‹ Intoxication phosphorée, son traitement par l'essence de térébenthineChapitre 7 sur 17 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

BXPÉRIENCËS.

Nous diviserons ce chapitre en trois paragraphes.

Dans un premier paragraphe nous décrirons :

1° Les divers appareils que nous avons employés.

a) Appareil de Schützen berger et Risler (dosage de l’oxygène du sang).

V) Uréomètre de M. Maurice de Thierry.

Nous ne décrirons pas le spectroscope, renvoyant pour son étude aux traités spéciaux.

2° Notre mode opératoire.

Notre second paragraphe sera consacré aux expériences que nous avons faites ; nous les diviserons en plusieurs séries suivies chacune de conclusions.

Un résumé général des diverses conclusions terminera enfin ce paragraphe.

Le troisième paragraphe contiendra quelques expériences complémentaires.

A 1° Appareil de S'chutzenberger et ! Risler , pour le dosage de Voxygène du sang (1). — Cet appareil, qui

(1)' Vbif le Traité dé chimie biologique (première partie), par Ad. Wurtz, Paris, 1880. Voir également : comptes-rendus, 1. LXXVI, p. 440 et 1214.

repose sur la facile réduction de l'indigo bleu par l’hydrosulfîte de sodium et sur la propriété que possède l’oxygène de l’oxyhémoglobine d’oxyder l’indigo réduit pour le faire passer de nouveau à l’état d’indigo bleu,

G 16 H 12 Az 2 0 2 +0=2C 8 H s Az0 + H î 0

Indigo blanc. Indigo.

se compose de trois flacons :

1° D’un flacon à deux tubulures, d’une capacité de 2 litres, destiné à produire un fort dégagement d’hydrogène afin d’enlever tout l’air contenu dans l’intérieur de l’appareil.

2° D’un flacon laveur.

3° D’un flacon à trois tubulures, d’une capacité de 1 litre, destiné à contenir la solution d'indigo et à recevoir le sang dont on désire doser l’oxygène. Ce flacon est muni des pièces suivantes :

à) A la tubulure centrale, hermétiquement fermée par un bouchon de caoutchouc, sont adaptées deux Curettes de Mohr terminées à leur partie inférieure par une pointe très effilée qui pénètre dans l’intérieur du flacon; la première de ces burettes sert à introduire dans le flacon la solution d’indigo, la seconde sert à introduire la solution d'hydrosulfite.

b) A la tubulure de droite sont adaptés deux tubes ;

1“ Un tube à boule et à robinet plongeant dans la solution d’indigo, servant d’entonnoir pour l’introduction du sang.

2° On tube recourbé, ne plongeant pas dans la solution d’indigo et allant se terminer dans un verre à précipité plein d’eau.

Ce tube sert de dégagement au courant d’hydrogène que l’on fait passer constamment dans l’appareil.

c ) La tubulure de gauche ne contient qu’un seul tube recourbé à angle droit ne plongeant pas dans la solution d’indigo et destiné à s’adapter à un tube semblable venant du flacon laveur.

Uréomètre de M. Maurice de Thierry. — L’uréomètre de M. Maurice de Thierry se compose d’un tube muni d’un robinet, servant d’entonnoir et s’adaptant sur un réservoir placé sur un support en bois. Ce réservoir, dans lequel on introduit l’urine à analyser, est mis en communication par un tube latéral avec une sorte de cuve pneumatique, composée d’une cloche graduée servant de mesureur et plongeant dans une éprouvette pleine d'eau.

II 0 ). Mode opératoire pour le dosage de l'oxygène , au moyen de ïappareil de Schützenberger et Risler. — Le premier flacon nous a servi à produire l’hydrogène pur, le second servant de flacon laveur;

Dans le troisième flacon nous avons introduit :

1° 100 cc. d’une solution d’indigo titrée (1).

(1) Voici le procédé employer pour titrer la solution de carmin d’indigo : on s’est servi d’une solution titrée de bichromate de potasse, contenant 7gr. 66 de ce sel par litre. — 1 cc. de cette solution suffit pour oxyder 1 centigr. d indigotine pure.

Dans un litre d’eau distillée on a mis 2 gr. 50 de carmin d’indigo, èt l’on a décoloré 50 cc. de cette solution au moyen du bichromate en prenant le soin de faire bouillir lentement les 50 cc. de carmin d’indigo et d’ajouter un peu d’acide chlorhydrique.

Il a fallu 0 cc. 6 de la solution de bichromate pour la décoloration des 50 cc. de carmin d’indigo ; donc les 50 cc. de la solution de carmin contiennent : 0 gr. 006 d’indigotine pure, ce. qui donne pour 1 ce. de la solution Ogr. 006 : 50 c’est-à-dire 0 gr. 00012 d’indigotine pure.

Maintenant, nous savons que 132 gr. d’indigo blanc exigent pour se réoxy-

2° 250 gr. d’eau distillée bouillie et maintenue à 50 ou 60°.

3° 50 ce. d’un lait de kaolin, destiné à masquer la ■douleur du sang-et à faireapparaître la décoloration de l’indig-o.

Dans la première burette de! Mohr nous avons versé alors 25 ce. de la.solution, titrée d’indig’o. ,

Dans la deuxième burette : 25 ce. d’une solution d’hydrosulfite de sodium.

Ces précautions prises, nous avons rempli d’eau bouillie la partie inférieure du tube à robinet, de façon qu’il ne puisse pas pénétrer d’air dans le flacon lors de l’introduction du sang- par ce tube.

Puis, nous avons fait passer le courant d'hydrogène dans l’appareil.

Après une demi-heure (l’air étant tout à fait chassé de l'appareil), nous avons laissé tomber dans le flacon à trois tubulures gnutfe à g'outte de la solution d’hydrosulfite placée dans une des burettes de Mohr, jusqu’à décoloration complète de l’indig’o.

Le: sang 1 à étudier est alors introduit, en ayant soin de verser préalablement dans le réservoir du tube à robinet quelques g'outtes d’eau distillée bouillie. Pendant l’introduction du sang-, pour qu’aucun atome

.igiJiwa 1 •iob.izo -JWoq.liïiiiB isoiJuic e.’Jcv ol> .00 X — .Mjil-icq Ion 00 oh DO

der 8gr. d’oxygène; lco. de notre solution d’indigo, c’est-à-diré 0 gr.00012 'd’ihdigatine pure blanche exigeront donc pour se réoxyder : 0 gr. 000007272 d’oxygèna Voici <les< «aïeuls :

132 gr. 0 gr. 00012

8 gr. xgr.

Pour transformer G ,gr. ;OOO0D7272, en Volume, il suffit de connaître le poids du litre d’oxygène fies poids bat égal à 1 gr. 430, donc:

0 gr. 000007272 = 0 ©c 00608 d r oxygène —

Voici les calculs : 1 gr. 430 — 0 gr. 000007272

1000 cc. 1 xcëT " •

d’air ne pénètre dans l’appareil, nous avons pris le soin, de laisser toujours un peu d’eau bouillie dans le réservoir du tube; enfin pour que tout le sang 1 soit sûrement introduit, nous avons fait passer de nouveau de l’eau distillée bouillie par le réservoir, afin de rincer te tube.

Sous l’action du sang 1 , une partie de l’indigo se recolore; nous avons versé alors goutte à goutte de la solution d’hydrosulfite contenue dans la burette jusqu’à décoloration de cet indigo (couleur jaun e rougeâtre, sans mélange de vert); puis nous avons noté la quantité d’hydrosulfite versé.

La dernière opération à faire consiste alors à introduire 20 cc. de la solution titrée d’indigo placée dans la seconde burette dë Mohr, et à verser ensuite goutte à goutte dé l’hydrosulfité jusqu’à décoloration des 20 cc. d’indigo.

On note la quantité employée d’hydrosulfite, et il ne resté plus qu’un petit calcul à faire.

Ex.: Si après l’introduction du sang on a trouvé qu’il fallait lcc.1 d’hydrosulfite pour décolorer l’indigo bleui :

Si après avoir introduit 20 cc. d’indigo, on a trouvé qu’il fallait 0 cc. 7 d’hydrosulfite pour les décolorer,

On saura ce que le sang contient d’oxygène au moyen de la proportion suivante :

Supposons notre solution d’indigo valant par cc.

0 ce., 00508 d’oxygène

nous aurons,

0 cc.,7 =

20 X 0 cc., 00508

1 cc.,1

autrement,

0 ce.,7 l

0 ce., 1016

S d’oxygène

Le sang* introduit dans l’appareil contenait donc 0 cc. 1596 d’oxygène.

Tel est ce procédé que nous avons employé, « procédé qui présente l’avantage de pouvoir opérer le dosage de l'oxygène dans un temps très court. On évite ainsi la perte d’oxygène résultant de la combustion qu’effectue cet élément dans le sang lui-même. Aussi les chiffres obtenus sont-ils généralement supérieurs de 4 à 5 pour 100 à ceux que donnent les procédés d’extraction directe à l’aide de la pompe à mercure.(l). »

Ajoutons enfin ces deux points :

1° Le sang que nous avons analysé a toujours été pris dans la carotide primitive au moyen d'une seringue préalablement chauffée dans l’eau tiède pour empêcher sa coagulation ; toujours on a pris 1 cc. de sang.

2° Lorsque nous avons fait plusieurs saignées successives, nous avons toujours tenu compte dans nos calculs de l’influence des saignées sur les gaz du sang (2).

(Dictionn. chimie de Wurtz, t. 1 art. Sang dé A. Gautier).

Mode opératoire pour le dosage de l’urée au moyen de rUréomètre de M. M. de Thierry. — Dans le réservoir nférieur, celai qui s'adapte au support en bois, on verse à l’aide d’une pipette graduée 2 ce. d’urine ; on remplit complètement l’entonnoir du réactif d’hypobromite de soude normal, que l’on fait ensuite couler à l’aide du robinet fixé à la partie inférieure de cet entonnoir, jusqu’à ce qu’il soit au niveau d’un petit trait marqué à la partie supérieure du tube ; de cette façon le réactif prend la place de l’air qui se trouvait dans l’extrémité effilée de l’entonnoir. Le robinet étant bien fermé, on réunit l’entonnoir au réservoir, la partie effilée de l’entonnoir plong-eant dans le réservoir.

On remplit d’eau l’éprouvette jusqu’à ce 'qu’elle affleure à un repère T A, gravé sur la cloche graduée, qui s’y trouve plong-ée, puis on immergée pendant quelques minutes le réservoir dans un vase quelconque contenant la même eau que l’éprouvette, pour amener l’air qui se trouve renfermé dans ce réservoir à la même température que l’eau, ce qui établit l’ég-alité de température entre les deux parties de l’appareil, et l’on met en communication la cloche et le réservoir au moyen d’un ajutag’e en caoutchouc,

Cela fait, on retire le réservoir du vase pjein d’eau, on'le remet sur son support, et on ouvre le robinet de l’entonnoir, en ayant soin de ne laisser couler le réactif que jusqu’au trait marqué à la partie inférieure de ce tube, limite des 10 cc. La réaction s’opère, l’azote se dég-ag-e et refoule l’eau dans la cloche g’raduée. Quand l’opération est terminée, la réaction ayant échauffé le réservoir, il est nécessaire de le plong-er de nouveau dans le vase plein d’eau

Mâreau. 7

afin qu’il se retrouve dans les mêmes conditions de température qu’au début de l’opération ; on soulève légèrement la cloche graduée jusqu’à ce que le niveau de l’eau qu’elle renferme coïncide avec le niveau de l’eau dans l’éprouvette ; on note la division qui correspond au trait limitant le volume de gaz, la température, et l’on trouve immédiatement dans les tablés jointes à l’appareil la proportion d’uréé que renferme l’urine à analyser. ■

Le thermomètre est placé dans l’eau contenue dans l’éprouvette.

Spectroscope .— Nous ne décrirons pas le mode d’empjoi du spectroscope comme nous l’avons dit plus haut ; mais, nous voulons parler d’un moyen de dosage de l’oxyhémoglobine dans le sang par l’appareil spectral.

La méthode due à M. Preyer (1) qui repose sur l’emploi d’une solution titrée d’hémoglobine, consiste à observer comparativement au spectroscope une solution de sang qu’on étend d’eau jusqu’à ce qu’elle offre la même transparence, c’est-à-dire la même concentration que la solution normale d’oxyhémaglobine, ces deux solutions étant placées devant la fente du spectroscope, derrière une source lumineuse constante (2).

Cette méthode fort ingénieuse présente une très grande difficulté ; la préparation et surtout la conservation de la solution normale d’hémoglobine. Cette

(1) Ann. der Chem. u. Pharm., t. CXI, p.187.

(2) Pour le mode opératoire, voir la chimie biologique de Ad. Wurtz (première partie).

solution s’altère facilement, delà, des causes d’incertitude.

Aussi, après avoir constaté, malgré l’avis contraire dé quelques observateurs, que les deux bandes d’absorption de l’oxyhémog'lobine du sang- persistaient dans l’empoisonnement par le phosphore, avons-nous cherché un moyen pour utiliser le spectroscope, ne voulant pas essayer le procédé de dosage de M. Preyer.

Nous avons alors imaginé le procédé suivant, que nous ne donnons d’ailleurs ici que sous toutes réserves, n’ayant pu l’expérimenter convenablement :

Oïi prend une quantité déterminée d’eau et de sang' normal ; par exemple : sang 1 , uneg , outte;eau,2 cc.

On place cette eau et ce sang- dans un hématinomètre placé devant la fente du spectroscope et situé derrière une source lumineuse constante ; on verse alors, g’outte à g'outte et très lentement une solution , très étendue d'eau, de sulfure de sodium titrée {[), puis, on détermine combien il faut de cette solution pour faire disparaître les deux bandes d’absorption de l’oxyhémogiobine du sang' normal.

On refait alors exactement la même expérience, mais cette fois avec du sang- altéré par le fait de l’empoisonnement, et on détermine encore combien il faut de la solution titrée pour réduire les deux bandes d’absorption de l’oxyhémog-lobine du sang 1 intoxiqué.

Or, s’il existe une différence entre les deux quantités de la Solution de sulfure, nécessaires pour réduire les deux bandes d’absorption de i’oxyhémoglobine, on devra conclure :

1° Qu’il y a une diminution dé l'oxygène dans le

(1)' Qn n’émpïoie pas la' solutidii de' sulfhydrate d’atnmoniaque parce qu’elle s’altère trop facilement.

sang- intoxiqué, si la quantité de sulfure nécessaire pour la réduction de l’oxyhémoglobine a été plus faible pour le sang intoxiqué que pour le sang normal.

2° Qu’il y a, au contraire, une augmentation de l’oxygène dans le sang intoxiqué, si la quantité de sulfure nécessaire pour la réduction de l’oxyhémo. globine a été plus considérable pour le sang intoxiqué que pour le sang normal.

Comme la solution de sulfure de sodium est titrée, il sera facile d’indiquer en chiffres les variations de l’oxy hémoglobine.

De ce procédé on peut enfin déduire les deux points suivants : l’intensité des. bandes d’absorption de l’oxyhémoglobine est proportionnelle à la quantité de sulfure nécessaire pour les réduire; l’intoxication phosphorée est en raison inverse de la quantité de sulfure nécessaire pour réduire les deux bandes d’absorption de l’oxyhémoglobine.

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