‹ Introduction a l'Ancien TestamentChapitre 36 sur 115 · I. II · texte numérisé non relu

I. II

322 ESDRAS-XLKÉMIE, CHRONIQUES

Ce tableau, ou plutôt l'examen comparatif des passages qui y sont indiqués, suggère immédiatement quelques remarques.

i® Il s'en faut de beaucoup que les emprunts faits aux livres Genèse-Rois représentent la totalité du texte des dix premiers chapitres de I Chroniques. Ceux-ci renferment des morceaux plus ou moins étendus qui n'ont pas été puisés dans les livres canoniques antérieurs.

2® Môme là où l'emprunt est manifeste, les données du Chroniste sont souvent plus détaillées que celles des passages parallèles.

3® Il paraît donc probable, et même à peu près certain, qu'en dehors des livres canoniques plus anciens et des sources nominativement citées par le Chroniste, celui-ci a utilisé d'autres documents encore, de nature essentiellement généalogique et statistique. Les archives du temple postexilique peuvent lui en avoir fourni ; d'autres étaient peut-être entre les mains des chefs de familles, spécialement de la tribu de Lévi. Il ne faut pas oublier que les Juifs, comme d'ailleurs maints peuples orientaux, ont altaché dès longtemps une grande importance aux généalogies.

4® Il est impossible de ne pas observer les répétitions qui se rencontrent dans les dix chapitres que nous étudions. On y constate de véritables doublets, la même généalogie étant reproduite deux ou même trois fois. Il se pourrait sans doute que le Chroniste lui-même eût intentionnellement enregistré bout à bout deux ou trois textes parallèles les uns aux autres. Mais il paraît plus naturel d'admettre que, là où se présentent de semblables accumulations, celles-ci proviennent d'adjonctions faites après coup. Il en est parmi ces dernières qui sont tellement tardives qu'elles ne figurent pas dans les Septante.

5® La complexité même et l'inégalité des listes recueillies par le Chroniste réfutent l'accusation, parfois portée contre lui, d'avoir suppléé aux lacunes de ses sources au moyen de son imagination. On a prétendu qu'il avait inventé de toutes pièces certains noms, certaines séries de noms, et même qu'il avait trouvé du plaisir à le faire. Pour peu qu'il en eût été ainsi, et que le Chroniste eût donné libre carrière à ses

facultés inventives, il lui eût été facile de compléter ses tableaux généalogiques et de leur donner un cachet de correction et de bon ordre qui leur fait trop souvent défaut. Le désarroi dans lequel ils se trouvent, les disproportions qu'on y remarque, les vides sensibles qu'ils présentent, tout cela exclut l'idée d'une composition artificielle et fantaisiste.

6'' Il est probable toutefois que les généalogies du Chroniste, telles qu'il les a lui-même rédigées, étaient mieux ordonnées et plus systématiques qu'elles ne nous apparaissent actuellement. Elles ont eu à souffrir d'abord du fait des données complémentaires qui y ont été intercalées, et cela parfois mal à propos. En second lieu les copistes les ont fort maltraitées. Le texte, non pas du livre des Chroniques dans son ensemble, mais bien celui des dix premiers chapitres^ nous est parvenu dans un état des plus défectueux. Il n'y a pas lieu de s'en étonner : les noms propres, soit de personnes, soit de lieux, provoquent bien plus aisément que toute autre chose les erreurs de copie.

7® Les dix chapitres qui nous occupent constituent, d'après le plan du Chronisle, une introduction conduisant le lecteur jusqu'à l'avènement de David. Il semblerait donc que cette première partie ne dût poursuivre la chaîne des diverses généalogies que jusqu'au temps de David et non point au delà. Effectivement, plusieurs d'entre elles présentent ce caractère. Mais il en est d'autres qui descendent beaucoup plus bas, et l'on s'est demandé, non sans raison, si tout ce qui dépasse l'époque de David ne devait pas être considéré comme adjonctions postérieures. On a cru d'ailleurs remarquer que ces prolongements présentaient des indices révélant leur origine plus tardive. Mais peut-être est-ce vouloir attribuer au Chroniste une conception par trop rigoureuse de son œuvre que d'exclure de ses préliminaires tout ce qui anticiperait sur les faits qu'il raconte dans la suite de son ouvrage.

Les observations ci-dessus trouveront leur justification et leur illustration dans l'analyse que nous allons faire des dix premiers chapitres.

§ 405. Le ch. 1 est consacré aux patriarches à partir d'Adam jusqu'à Jacob. Il est permis de se demander si le

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Chroniste avait rintention de donner seulement la lig'ne directe ou bien aussi les branches latérales. Le fait que les y. 11-23 manquent dans les Septante^ permet de supposer qu'ils sont une adjonction. Ce qui concerne les Japhétites et les Chamites (s-io), les Ismaélites et les Kéturéens (29-34*), ainsi que les descendants d'Esaû (35-54)^ doit-il également être <îonsidéré comme étranger au plan du Chroniste et avoir été inséré ici d'après la Genèse par quelque lecteur désireux de compléter des données qui lui paraissaient trop maigres? Cela est bien possible, mais ne peut être prouvé. Dans l'examen de cette question, il convient de ne pas oublier que le Chroniste, très différent en cela des livres antérieurs, ne témoigne d'intérêt que pour Israël à l'exclusion de tout peuple étranger, fût-il de race sémitique et même issu d'un des patriarches.

D'après l'hypothèse ci-dessus la part du Chroniste dans le ch. 1 se réduirait à 1-4, 24-28, 34b.

2 1-2 (les douze fils de Jacob) forme à la fois la conclusion de la généalogie précédente et l'en-tête de toutes celles qui vont suivre. Le Chroniste commence naturellement par la tribu de Juda, dont est sortie la dynastie davidique, et la traite en grand détail (2 3-4 23). On trouve d'abord les descendants immédiats de Juda (2 3-9); puis ceux de Ram (lo- 17), jusqu'à David et à ses neveux. Puis viennent les généalogies des descendants de Caleb et de Jerachmeel. Les Calébites font l'objet de trois listes : 2 18-24, 42-49, 50-55. De ces trois morceaux, celui qui, par sa teneur et son analogie avec les généalogies authentiques du Chroniste, paraît être l'œuvre de ce dernier est 42-49. Ces versets, d'ailleurs, présentent les caractères d'une généalogie proprement dite *. Les deux autres listes semblent être des adjonctions postérieures, destinées à compléter sur des points secondaires les données du document primitif. Il est regrettable que 2 18-24 ait été inséré à la place qu'il occupe; il vaudrait mieux qu'il se trouvât après 50a.

^ Non pas, il est vrai^ dans tous les manuscrits, mais bien d'après la leçon la plus probable.

* Il faut y rattacher les premiers mots de 50 et les traduire : « Ce sont là les fils de Caleb ». Comp. 2 33.

Quant à Jerachmeel, il faut également distinguer entre la généalogie proprement dite, œuvre du Chronisle (25-33), et un complément ultérieur (34-4i),

Les données relatives à Jerachmeel et à Caleb sont toutes puisées dans des sources non canoniques. Il en est autrement de Ram et de sa descendance; à ce sujet le Chroniste trouvait des renseignements dans les Nombres, Ruth et Samuel. La source consultée pour Jerachmeel et Caleb paraît avoir fait de Ram un fils de Jerachmeel. Du reste ces généalogies soulèvent une foule de problèmes, dans le détail desquels il est impossible d'entrer ici.

La péricope énumérant les fils de David (3 1-9) reproduit avec quelques variantes les données du livre de Samuel*. Il est singulier que ce morceau se trouve ici, plutôt qu'à la suite immédiate de 2 10-17, ou bien dans l'histoire de David qui commence avec le ch. 11. Il est possible que ce soit le résultat d'une transposition.

Aux fils de David succède la liste des rois de Juda, qui est naturellement en même temps celle des descendants de David en suivant l'ordre de primogéniture (10-I6). Elle se termine par l'énumération des fils de Josias, de Jéhojakim et de Jéconias, suivie d'un tableau généalogique aboutissant à la sixième ou peut-être même à la onzième génération après Zorobabel (17-24). Est-ce le Chroniste qui a inséré ici la série des rois de Juda, alors que la moitié de son ouvrage est destinée à raconter leur histoire en détail? est-ce lui qui y a ajouté les descendants ultérieurs de la maison royale, dont l'énumération serait mieux à sa place dans le livre d'Esdras- Néhémie? Ou bien avons-nous affaire à des adjonctions postérieures? Quoi qu'il en soit, le texte présente, à partir des fils de Josias, bon nombre de difficultés, que la comparaison avec d'autres passages bibliques similaires est fort loin de faire disparaître.

Avec le ch. 4 recommence un tableau généalogique de la tribu de Juda (1-23). Très peu systématique par lui-même, il

^ Le règne de David à Hébron pendant 7 ans et 6 mois y est mentionné en passant, par inadvertance : le Chroniste le passe sous silence plus loin, là où il devrait en parler.

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a sans doute encore été déformé par les copistes et par des adjoQCtions, Ainsi les v. 2i-23 ne paraissent pas faire partie du plan primitif, car ils sont consacrés à la descendance de Schéla, et celui-ci ne figure pas parmi les fils de Juda au v. i, qui forme la suscription de Tensemble. Le tableau du ch. 4 revient d'ailleurs sur des sujets déjà traités au ch. 2 ; ainsi sur Caleb. Mais ici il est fils de Jephunné (15) et non de Hetsron (2 9, 18), et sa descendance est aussi toute différente. Toutes ces généalogies judéennes se rapportent aux origines mêmes de la tribu de Juda. Mais leur rédaction est influencée par le point de vue postexilique. Les familles mises en évidence sont celles dont les descendants se sont perpétués jusqu'au temps de la restauration et qui ont joué un rôle encore à cette époque tardive. Le morceau 4 5-7 se rattache étroitement à 2 24 dont il est la continuation; on ne sait pourquoi il en a été séparé. Les v. I6-20 peuvent avoir été primitivement précédés des mots : « Fils de Pérets : Jehalléleel et Esdras ».

La tribu de Siméon fait le sujet de 4 24-43. 11 y est parlé non seulement de généalogies, mais aussi de topographie, et la fin de la péricope y ajoute quelques données historiques, rapportées à Tépoque d'Ezéchias.

Le ch. 5 traite des tribus transjordanes, Ruben (1-10), Gad (11-17), Manassé (23-25). Ici encore quelques notes historiques se mêlent aux données généalogiques proprement dites ; il est parlé entre autres d'une guerre avec les Hagaréniens (10, 18- 22) *, et à deux reprises de l'invasion du roi assyrien Tiglath- Piléser, dont le nom est défiguré par le livre des Chroniques, ici (6, 26) comme ailleurs (II 28 20), en Tilgath-Pilnéser; le Chroniste, induit en erreur par son interprétation, très naturelle d'ailleurs, de II Rois 15 19 et 29, présente comme deux personnages distincts Pul et Tiglath-Piléser, qui sont en réalité un seul et même roi*.

I 406. La généalogie de Lévi remplit à elle seule le long ch. 6. Les V. 1-2 se trouvent de nouveau plus loin (I6, 18), à

* Ce terme désigne peut-être les Ismaélites, descendants d*Agar; ce dernier nom devrait s'écrire Hagar. Voir plus haut, I, p. 60, n. 1. ' Comp. plus haut, I, p. 367.

leur place normale dans le tableau général de la tribu. Ils paraissent avoir été placés, par surcroît, en tête du chapitre pour introduire un document spécial consacré à la lignée des grands prêtres issus d'Aaron. Leur liste est poursuivie non seulement jusqu'au temps de David et de Salomon, mais jusqu'à la déportation. La famille sacerdotale de Silo et de Nob, d'Eli à Abiathar, est complètement passée sous silence, ici et dans le reste du chapitre. On ne voit pas non plus figurer dans la série des grands prêtres les noms de Jéhojada et d'Urie qu'on s'attendrait à y rencontrer*. La remarque du V. 10 doit être reportée au v. 9, d'Azaria le petit-fils à Azaria le grand-père. Le Chroniste peut fort bien n'avoir élaboré cette généalogie que jusqu'à Tsadok ou à son fils Achimaats; la suite aurait été rajoutée plus tard. Du reste la comparaison de l'une et de l'autre parties de ce document avec les données de Samuel et des Rois, et même avec celles des Chroniques, révèle d'insurmontables difficultés.

A partir du v. iô, le Chroniste donne la division des lévites en trois branches, subdivisées à leur tour en huit familles. Mais, en fait d'indications généalogiques, il se borne à énoncer, en trois séries, les descendants premiers-nés de chacune des trois branches. L'une de ces filiations aboutit à Samuel, qui, Ephraïmite d'après I Sam. 1 i, est incorporé ici à la tribu de Lévi «.

Les V. 31-47 indiquent la filiation des trois principaux chantres de l'époque de David, Héman, Asaph et Ethan ; les fonctions des autres lévites sont mentionnées sommairement (48) ainsi que celles des fils d'Aaron (49). La lignée des Aaronites jusqu'à Achimaats (50-53) est une répétition de 4-8.

La fin du chapitre (54-8i) reproduit, sous une forme abrégée, le tableau des villes sacerdotales et lévitiques de Jos. 21. 11 y a quelque chose d'inexplicable et, semble-t-il, d'arbitraire, dans la manière dont les abréviations ont été

* Comp. plus haut, I, p. 140, n. 1.

< Le Dom du fils aine de Samuel, Joël (I Sam. 8 2), a disparu du texte de I Chron. 6 38. L'étrange vocable Vaschni signifie « et le second >. Le texte du verset peut être restitué comme suit : « Et les fils de Samuel, le premierné Joël et le second Abija ». Voir d'ailleurs aussi I Chron. 6 33.

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faites. On ne peut d'ailleurs démontrer qu'il faille imputer au Chroniste lui-même Tinsertion de ce document.

Le reste des tribus est traité d'une façon beaucoup plus condensée dans le ch. 7. L'ordre adopté est : Issacar (i-s). Benjamin (6-i2a), Nephthali (i3), Manassé (i4-i9), Ephraïm (20-28), Aser (30-40). Zabulon et Dan sont totalement omis, le premier du moins, car il semble qu'il reste un vestige du second, au v. 12. Les trois premiers noms mentionnés dans ce verset appartiennent bien à Benjamin (Schuppim, Huppim, Ir ; comp. Gen. 46 21, Nombr. 26 39, I Chron. 7 7) quoiqu'ils soient insuffisamment rattachés à la péricope précédente. Mais les mots suivants (i2b) : < Huschim, fils d'Acher » sont évidemment un débris mutilé et presque méconnaissable de la généalogie des Danites ; voir Gen. 46 23, Nombr. 26 42. 11 n'est pas sans intérêt de remarquer que Acher signifie « un autre >.

Nous ne nous arrêterons pas sur Issacar, Aser et Nephthali, sauf pour signaler l'extraordinaire brièveté des renseignements relatifs à ce dernier. Pour Manassé, nous en avons déjà rencontré la mention (5 23-26) parmi les tribus transjordanes. Il semblerait donc qu'il dût s'agir ici des familles composant la demi-tribu occidentale, mais celte distinction ne paraît pas faite d'une façon rigoureuse. La généalogie des Ephraïmites est très courte, mais elle est accompagnée de curieuses indications historiques et géographiques. Le v. 29, qui concerne Manassé, a été machinalement reproduit à la suite du précédent qui est relatif à Ephraïm.

A première vue. Benjamin, malgré l'importance que celte tribu a conservée après l'exil, semble ne pas occuper plus de place dans les tableaux du livre des Chroniques que telle autre tribu à peu près disparue avec la chute du royaume de Samarie, comme Aser ou Issacar par exemple. En effet, la généalogie des Benjamiles, telle que le Chroniste nous la donne (7 6-12), n'occupe pas plus de place que celles des deux tribus que nous venons de nommer, et elle est conçue sur le même plan. Peut-être même le Chroniste n'a-t-il pas eu l'intention de s'étendre davantage sur ce sujet; à cet égard tout dépend de l'origine à attribuer au ch. 8 entièrement

consacré à Benjamin. S'il est Toeuvre du Chroniste, celui-ci est revenu sur un thème déjà traité, en donnant à nouveau, et avec des variantes considérables (8 1-5), la généalogie déjà fournie dans 7 6-ii. Il est plus probable que cette adjonction doit être le fait d'une autre main, et que celle-ci y a ajouté encore les détails circonstanciés, mais tout à fait indéterminés quant à la date, que nous lisons dans 8 6-28.

Le ch. 8 se termine par la généalogie de la famille de Saûl (29-40). II est naturel que le Chroniste ait tenu à la donner en détail, à côté de celles de Samuel, de David et de Tsadok* Mais Ta-t-il de propos délibéré insérée deux fois dans son ouvrage? Elle se retrouve en effet encore dans 9 35-44. Comparés Tun à l'autre, les deux textes se correspondent exactement, mais avec une douzaine de variantes sans importance*» Il n'est pas vraisemblable que le Chroniste soit l'auteur volontaire de cette répétition. Celle-ci s'expliquerait d'une façon plausible dans l'hypothèse suivante. Ce qui sépare les deux morceaux semblables, c'est un tableau statistique des habitants de Jérusalem après le retour de l'exil, renfermant quelques brèves indications sur les hommes de Juda et de Benjamin et s'étendant beaucoup plus longuement sur les diverses subdivisions de la tribu de Lévi. Il n'y a vraiment aucune bonne raison pour supposer que le Chroniste ait voulu insérer ce document, relatif à une époque postérieure, avant le commencement du récit qu'il consacre au règne de David. Il l'a d'ailleurs introduit dans son ouvrage à une autre place, mieux appropriée (Néh. 11). On n'aura donc pas de peine à admettre que ce morceau doive être considéré comme une intercalation dans I Chroniques. Supposons maintenant qu'il y ait eu quelque fluctuation dans la façon dont on lui a assigné sa nouvelle place, et qu'on l'ait mis tantôt avant, tantôt après la généalogie de Saûl. Dans ce cas on s'explique aisément comment, en fin de compte, cette généalogie s'est trouvée reproduite deux fois, avant et après le morceau intercalé.

^ La première des deux péricopes parallèles renferme un appendice, formé de deux versets (8 39-40) qui manquent dans Tautre et qui pourraient avoir appartenu originairement à un autre contexte (comp. 7 10, où il est aussi question d'un Jeusch, descendant de Benjamin).

La comparaison de I Chron. 9 1-34 avec Néh. 11 3-24 indique clairement que nous avons affaire à deux extraits, assez différents et indépendants l'un de l'autre, d'une source commune. Dans les Chroniques on trouve des détails en abondance sur les lévites remplissant les fonctions de portiers ou d'autres emplois subalternes. En revanche le passage relatif aux chantres a disparu, et il n'en est resté que la conclusion (33): « ce sont là les chantres... etc. >. On pourrait toutefois supposer que le v. 33 devrait suivre immédiatement les V. 14-16; ceux-ci, dans ce cas, se rapporteraient aux chantres.

Le ch. 10, le premier morceau narratif que nous rencontrions dans notre analyse, forme la transition naturelle entre l'histoire des temps anciens, dont le Chroniste ne donne que le squelette sous forme de généalogies, et celle du règne de David, qu'il expose avec beaucoup d'ampleur. Ce chapitre, dans ses douze premiers versets, reproduit à peu près textuellement I Sam. 31. Quelques-unes des variantes que présente le texte des Chroniques peuvent être des modifications intentionnelles. Le retranchement de la phrase (I Sam. 31 lOb) relative au cadavre de Saûl suspendu aux murs de Beth- Schean rend incompréhensibles les versets suivants, maintenus pourtant par le Chroniste. Celui-ci ajoute (13-14) au récit qui précède un jugement sévère sur Saûl, motivant le transfert de la royauté à David.

Seconde partie : Le règne de David (I 11-29). |407. Comparez dans I Chroniques:

avec

11 Sam

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