‹ Introduction a l'Ancien TestamentChapitre 27 sur 115 · E8THER · texte numérisé non relu

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sont égorgés et, de plus, les dix fils d'Haman. Ce chiffre ayant été porté à la connaissance du roi et de la reine, Assuérus, sur la demande d'Esther, prolonge d'un jour Tautorisation accordée aux Juifs de Suse, et ceux-ci en profitent pour tuer encore 300 hommes le lendemain, 14 Adar. Dans les provinces, le nombre des victimes du 13 Adar s'élève à 75000. Il est expressément relevé que nulle part les Juifs ne se livrèrent au pillage. Au lendemain du carnage, < les Juifs se reposèrent », et firent du 14 Adar < un jour de festin et de joie > ; le texte ajoute que cet usage s'est perpétué chez les Juifs de la campagne. Quant à ceux de la capitale, ce fut le 15 Adar qui devint leur jour de fête.

Les deux péricopes suivantes (9 so-28 et 29-32) rapportent, parallèlement l'une à l'autre, comment Mardochée écrivit à tous les Juifs de l'empire pour leur prescrire la célébration du 14 et du 15 Adar, instituant ainsi d'une façon solennelle et irrévocable la fête de Pourim. La deuxième péricope, plus brève, attribue l'envoi de la circulaire officielle à Esther autant et plus qu'à Mardochée. Nous examinerons plus loin la question que soulève la présence simultanée de ces deux passages, qui semblent faire double emploi.

Enfin, le livre se termine (10 1-3) par quelques lignes exaltant la puissance de Mardochée et relevant avec éloges tout le bien qu'il fit à son peuple.

§ 376. Le récit que nous venons de résumer présente un réel intérêt: les principaux caractères sont bien dessinés, les événements s'enchatnent les uns aux autres, les péripéties sont adroitement amenées. Il n'y a pas lieu de s'étonner si les figures d'Esther, d'Haman, de Mardochée ont pris du relief et acquis de la notoriété. Cela tient au talent avec lequel l'auteur a mis en scène ses personnages et a décrit leurs faits et gestes. Je me range, pour ma part, sans hésiter, au nombre de ceux qui considèrent le livre d'Esther comme une œuvre habilement composée et dénotant chez son auteur des aptitudes littéraires et dramatiques. J'ai peine à comprendre que d'autres critiques s'expriment d'une façon si dédaigneuse sur le compte de notre écrivain, lui reprochant sa gaucherie et son manque de sens artistique.

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Cet auteur n'est pas Mardochée, comme l'ont cru naïvement Clément d'Alexandrie, Aben Esra et d'autres, se fondant sur une fausse interprétation de 9 so, passage qui a une tout autre signification et ne s'applique nullement à la composition du livre. Il est aisé de voir, au contraire, que l'écrivain ne saurait être ni l'un des principaux acteurs, ni même un contemporain quelconque des faits rapportés. En effet, le règne d'Assuérus-Xerxès est décrit dans des termes qui trahissent une époque sensiblement plus récente. On peut faire la même remarque sur la façon dont il est parlé de Mardochée, et sur le témoignage rendu à la perpétuation de la fête de Pourim. Dans un autre domaine, il faut aussi noter, dans le vocabulaire du livre d'Esther, un grand nombre de termes empruntés à la langue perse ; l'hébreu d'Esther présente de fréquents araméismès et appartient manifestement à une époque tardive, celle du Chroniste, de l'Ecclésiaste et de Daniel. Pour tous ces motifs, il ne faut pas songer à placer la composition de ce livre au v* siècle — saint Augustin l'attribuait à Esdras en personne. Il faut descendre plus bas, au moins jusque vers la fin de la domination perse, et peut-être jusqu'après Alexandre, à l'époque grecque, au m* siècle. Certains critiques assignent à Esther une date de composition encore plus récente, la seconde moitié du ii* siècle av. J.-C», après les luttes héroïques des Maccabées. On fait valoir, à l'appui de ce point de vue, que le Siracide, dans sa célèbre énumération des grands personnages d'Israël, ne mentionne pa^ plus Esther et Mardochée qu'il ne nomme Daniel. Toutefois, cet argument, d'un grand poids quand il s'agit d'un livre écrit en Palestine, comme c'est le cas de Daniel, perd beaucoup de sa valeur s'il s'agit d'un ouvrage composé au sein des colonies juives de la Babylonie, et qui ne se serait introduit en Judée qu'à un moment relativement postérieur.

Or, il ne faut pas perdre de vue que les divers problèmes concernant le livre d'Esther — époque, but, crédibilité, etc., — sont en tous points solidaires de ceux qui se rattachent à la fête du Pourim. Si cette dernière était connue parmi les Juifs et régulièrement célébrée par eux dès le temps présumé de son institution, il semblerait qu'on dût en trouver certaines

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traces. Or nous en rencontrons la première mention historique, en dehors du livre d'Esther lui-même, dans un ouvrage composé peu avant ou peu après Tère chrétienne, à savoir le II* livre des Maccabées (15 36), où le 14 Adar est désigné comme ij fmpdoxcU'xi] ^/dpa, le jour de Mardochée (littéralement : la journée mardochéenne) ^ Plus tard, la fête de Pourim a pris une très grande importance au sein du judaïsme; mais, comme on le voit, l'obscurité plane sur les trois ou quatre siècles qui ont suivi la date présumée des événements c[u'elle est destinée à commémorer. On comprendra aisément que, dans de pareilles conditions, la célébration tardive de cette solennité ne puisse pas être considérée comme assurant l'historicité des faits racontés dans le livre d'Esther, et que toute la question doive être examinée en elle-même.

La personnalité d'Assuérus, telle tju'elle nous est décrite, correspond assez bien aux données que l'histoire profane fournit sur Xerxès, roi fastueux, d'un caractère plutôt faible que méchant, subissant aisément l'ascendant de ses conseillers et particulièrement sensible aux influences féminines. Nous ne possédons, en dehors du livre d'Esther, aucun renseignement sur Haman et Mardochée, ministres successifs du grand roi. La grande faveur dont jouit Haman, sa brusque disgrâce, la prospérité soudaine de son rival, tout cela est conforme aux mœurs des cours orientales. Les considérations de naissance, de condition sociale et de nationalité n'empêchent personne d'arriver aux postes les plus élevés, pour peu qu'ils attirent sur eux l'attention bienveillante du monarque omnipotent. Là, plus qu'ailleurs encore, la roche Tarpéienne est voisine

< Ce passage, après avoir rapporté la victoire de Juda Maccabée sur le général syrien Nicanor, ajoute que, pour commémorer ce glorieux triomphe^ il fut résolu d'en fêter désormais Tanniversaire « le 13 Adar, la veille du jour de Mardochée ». Cela prouve seulement que « le jour de Mardochée ^ était connu à Tépoque où fut écrit II Maccabées. On n'en saurait inférer qu'il en fût déjà de même lors de la défaite de Nicanor par Juda (161 av. J.-C.)^ d'autant plus que dans le récit parallèle de I Macc. 7 49 il est bien question de l'institution de la fête du 13 Adar, mais il n'est point parlé du « jour de Mardochée ». Or il ne faut pas oublier que I Maccabées l'emporte infiniment sur II Maccabées, au double point de vue de l'ancienneté et de la valeur historique.

du Capitule. Ainsi les aventures d'Haman et de Mardochée n'ont en elles-mêmes rien d'invraisemblable; il n'en résulte pas qu'elles soient vraies. II faut examiner d'autres points.

Le roi Xerxès a eu pour femme la reine Âmestris, au tempérament énergique, autoritaire. Ce que nous savons d'elle, au point de vue biographique et chronologique, empêche de l'identifier soit avec Vasthi, soit avec Esther. Et d'autre part on ne saurait trouver dans la carrière de Xerxès le temps suffisant pour y placer successivement Vasthi, Esther et Amestris. Resterait, il est vrai, la ressource de ne considérer ni Vasthi, ni Esther, comme ayant été «la reine» en titre, cette qualité demeurant en tout temps la prérogative d' Amestris. Mais le récit biblique ne se prête guère à cette supposition; non seulement il emploie le mot de reine pour Vasthi et pour Esther, mais le rôle qu'il attribue à cette dernière dépasse sensiblement celui d'une simple favorite. Si l'on tient donc, en présence de cette difficulté, à recourir à l'hypothèse ci-dessus, il faut concéder que le narrateur biblique a quelque peu forcé les couleurs.

I 377. Il semblerait, puisque le livre d'Esther se propose formellement de justifier et de recommander la fête de Pourim, que les faits concernant cette institution et sa désignation officielle dussent être présentés de la façon la plus claire. Il faut bien constater que tel n'est pas le cas. Premièrement, il a été impossible jusqu'ici aux philologues les plus compétents de trouver dans la langue perse un terme signifiant « sort » et qui ressemblât de près ou de loin au mot pour. Ensuite, le récit ne parvient pas à nous faire comprendre d'une façon satisfaisante l'intervention du sort (pour), et moins encore celle des sorts (pourim)^ alors qu'il s'agit pour Haman de se venger des Juifs et d'organiser le massacre. On a l'impression que les incidents rapportés à ce propos sont mis en rapport, que bien que mal, d'une façon artificielle et forcée, avec un mot particulier qu'il fallait à tout prix placer dans la narration. Enfin, le décret d'Assuérus, sollicité et obtenu par Haman, est bien extraordinaire en lui-même, indépendamment de la question du sort. Rappelons qu'il s'agit d'ordonner le massacre d'une fraction considérable des sujets du roi. Là

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n'est pas rinvraisemblance : de douloureux événements^ de date encore récente, sont là pour nous apprendre qu'un sou-' verain peut vouer à la mort toute une population habitant ses Etats. Mais ce qui surprend, ce qui semble en contradiction avec le but poursuivi par Haman, c'est l'échéance si lointaine fixée par l'édit. Celui-ci est rendu au l*' mois, et c'est au 12"» mois seulement que les Juifs seront exterminés. Si ce long délai pouvait être interprété comme une atténuation, s'il était destiné à permettre et à encourager l'émigration des futures victimes, on pourrait à la rigueur s'expliquer cette mesure singulière. Mais cette supposition est en désaccord avec le dessein d'Haman, qui se propose non pas l'exode, mais l'extermination d'une nation détestée.

Donc, aux divers points de vue que nous venons d'indiquer, l'intervention du sort parait immotivée; il n'en résulte, pour l'histoire d'Esther, aucun avantage, aucun éclaircissement. Même si l'on pouvait supprimer, sans autre, la mention du tirage au sort et de ses conséquences, on peut dire que le récit y gagnerait en vraisemblance et en clarté. Mais il s'en faut de beaucoup que tel soit le point de vue adopté par l'auteur du livre. Il attache au contraire une importance majeure à tout ce qui concerne la fête du mois d'Âdar et le nom qu'elle porte. Il en parle une première fois dans 3 7-15; il y revient dans 8 9-14 et dans la conclusion (9). A ce propos nous devons examiner la question des deux morceaux parallèles 9 20-Ï8 et 29-3Ï. Ils font trop évidemment double emploi pour qu'on puisse les considérer tous deux comme faisant également partie de l'ouvrage original, quoiqu'on ait essayé de les raccorder l'un à l'autre en introduisant dans 9 29 l'expression «une seconde fois »*. Nous avons probablement affiaire là à deux recensions à peu près équivalentes, mais de dimensions inégales ; elles formaient sans doute, tantôt Tune, tantôt l'autre, la conclusion du livre dans divers

^ Au surplus, voici la traduction littérale de ce verset : « Et la reine^ fille d'Abikhail, et Mardochée le Juif écrivirent avec toute autorité pour mettre en vigueur cette seconde lettre de Pourim ». Le qualificatif « seconde » pourrait être employé ici en opposition à la «première lettre de Pourim»^ celle d'Haman (8 12-15).

manuscrits ; elles auront été réunies et placées bout à bout, de façon à donner à l'ouvrage sa forme actuelle. En tout cas, nous ne saurions nous ranger à Topinion de ceux qui traitent ces deux péricopes comme étant, Tune et l'autre, des adjonctions postérieures. L'une au moins est nécessaire pour donner au livre son couronnement.

A part les difficultés déjà signalées, relatives à la personnalité de la reine Esther et à l'emploi du tirage au sort, on a relevé d'autres invraisemblances dans la narration. Je dois avouer que celles-ci ne me frappent guère. Ainsi, on a critiqué le fait qu'après avoir accordé à Haman la destruction du peuple juif, Assuérus semble en avoir perdu tout souvenir lorsque Esther lui communique enfin son secret. Ainsi encore, on a noté certaines inconséquences apparentes dans l'attitude des divers personnages. Mais tout cela tient à la forme de la narration et non pas au fond même des événements racontés. Or, ce qui est en cause, ce n'est pas l'historicité des détails, des menus incidents, des conversations échangées, etc. Il est inévitable que, dans un récit tel que celui-ci, rédigé longtemps après les événements eux-mêmes, la main du narrateur se fasse sentir dans la façon de présenter les faits, de décrire les personnages, de rapporter leurs paroles et leurs actions. Le seul point qui importe et qu'on peut discuter, c'est l'historicité des faits essentiels et fondamentaux. Quelques légères contradictions ou improbabilités dans le récit ne sont pas de nature à la compromettre. Par conséquent les auteurs qui envisagent le livre d'Esther comme relatant des faits réels n'ont affaire, en fait d'objections sérieuses, qu'aux deux considérations tirées de la qualité de reine attribuée à Esther et de l'emploi du sort. Peut-être ces difficultés ne sont-elles pas insurmontables ; dans ce cas, ceux qui nient l'historicité iraient trop loin en déclarant, sur les bases posées jusqu'ici, que le livre d'Esther ne peut être qu'une fiction, une sorte de roman à tendance. Mais d'autre part les partisans de l'historicité se feraient étrangement illusion si, après avoir pu établir que le récit n'est ni inadmissible, ni même invraisemblable, ils concluaient de là à la réalité historique des faits rapportés. Autre chose est de prouver la possibilité d'un

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érénemeniy autre chose de démontrer qu'il a véritablement eu lieu.

§ 378. li est toutefois un autre élément de la question qui doit attirer notre attention. De récents travaux, poursuivis avec autant de sagacité que d'érudition, ont manifesté, d'une façon toujours plus claire et plus complète, l'importance de la civilisation babylonienne et son influence sur le peuple hébreu. On a été conduit à remarquer que les noms des deux principaux personnages du livre d'Esther, celui de Mardochée et celui d'Esther elle-même, présentaient l'analogie la plus marquée avec ceux de deux divinités babyloniennes de premier rang, le dieu Mardouk et la déesse Istar. Pour Esther, il est vrai, on pourrait indiquer une autre étymologie : un mot perse, de même signification et de même origine que nos mots astre, étoile (siellà), star, stem; mais la ressemblance avec Istar est pour le moins aussi frappante. Quant au nom de Mardochée, il n'y a, en fait, pas d'autre étymologie à lui assigner que Mardouk, et Ton ne s'était peut-être pas assez étonné jusqu'ici de ce fait étrange : un Juif, type et protagoniste de sa race, portant un nom emprunté à un dieu païen.

Or voici la théorie que nous proposent certains savants modernes et qu'ils fondent, entre autres, sur les deux noms propres en question. La fête que les Juifs célèbrent sous le nom de Pourim aurait sa première origine dans une fête babylonienne célébrée, au moment du changement de l'année, en l'honneur du dieu Mardouk et de la déesse Istar ^ Il s'agirait donc d'un emprunt, plus ou moins inconscient et graduel, que les Juifs déportés dans les provinces de la Babylonie et de la Perse auraient fait aux usages de la population environnante. Naturellement, ils en auraient adapté les données à leurs conceptions strictement monothéistes. Il n'aurait plus été question de dieux ni de déesses. Les souvenirs que la fête était destinée à commémorer se trouvaient du coup transportés sur une scène terrestre. Ainsi aurait pris naissance, sous forme de tradition orale, la narration qui

^ Il ne serait même pas impossible de retrouver dans les données mythologiques babyloniennes Forigine du nom d'Haman et du rôle hostile qui lui est attribué.

plus tard aurait été rédigée telle que nous la possédons dans le livre d'Esther.

Nous ne songeons pas à contester Tintérét que présentent ces observations, basées sur des textes antiques. La similitude des noms est à coup sûr remarquable et suggestive. Il est d'ailleurs incontestable que la célébration de certaines fêtes s'est perpétuée en maint pays, en se transmettant d'une race et d'une religion à Tautre, et en révélant successivement des significations toutes différentes : on conservait l'usage, on modifiait le motif allégué. Quelque chose d'analogue peut s'être passé pour la fête, primitivement babylonienne et païenne, qui serait devenue le Pourim du peuple hébreu. Il faut toutefois reconnaître que les champions de cette théorie^ très explicites tant qu'il s'agit d'exposer l'origine babylonienne de cette coutume, se montrent beaucoup moins à même de faire comprendre par quelles transitions l'usage juif a pris naissance. Nous irons plus loin : il nous semble, par analogie avec d'autres phénomènes similaires, que, pour avoir pu changer de sens et de destination, l'antique fête de Mardouk et d'Istar devrait avoir été rattachée à quelque fait positif et déterminé, qui ait eu du retentissement et entraîné des conséquences sérieuses et durables. Ainsi, la théorie assyriologique susmentionnée pourrait être admise comme fondée : il n'en résulterait pas l'impossibilité de croire que, sous le règn^ d'un roi de Perse, les Juifs habitant ses Etats aient été l'objet d'une éclatante délivrance. Le souvenir et la commémoration de cet événement se seraient confondus, plus ou moins rapidement, avec des notions d'un autre ordre, provenant du milieu ambiant, et procédant, en dernière analyse, de la mythologie babylonienne. Ainsi s'expliquerait peut-être le nom de Pourim, et l'on comprendrait pourquoi l'écrivain juif du livre d'Esther n'a pu réussir qu'avec peine à lui faire jouer un rôle plausible dans son récit.

Cet écrivain paraît avoir composé son ouvrage vers la fin de la domination perse, ou même plus probablement au cours du in« siècle av. J.-C. Mais cet écrit peut être resté, pendant un temps assez prolongé, entre les mains de Juifs habitant une région située loin du littoral méditerranéen. La connais-

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