ADDITIONS A L INTRODUCTION
derniers sont exacts ou s'éloignent très peu de rcxactitude , quoique ni Tun ni l'autre des deux nombres extrêmes ne le soit absolument. De même , une trentaine de roots bien choisis > quelque imparfaite que soit leur orthographe , quelque défigurées que soient leurs formes grammaticales par l'agrégation de rarticle ou des pronoms possessifs, suffisent toujours pour déterminer avec assez d'exactitude la souche à laquelle appartiennent les nations que Ton veut classer d'après la langue qu'elles parlent, surtout lorsqu'il s'agit d'idiomes très difïé-' rens les uns des autres. P^oj. à la page cxxxij.
Pénétré de cette vérité , et convaincu de l'impossiHlité ou Ton est à présent d'éviter toutes les méprises inséparables dans la rédaction de semblables collections , nous nous sommes épargné des peines inutiles, et, sur les traces d'un grand philologue ( F^oj. à la page xcviij ) , nous leur avons dojné la valeur qu'elles méritent. Nous ne les avons donc admises dans notre Allas que comme autant de jalons qui peuvent servir de guide au voyageur et au philologue dans leurs recherches respectives.
• On ne peut se former une idée des peines infinies et de la perte considérable de temps que nous a coûté la rédaction de cette petite partie de notre ouvrage. Il nous a fallu , par exemple , parcourir attentivement tout le vocabulaire madécasse français, encore manuscrit, rédigé par feu M. Chapellier, et dont nous devons la communication à l'obligeance de M. P. Lesson, pour y puiser le peu de mots que nous avons donnés dans le prétendu dialecte de Tamatave (^gS), et nous avons feuilleté la grammaire manuscrite du même auteur pour y trouver les noms des dix premiers nombres. Nous avons du lire attentivement tout le catéchisme pruczc , pubhé par M. Vatcr, pour donner le vocabulaire si incomplet (189) que nous offrons de cette langue. Il nous a fallu enfin recueillir un millier environ de vocabulaires pour donner ceux que coutieane-ut nos cinq tableaux polyglottes.
ADDITIONS A l'iNTRODL'CTION. 889
Mais, si nous nous sommes donné tant de peine pour suivre les conseils de quelques savans , qui nous représentaient l'utilité d'une semblable collection pour les progrès de la linguistique ; si nous avons entrepris un travail aussi aride et fastidieux pour céder aux instances réitérées de quelques-uns de nos savans amis, nous avons reculé devant la seule idée d'analyser tous ces vocabulaires sous le double rapport de leurs formes grammaticales et de leur orthographe.
Accoutumé depuis long-temps à n'envisager les recliercbcs scientifiques que sous le seul point de Vue de leur utilité positive , nous n'avons pu et n'avons pas voulu en entreprendre d'une autre nature , et faire violence à nos goûts pour n'arriver en définitive qu'à un résultat borné, d'un médiocre intérêt et d'une utilité contestée. Nous nous sommes , en conséquence , contenté de donner nos vocabulaires aussi exactement que nous le pouvions, en les puisant aux meilleures sources, en les copiant fidèlement des ouvrages 011 nous les trouvions , et en en corrigeant nous-méme les épreuves avec le soin le plus minutieux.
Content d'avoir rempli notre tâche 9 nous déclarons solennellement que nous n'entendons et ne voulons plus perdre notre temps à nous occuper de semblables discussions ; nous espérons d'ailleurs avoir offert dans notre Atlas assez de choses importantes et de rapprochemens nouveaux et féconds en résultats utiles , pour que tout lecteur puisse nous pardonner quelques fautes qui pourraient nous éti-e échappées dans les vocabulaires, soit dans leur rédaction primitive, soit dans leui* révision.
Nous terminerons ces observations en renouvelant cos remercîraens à M. Rugendas pour la communication qu'il a bien voulu nous faire, et eu lui exprimant nos vifs et sincères regrets de ce qu'elle a donné lieu à'dcs remarques critiques sur les vocabulaires qu'il nous a si généreuscmeut communiqués. Celte attaque jnaltcudue ne doit ni le décourager, ni l'empéchcr de
Zgù ADDITIONS A LINTRODUCTION.
publier les autres. M. Rugendas a trop d'esprit et trop d'instructiou pour ne la pas apprécier convenablement , et pour ignorer que de semblables méprises ont été déjà reprochées à des voyageurs célèbres et aux plus savans navigateurs.