‹ Intoxication Par Le Sulfure De CarboneChapitre 17 sur 25 · PR VE · texte numérisé non relu

PR VE

sidèrable de caractére : au début très affable envers sa mère, plus tard, méchant et injurieux.

Avecsymptômes non équivoques de paralysie par névrite périphérique.

OBSERVATIONS II. du même auteur. P. G. 15 ans. Jeune fille travaillant dans la même asine que le précédent. À quatre heures, elle était comme ivre, se mettait à rire pour rien ; on ne pouvait plus la faire,

taire.

Son apparition paraît coïncider avec les premières manifestations de limprégnation des centres nerveux par l'agent toxique. Elle s'accompagne de céphallagie et parfois de titubation. Comme l'ivresse alcoolique, elle est caractérisée par de l’excitation, gaîté, loquacité, pouvant quelquefois faire place à de la dépression ou encore à des accès de violences. Elle se montre après le travail, vers la fin de la journée, parfois plusieurs jours de suite et vers la même heure. Dans la plupart des casle sommeil de la nuit suffit pour la dissiper.

Cet accident parait s’observer plus spécialement chez les femmes. Il en était ainsi du moins à l’usine de Charonne où travaillait le malade dont nous publions plus loin l’observation. Ce symptôme isolé, type d'intoxication aigüe et bénigne, paraît présenter en lui-même assez peu de gravité. On devra toutefois le considérer comme le signe avant-coureur d'accidents plus graves et éloigner des usines les sujets qui y seraient par trop sujets.

Etudions maintenant les troubles qui par leur ensemble constituent vraiment l’état mental de nos malades.

On a une.grande tendance aujourd’hui à considérer comme

Qi

Sytplômatique des névroses : hystérie et neurasthénie, la plupart de ces troubles qui ne séraiént ainsi que des manifestations indirectes de l’intoxication. Il est alors facile de comprendre que dans ces cas l’état mental des intoxiqués ne différera en rien de l’état mental des hystériques et des neurasthéniques. |

Delpech, le premier en 1863 signale comme très fréquentes les perversions du caractère. 11 observe en effet chez les femmes des troubles de la sensibilité affective, tantôt une émotivité excessive, des crises alternatives de rires et de pleurs sans motif, tantôt une irritabilité extrême entraînant les malades à des accès de colère inexpliquée, parfois même à des actes de violence terribles. Tel est le cas du malade de l’observation X rapportée d’ailleurs par Noël Bonnet et considérée par Marie comme un sujet manifestement hystérique. Tavéra en 1865 insiste également sur ces mêmes modifications du caractère (obs. IT). M. Marie dans son mémoire, s'efforce de démontrer qu’elles appartiennent en propre à l’hystérie. Nous sommes tout disposés à nous rallier à son opinion pour les cas surtout où le malade présente d’autres stigmates de la névrose.

“Mais l’émotivité et l’irritabilité exagérées ne sont pas les seuls modes de perversion observés, M. Charcot, à propos du malade de l’observation publiée par M. Marie, fait ressortir de nouvelles particularités psychiques, qui, celles-là, doivent être rapportées non plus à l’hystérie, mais à la neurasthénie, si souvent associée à cette dernière. Delpech paraît les avoir aussi obsérvées chez le malade dé Fobservation I:

Leo

Nous ne pouvons mieux-faire que de citer le passage de la leçon de M. Charcot (6 novembre 1888).

« Les hommes hystériques de la classe ouvrière qui, ainsi que le fait remarquer avec raison M. Marie, encombrent aujourd’hui les services hospitaliers de Paris, sont à peu près toujours des gens sombres, mélancoliques, déprimés, découragés et justement le pauvre hère que nous avons sous les yeux, présente, ainsi que je vous l'ai fait remarquer il y aun instant, toutes ces apparences là. Le voila timide, sombre, comme désemparé, et remarquez-le bien, cette prostration psychique, date exactement de l'accident survenu dans la cuve au sulfure de carbone. Autrefois notre homme n’était pas gai à proprement parler, mais il supportait les choses de la vie sans se plaindre, et apportait même dans la lutte un certain entrain. Aujourd’hui le tableau est considérablement as$ombri, le pauvre diable se trouve tout changé. Il a la persuasion qu’il n’est bon à rien et se laisse, aller à un découragement profond. Je me réserve de vous montrer ailleurs que ces dispositions d'esprit des hystériques mâles tient certainement» en partie du moins, à ce que chez eux, la neurasthénie se montre presque toujours associée en proportions diverses à la névrose hystérique. »

En résumé,les modifications du caractère chez les intoxiqués par le sulfure de carbone pourront revêtir deux modalités différentes; les unes, émotivité et irritabilité excessives, relevant de l’état mental hystérique ; lesautres,prostration psychique el découragement, relevant de l’état mental neurasthénique.

SPL AY IT. DÉMENXCE.

Nous voici arrivés à la seconde catégorie des troubles intellectuels, caractérisés par l’affaiblissement des facultés.

La déchéance mentale constitue la moins incontestable des déterminations psychiques de l’intoxication ; tous les observateurs en ont été frappés. l’amnésie parait être le symptôme le plus fréquent. Nous la trouvons signalée dès 1856 dans le mémoire de Beaugrand : « les idées ne sont pas parfaitement nettes ; elles sont affaiblies ; le malade a très bien conscience de cet affaiblissement, il dit lui-même qu’il se trouve tout imbécile. Indifférence psychique, lourdeur d’esprit, paresse. »

Nous la retrouvons dans les observations I, II et III de la thèse de Tavéra. Delpech insiste également sur les troubles de la mémoire, l’incohérence des idées, l'indifférence et les troubles profonds de toutes les facultés pouvant atteindre la démence confirmée. I] les signale comme appartenant à la seconde période de lintoxication, période dépressive, tandis que les symptômes d’excitation (ivresse sulfo-carbonée, état mental) caractériseraient la première période.

La démence sulfo-carbonée n’a pas échappé non plus aux contemporains. Etudié spécialement par M. le professeur Ball (1885) et M. Rouillard, par Noël Bonnet, laffaiblissement des facultés intellectuelles s’est révêlé dans un très grand nombre de cas ; son apparition peut-être précoce, précédée ou non des symptômes psychiques signalés plus haut. La dé-

CAES

mence sulfo-carbonée peut marquer la dernière période de toutes les formes de l’intoxication. Il est rare qu’elle disparaisse, sans laisser trace de son passage.

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