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LA RÉACTION DE CASONI ET L'ÉOSINOPHILIE

Dans un premier ordre d'idées, on peut dire qu’il n'y a pas de rapport strict entre la réaction de Casonr et

Etats

l'éosinophilie. Comme nous l'avons vu au chapitre IT, cette dernière manque souvent (50 % environ). On peul observer des réactions positives avec une éosinophilie peu marquée, comme une réaction négalive avec un nombre élevé d’éosinophiles. Cependant lorsqu'on note une éosinophilie notoire la réaction est très nette.

Comme nous l’avons déjà dit, l’éosinophilie n'est pas spécifique et ne fait que témoigner d'une sensibilisation particulière de l’organisme.

Plus digne d'intérêt est l'éosinophilie provoquée par le Casont. Elle a été spécialement étudiée par BOTTERI; BaciGALUPO et Grosso, qui affirment que l’augmentation du nombre des éosinophiles sous linfluence du Casoxtr est un fait constant chez les porteurs de kyste hydatique. Manasser rapporte que treize fois sur quatorze cas étudiés, l'augmentation des éosinophiles a été de l’ordre de 1,5 à 6 %.

DEuscx a constaté une élévation du taux des éosinophiles le jour de la piqûre (de 2 à 11 %). Dans les cas témoins il n’a jamais vu cette augmentation, excepté dans deux cas: une fois dans un cas de tœnia saginata, et l’autre chez un diabétique avec tuberculose traité par l'insuline.

BAGIGALUPO ef GROSSO considèrent cette augmentation du nombre des éosinophiles comme un précieux moyen de diagnostic ajouté à l'intradermo-réaction.

Conclusions

I. — La pratique de l’intradermo-réaction paraît être en général délicate, et sa mise en œuvre exige un cerlain doigté. Les réactions à une infection préalable manquent de spécificité, les toxiniennes ont un emploi limité. C’est dans les phénomènes anaphylactiques et d’hypersensibilité qu'elle est strictement spécifique, el qu'elle semble devoir jouer un rôle de première importance.

IT. — Pour établir le diagnostic d’échinococcose, il est nécessaire d’avoir recours aux tests d’ordre biologique, et il est important d’en combiner el d’en interpréter les résultats.

De la relation étroite entre la clinique et le laboratoire naît souvent un diagnostic qu'il eut été délicat de porter sur la simple constatation d’un ensemble de signes recueillis au lit du malade.

Aussi, nous paraît-il nécessaire devant l'hypothèse d’un kyste hyvdatique, soulevée par la clinique, ou la radiographie, d'adresser à un laboratoire spécialisé dans ces recherches d'ordre biologique, s’il en existe un, cinq centimètres cubes environ de sérum sanguin du malade ou quinze centimètres cubes de sang, en vue d’une réaction de WeINBeRG. De plus, on pourra pratiquer quelques froitis de sang sur lames pour examen de la formule leucocytaire. |

Enfin le praticien lui-même, fait remarquable, pratiquera sur le malade, avec une petite ampoule d’anligène hydatique, l'intradermo-réaction de Casonr.

La simplicité de sa technique, la facilité avec laquelle on peut la pratiquer ainsi que l'interpréter en font, vu Pimportance des résultats que l’on obtient, la méthode de choix par excellence.

Véritable « symptôme provoqué », celle épreuve n’a pas de valeur absolue, Cependant c’est un précieux élément de diagnostic mis à la disposition de la clinique, et justifie la valeur dont elle jouit.

Comme tout test d'ordre biologique, elle n'est point infaillible, mais si cette épreuve est franchement posilive, on concluera à l'existence d’un kyste vivant ov mort depuis peu, surtout si quelqu'une des réactions de laboratoire vient confirmer celte épreuve.

Afin d'éviter de grossières erreurs, il faudra toujours éliminer l’hypothèse possible de parasitisme intestinal.

Et comme l’a dit Devé: « Il suffira d’y penser pour que le diagnostic ainsi soulevé se trouve rapidement tranché, avec les plus grandes probabilités, grâce aux données combinées de l'examen clinique, de l’expluration radiologique et des réactions biologiques «néeifiques. »

Vu: Le PRÉSIDENT DE LA THÈSE, Le Doyen, GUIART.

JEAN LEPINE.

Vu el permis d'imprimer Lyon, le 10 Octobré 1930.

Le Recteur, PRÉSIDENT DU CONSEIL DE L'UNIvERSITÉ,

Josepx GHEUSI.

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