CHAPITRE IL
ArEllÇU SUH LES MOYENS GRArHIQUES EMPLOYES PAR LES DU'- EÉRENS PEUTLES de la terre , ANCIENS ET MODERNES.
<c Quoi qu'on en veuille dire , les premiers élémens de l'invention de récriture , dit le président de Brosses, ne sont dus ni à une méditation suivie, ni aux regrets de l'absence, ni au besoin de transmettre au loin ses paroles. L'homme aurait plutôt cru qu'il lui était possible de voler dans les airs , que d'imaginer qu'il lui était possible de transporter et dé fixer sa parole loin de lui, hors de lui et sans lui. L'esprit humain ne lait pas tout d'un coup de si grands pas : il pose par hasard.
APERÇU SUR LES MOYENS GRAPHIQUES , CtC. 69
OU par nécessite, une petite pierre à rcdifîce de ses connaissances, et quand il est monte dessus, il s'aperroit qu'il peut en poser une autre, et monter un peu plus haut. )) Que d'essais no lui a-t-il pas fallu pour s'élever de la peinture simple et isolée des objets, des entailles sur le bois et des cordons noués, jusqu'à cette sublime conception des alphabets proprement dits , qui, moyennant un très petit nombre de signes, peuvent exprimer tous les sons susceptibles par ce moyen d'être fixés d'une manière permanente, et d'être transmis à la postérité la plus éloignée!
Lorsqu'on analyse les difTérens moyens graphiques employés par les peuples pour exprimer leurs idées , on trouve qu'on peut les réduire aux sept classes suivantes, qui forment autant
de systèmes difïérens d'écriture.