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INTRODUCTION

La question des intoxications alimentaires, si complexe en période normale, s’est trouvée augmentée, depuis quelques années, de cas inattendus. Les restrictions sur les denrées de consommation courante ont amené — et cela principalement dans les villes — l’apparition de « produits de remplacement »

et dans le même temps, toute une Ne nou-

velle.

ons compter certaines infections ou intoxications alimentaires dont la fréquence a augmenté au cours de ces trois dernières années : salmonelloses,° fièvres typhoïdes anormales, botulisme. Cette « pathologie de l’ersatz » s'accroît chaque jour de chapitres nou-

veaux :

— L'alcool méthylique remplaçant l'alcool éthylique et entrant dans la composition de certains

apéritifs détermine des accidents graves où mor-

tels.

Jus

— Les huiles industrielles renfermant du phosphate de triorthocrésyl employées à la confection de salades ou de fritures occasionnent des polynévrites durables. ;

— Le nitrite de soude, toxique méthémoglobinisant a pu remplacer, par méprise sans doute, le sel de cuisine.

— Les baies de Redoul (coriaria myrtifolia) dont la couleur et la forme peuvent rappeler les mûres, déclenchent chez les amateurs méridionaux, des crises épileptiformes sévères.

— Les feuilles de rhubarbe, employées en remplacement des épinards manifestent leur toxicité par des effets purgatifs énergiques et des hémorragies cérébrales.

— Les feuilles sèches de pommes de terre, mauvais succédané du tabac, produisent des troubles variés allant de la céphalée aux hémorragies rétiniennes.

— Les amandes amères utilisées en pâtisserie en place d’amandes douces déterminent, par émission d'acide cyanhydrique, des intoxications très graves. Emploÿées comme succédané du café, elles peuvent mettre en liberté 27 mgr. d'acide cyanhydrique pour 100 gr. après torréfaction (R. Fabre et L. Truffert).

Enfin, tout un groupe de graines, que les, circonstances actuelles autoriseraient à admettre dans l'alimentation, possèdent une toxicité réelle. Ce sont des légumineuses appartenant à la sous-famille des papillonacées.

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— Les unes de la tribu des lotées sont les haricots cyano-génétiques ;

— Les autres de la tribu des viciées sont les fèves et les gesses.

Ge — Les unes et les autres ont été mises en cause à diverses époques et actuellement encore elles font, dans des pays proches du nôtre, des victimes en nombre considérable.

ne Dans la période que nous traversons, la symptoma- & tologie de ces intoxications doit être rappelée. Le 24 diagnostic différentiel doit en être précisé. Quant aux hypothèses et aux explications pathogéniques, elles ne sont pas le côté le moins intéressant de cette question. Elles sont nombreuses et présentent les unes et les autres des arguments de valeur. Nous nous sommes efforcés de les exposer aussi fidèlement que possible.

Le traitement des intoxications alimentaires a beaucoup évolué ; nous l’avons étudié pour chaque cas. Mais si l'intervention thérapeutique du médecin doit être prévue il n’en reste pas moins que seule une prophylaxie bien conduite peut éviter le retour de ces « épidémies » qui ont marqué depuis l'antiquité,

certaines périodes de disette.

LE LATHYRISME

LA

C’est Cantani qui, le premier, donna en 1873, le nom de «lathyrisme » à un syndrome clinique consécutif à l’ingestion de certaines légumineuses du genre lathyrus, connues plus communément sous le nom de « gesses ». : |

\ ; ‘Botanique.

Parmi les gesses, certaines variétés seulement sont toxiques : |

Lathyrus Salivus L. ou gesse blanche, lentille d’Espagne, lentille suisse, pois breton, pois carré... Est cultivée particulièrement aux Indes et en Syrie. Ses fleurs sont blanc rosé ou blanc bleuâtre. Les graines sont anguleuses, blanchâtres aplaties, ayant en moyenne 1 cm. de large. Sa toxicité est discutée dans les régions tempérées. Aux Indes et en Syrie, elle fut toutefois cause d’intoxications très nombreuses, prenant l'allure d’épidémies.

Lathyrus Cicera L. ou gesse jarosse, ou jarosse, ou pois cornu, a des fleurs rouge cuivré. On la cultive en Afrique du Nord. Les graines sont brunes, plus

4 petites que celles de L. Sativus. Cette espèce est nettement toxique.

à Lathyrus Clymenum L. ou gesse pourprée dont les

fleurs sont pourpres, donne des graines parallélépi-

pédiques, lisses, de couleur brune, tachetées de noir.

Lathyrus Palustris L. ou gesse des marais, croît à

l’état sauvage dans les régions marécageuses. Ses

fleurs sont bleuâtres. Ses graines sont brun foncé avec un sillon plus clair. Elles ont une forme géné-

rale plus arrondie que les précédentes. Leur diamètre ‘3 dépasse à peine 3 mm. Elles sont très toxiques, rare-

ment utilisées dans l'alimentation.

Lathyrus luberosa L. n’est pas toxique. Très nour-

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