptômes s’aggravent ; mais le cinquième jour (20 septembre) elle est définitivement arrêtée par l'intensité des douleurs. Elle garde la chambre pendant trois semaines. La contracture des masseters était permanente, la malade ne pouvait absolument pas desserrer les dents et ne se nourrissait que de lait avec beaucoup de peine. Laraideur s'était étendue à la nuque, puis au dos, puis aux reins ; elle gagne ensuite les jambes etles bras.
Il paraît que de temps en temps cette contracture tétanique des membres était interrompue par des secousses cloniques. Quoiqu'il en soit elle rentre à l’hôpital le 27 octobre.
Etat actuel. — La contracture est générale mais plus accentuée à la mâchoire. La bouche est hermétiquement close, les deux arcades dentaires serrées l’une contre l’autre, les masseters saillants et douloureux ; l’écartement des deux maxillaires, spontané ou provoqué està peu près impossible.
L’haleine est fétide et la langue recouverte d’un enduit saburral épais. Les gencives sont rouges, tuméfiées et fongueuses. Ilexiste de la stomatite à la face interne des joues ; il n'y a pas d’ulcérations correspondant à l'intervalle des arcades dentaires,
Les autres muscles de la face présentent un certain degré de contrac- - ture, qui donne à la malade une physionomie étrange. Le cou est rigide et la malade se sent d’une seule pièce. La colonne vertébrale est comme soudée ; pour s'asseoir sur son séant, la malade fait dé grands éfforts ; pour se recoucher, elle retombe d’une seule pièce. .