‹ Introduction a l'Ancien TestamentChapitre 22 sur 115 · Prologue: i · texte numérisé non relu

Prologue: i

§ 374. Dès la première ligne l'auteur laisse entendre qu'il va parler d'un temps déjà fort éloigné. La façon même dont il présente à ses lecteurs le personnage d'Âssuérus montre qu'il s'agit, pour lui et pour eux, d'une figure peu connue. Le nom d'Assuérus, que nous employons couramment, est l'adaptation gréco-latine du mot hébreu Akhaschwerosck (on connatt aussi en latin et en français la forme Ahasvérus, plus voisine de l'original). A son tour la forme hébraïque n'est que la transcription approximative du mot perse Khsayarsa et celui-ci, transporté directement en grec, a été rendu par Xerxès. Il s'agit donc dans le livre d'Esther du célèbre roi de Perse Xerxès \^y celui-là même qui envahit la Grèce et dont la flotte subit une défaite éclatante à Salamine en 480. Il n'y a aucun doute à avoir sur l'identification de ce personnage : on a pu autrefois hésiter sur ce point, les Septante ont pu croire qu'il s'agissait d'un Artaxerxès, d'autres conjectures ont pu être émises, mais actuellement la

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situation est parfaitement claire grâce au déchiffrement des inscriptions perses, assyriennes et égyptiennes. Dès 1864 Oppert a pu dire : « Un des premiers résultats de la lecture des inscriptions perses fut l'identification d'Assuérus à Xerxès. Cette conquête de la science ne fait plus Tombre d'un doute ».

Tel est donc le souverain qu'on aperçoit au premier plan dans le livre d'Esther. Il nous est raconté que, dans la 3"»* année de son règne, il donna aux grands de son royaume une fête qui ne dura pas moins de 180 jours et que couronna un festin de 7 jours dans le palais royal. Le dernier jour, le roi, sous l'influence du vin, fit donner l'ordre à la reine Vaslhi de comparaître en sa présence et de se montrer à ses sujets. La reine refusa. Très irrité, Assuérus consulta les plus hauts dignitaires du royaume; sur le conseil de l'un d'entre eux il enleva à Vasthi la qualité de reine et décida de <;hoisir une autre épouse à sa place. Un édit royal, publié dans tout le royaume, prescrivit aux femmes l'obéissance envers leurs maris.

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