CHAPITRE XV
HISTOIRE SE I.'E]VTOMOZ.OGIE (i)
L'entomologie est aussi ancienne que les autres branches des sciences naturelles; dès que l'homme eut goûté du miel déposé dans les cavités des arbres par les Abeilles, qu'il eut été témoin des ravagesdes sauterelles,
(l) Consultez sur ce sujet Latreille, Cours d'entomologie, i83o — Kirby et Spence, Introduction to entomotogy, tom. IV, lettreXLVIII- — Duméril, Considérations générales sur les Insectes, )n-8. i8i5. — Burmeister , Handbuch der entomologie, tom. 1 , § SS^ et suivans. — Gravenhorst, Dissertatio sistcns conspectum historiœ entoniologiœ, imprimis systematum entomologicorurn , in-4. Helmstadii , 1801. — Spix , Geschichte und Bturtheilung aller System in der zoologie , etc., in-8. Nuremberg, i8ii. — Eiselt, Geschichte, Systematik und litteratur der Insektenkunde , in-8., Leipzig, i836, etc.
620 HISTOIRE D£ l'eiSTOMOLOGIE.
et qu'il eut senti la piqûre des cousins , il dut porter son attention sur les Insectes. Les plus remarquables d'entre eux reçurent alors des noms qui étaient purement génériques , comme ceux que le vulgaire emploie encore aujourd'hui , et que la tradition transmettait d'une génération à l'autre. Le nom d'Insecte s'appliquait en même temps presque à tous les animaux invertébrés terrestres de petite taille , et il a fallu une longue suite de siècles , et les travaux d'une foule de naturalistes , pour que la classe fût circonscrite telle que nous la voyons aujourd'hui.
Cet immense intervalle de temps peut se partager en plusieurs périodes d'une étendue d'autant plus courte , qu'on se rapproche davantage de l'époque actuelle , et chacune de ces périodes peut également recevoir le nom de l'homme qui l'a le plus illustrée par ses découvertes, et lui a en quelque sorte imprimé son cachet. Ces dénominations ne doivent cependant pas être prises trop à la lettre , car souvent cet homme a des rivaux de gloire , et plus souvent encore il ne rallie pas autour de lui toutes les opinions ; mais elles soulagent l'esprit , et sont en même temps un hommage rendu aux beaux génies auxquels la science doit ses progrès.
Quoique l'anatomie et la physiologie entomologiques , ainsi que l'observation des mœurs et des meta* morphoses, n'aient pas avancé en général du même pas , ni par les mêmes hommes que la partie systématique , et qu'on pût examiner ces deux branches de la science à part , nous croyons devoir les réunir dans ce simple aperçu , en nous étendant en outre plus sur la seconde que sur la première.
HISTOIRE DE l'eNTÛMOLOGIE. Gai
§ I. Depuis l'antiquité la plus reculée jusqu'à la renaissance des lettres. — Période d'jiristote.
Les monumens les plusauthentiqueraent anciens que nous possédions, la Bible et les restes des travaux des Egyptiens nous montrent les progrès qu'avait faits l'entomologie dans ces temps reculés. Des Insectes de tous les ordres , excepté celui des Névroptères , sont mentionnés dans l'Écriture-Sain te, ainsi qu'on le voit dans Bocli;irt (1). Moïse paraît même, ainsi que l'a rendu très-probable le savant M. Liclistentein (2), avoir distingué des genres très-voisins les uns des autres, les Qryllons , les Locustes , les Truxales , et les achètes; ce qui implique que cette distinction était familière au peuple juif à qui il s'adressait, sans quoi* il n'eût pas été compris. Latreille (3) a retrouvé, peints ou sculptés, sur les monumens de l'Egypte, plusieurs Insectes des genres AteucJius , Sphex , Abeille, sans parler de quelques Crustacés et Arachnides , et il a expliqué les idées qu'y attachait ce peuple , pour qui tous les objets de la nature se convertissaient en symboles. Ces idées même supposent une connaissance assez précise des mœurs et de l'organisation de ces animaux. Mais tout cela n'est pas encore de la science ; et , pour voir l'entomologie prendre une forme arrêtée , il faut se transporter en Grèce , et arriver à Aristote , dont les écrits peuvent être considérés comme
(i) Hierozoïcon , tom. II, liv. 4-
(2) Transactions of the linnetin soa'eiy, totn. IV, p. 5t. ■
(3) Des Insectes peints ou sculptés sur les monumens nntiqjies de l'Egypte. Mémoires d'histoire naturelle, p. i45-
rericyclopédie de tout ce que l'anlicfuité a connu de cette matière.
Aristotc n'a donne nulle part un sj'stèmede zoologie dans le sens qu'on attache actuellement à ce mot. Prenant son sujet de haut , il le divise en plusieurs parties basées sur l'organisation et les fonctions ; puis, en traitant chacune d'elles , il rapporte ce qu'il sait de tous les animaux qu'il connaît. Son Histoire des Animaux est ainsi divisée en huit livres, et les livres I, IV, V, YIII, IX , sont les seuls où il soit fait mention des Insectes ; ce n'est qu'en réunissant les faits qu'ils contiennent qu'on parvient à saisir l'ensemble de ses idées à leur sujet.
Les animaux sont d'abord divisés en deux grandes sections correspondant à celles des vertébrés et invertébrés des naturalistes modernes : les Enaïma, qui ont du sang , et les Aneïnia , qui en sont dépourvus. Ceux-ci sont partagés à leur tour en quatre sections ou classes ; les Malachia , ou Cépholopodes ; les Ma!acostraca , ou Crustacés ; les Ostracoderma , ou Mollusques testacés , et les Entoina , ayant le corps divisé par des incisions plus ou moins complètes. Cette dernière classe comprendrait ainsi les Annélides , et la plupart des vers de Linné ; mais ailleurs (1) Aristote en exclut positivement les Apodes , de sorte que ses Entoma correspondent à peu près aux Articulés de Cuvier, moins les Annélides et les Crustacés. Par suite de l'exclusion de ces derniers, la classe se trouvait mieux limitée que dans Linné, et tous les naturalistes du siècle dernier. Les notions qu'avait ce grand homme sur l'organisation, tant externe qu'interne de ces animaux , étaient égale-
(i) L. IV, c. 6.
HISTOIRE DE L, ENTOMOLOGIE. GaS
ment assez étendues , quoique mélangées de beaucoup d'erreurs. Ainsi , il remarque que leur corps se divise en trois portions principales : la tête, le tronc et l'abdomen (1. IV , c. G ) ; qu'ils n'ont ni arêtes ni os , que leur corps se soutient par sa solidité naturelle (1. IV, c. 1 et 7 ) , et qu'ils ont tous plusieurs pieds (1. IV, c. G). 11 avait reconnu le canal intestinal de quelques-uns d'entre eux , et il dit qu'il est droit chez les uns et flexueux cliez les autres (l). Il savait qu'ils meurent quand on les frotte d'huile (1. VIII, c. 27), et connaissait leur hibernation (1. VIII, c. 14). Les détails étendus dans lesquels il entre sur les Abeilles (1. IX , c. 64 et suivans), ont été confirmés pour la plupart par les observateurs modernes. D'un autre côté, il refusait à ces animaux du sang-, des viscères , sauf dans quelques cas , et la faculté de respirer , quoiqu'il eût proclamé le premier ce grand axiome physiologique que nous avons déjà cité, à savoir « que l'air est indispensable à la vie comme à la flamme. » Quant à leur reproduction, il les fait naître presque tous par voie de génération spontanée. Les Phalanges , les Araignées, les Criquets et les Cigales , sont les seuls qui proviennent d'animaux semblables à eux. Les autres naissent des feuilles , du bois , de la boue , du fumier , des excrémens des animaux , etc. Il en est même qui se forment dans la rosée, le feu et la neige ancienne. Aristote savait cependant que les Insectes s'accouplent, mais il regardait cet accouplement, tantôt comme n'étant suivi d'aucun résultat, tantôt comme donnant naissance à
(i) Il est probable, ainsi que le pense Camus ( tom. H, p. 454' de sa truduction de l'Histoire des animaux), que, par ce vaisseau droit allant de la tête à l'anus , Aristote entend le vaisseau dorsal, qu'il ne pouvait guère ne pas avoir observé chez les chenilles.
62^ HISTOIRE DE l'eNTOMOLOGIE.
des vers q;ui ne produisaient rien , quoiqu'il dise que tous les Insectes naissent de vers. Ces idées bizarres ont été universellement adoptées pendant dix -huit siècles.
Quant à la classification , on en trouve à peine quelque trace dans VHistoire des animaux. Les Insectes n'y sont nommés que génériquement , et sont en tout au nombre de quarante-sept (1) ; mais Tabsence de toute description rend très-difficile de déterminer auxc[ucls de nos genres actuels ils correspondent. On peut consulter à ce sujet une savante dissertation de Latreille (2). Les groupes supérieurs aux genres sont aussi vaguement indiqués pour la plupart. Aristotc appelle les Insectes en général , Ptilota , quand il les oppose aux oiseaux , et ceux d'entre eux qui sont ailés Pterota , pour les distinguer de ceux qui sont aptères. Il semble aussi avoir entrevu la distinction de ces animaux en brojeurs et suceurs , car il remarque que quelques-uns ont des dents et sont omnivores, tandis c[ue les autres, qui n'ont qu'une langue, vivent de substances fluides (3). Voici, du reste, cpielle serait, suivant MM. Kirby et Spence (4), sa classification, telle qu'on peut la déduire des indications éparses dans ses ouvra ses :
(i) Camus, traduction de ÏHist. des anim., tom. II, p. i et suiyantes.
£(2) Cours d'entomologie , i83o.
(3) Livre VIII, ch. II.
(4) Introduction to entomclogy, lom. IV, p. 433.
'Coleoptera.
Pedelica: Orthoptères sauteurs, Lafr.
Astomata : Hémiptères , Latr.
iPsychae : Lépidoptères .
fPterota
b1 \ / majora : Névroplères , Lin.
Plilota. JTetrnptera < Orthoptères coureurs, Lalr.
Insecta
1 Diptera |
opisthocentra : Hyménoptères.
minora : Mouche , Tipule.
emprosthocenlra : Cousin , Stoinoxc , Taon.
Pterota simul C Myrmex : Fourmi.
et Aptera.'l Pygolampis : Lampyre.
\Aptera.
Les connaissances en tomologiques d'Aristote étaient, comme on le voit, assez imparfaites. Elles n'en sont pas moins étonnantes , en ce qu'elles montrent que son génie avait tout embrassé dans le monde matériel , comme dans le monde intellectuel , et l'on conçoit même à peine comment , au milieu de ses immenses travaux en tous genres , il a pu faire des observations aussi nombreuses sur des animaux alors généralement méprisés.
Les Insectes sont aussi mentionnés accidentellement dans les écrits de Téophraste , le disciple et le successeur d'Aristote.
Les sciences naturelles furent , comme on sait, trèspeu cultivées chez les Romains , peuple que son génie portait à n'envisager que le côté positif des choses. Les Abeilles , qui formaient une partie importante de l'économie rurale à cette époque où le sucre n'était pas connu , étaient presque les seuls Insectes qui attirassent leur attention. Virgile les a chantées dans ses Géorgiques , et le célèbre épisode d'Aristée est dans la mémoire de tout le monde. Ovide en parle souvent
INTR. A l'entomologie , TOME II. l\o
6a6 HISTOIRE DE l'êNTOMOLOGÎË.
aussi dans ses Métamoi^phoses , et Columelle ainsi que Varron donnèrent des préceptes sur la manière de les gouverner. Pline a conservé les noms de quelques Grecs qui s'étaient occupés spécialement de ces Insectes; il nous apprend qu'Antimachus, de Soli en Cilicie, avait employé cinquante-huit ans de sa vie à étudier leurs mœurs , et que Pliiliscus de Thrace avait passé sa vie entière au milieu des forêts dans le même but ; nous savons aussi par lui qu'Apollodore avait composé une monographie des scorpions, dans laquelle étaient décrites neuf espèces (i).
C'est à Pline lui-même , qui vivait dans le premier siècle de Tère chrétienne , que les Romains doivent en quelque sorte de ne pas figurer parmi les nations qui n'ont rien fait pour les sciences. M;\is son principal mérite est d'avoir, pour ainsi dire , dressé l'inventaire de ce qu'elles étaient de son temps dans l'immense compilation , qu'il avait intitulée Historia inundi ^ et qui ne nous est parvenue qu'en partie. Le XI'", livre est en grande partie consacré à l'entomologie, et presque entièrement tiré d'Aristote, dont Pline s'écarte cependant sur un point important , en ce qu'il paraît disposé à admettre la présence du sang chez les Insectes, ou du moins de quelque chose d'analogue (2). Il ajoute presque partout aux erreurs du philosophe grec en recueillant toutes les opinions populaires qui avaient cours de son temps. De classification il y en a moins encore dans son ouvrage que dans ceux d'Aristote. Pline a surtout bien mérité de l'entomologie en consa-
(i) Hist. nat., liv. XI, c. 25.
(2) Sanguinem non esse his ( Insectis ) fateor, sicut ne terrestribus qiiidetn cunctis, verum simile quiddam, Liv. XI, p. S^g, édit- L^maire.
HISTOIRE DE l'enTOMOLOGTE. 62J
crant à sa défense l'éloquent début du livre en question , réponse victorieuse aux attaques de Tignorance.
Après lui , le' dernier auteur ancien digne de mention est iElien, presque son contemporain. Dans son traité de la Nature des animaux se trouve mentionné pour la première fois le viviparisme des Scorpions (1). Il nous apprend encore cet autre fait assez curieux , que les pécheurs de son temps se servaient , comme ceux du nôtre, d'Insectes artificiels pour attirer les poissons (2) , ce qui suppose des observations assez précises sur les mœurs de ces deux classes d'animaux.
Pendant la longue agonie de l'empire romain et la durée du moyen âge , l'entomologie partagea le sort des autres sciences naturelles ; elle fut oubliée , ou les écrivains qui s'en occupaient se contentaient de copier Aristote sans faire de nouvelles découvertes. Dans ce long intervalle de temps , nous ne voyons guère de dignes d'être cités qu'Isidore de Séville , évéque d'Hispala , qui, au septième siècle, composa un traité de l'Origine et des ét/ymologies des choses , que l'on consulte encore quelquefois ; et , au treizième siècle , Albert le Grand , qui , des vingt-et-un volumes in-folio qui composent la totalité de ses œuvres , en consacra un à l'iiistoire naturelle. Les Insectes y sont mentionnés alphabétiquement dans le XX VP. livre , qui porte pour titre : yïnimalia sanguineni non habentia. Ce qu'il en dit est entièrement extrait d'Aristote , ainsi , du reste, qu'il l'avoue lui-même.
L'influence de ce grand homme se fit ainsi sentir
(r) De natura aniinaliuni) liv. VI, C 20. {2)/d., liv. XV, c. I.
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sans partage pendant près de dix-sept siècles ; on ne vit crue ce qu'il avait vu , et les sciences restèrent ce qu'il les avait faites. Nous allons voir que cette influence s'étendit jusque dans la période qui va suivre.
§ II. De la fin du quinzième au milieu du dix-septième siècle. ' — Période de Gesnev.
Deux événemens qui eurent lieu presque simultanément vers le milieu du quinzième siècle , la prise de Constantinople par les Turcs , et l'invention de l'imprimerie, donnèrent l'éveil à l'Europe, encore plongée dans les ténèbres du mo^^en âge. Les savans grecs, échappés à la ruine de leur patrie , apportèrent avec, eux en Occident des lumières inconnues à nos ancêtres; l'imprimerie les répandit rapidement , et l'étude de l'antiquité devint bientôt une passion dont nous pouvons à peine nous faire une idée de nos jours. Mais cette passion même eut pour effet de retarder momentanément l'essor des sciences naturelles. Dans l'enthousiasme qu'inspiraient les anciens , et surtout Aristote , on crut que tout était contenu dans leurs écrits , et on se borna à y étudier la nature en la négligeant elle-même. Cette marche, du reste , était naturelle ; avant de penser par lui-même , tout homme commence par avoir des maîtres dont il adopte aveuglément les opinions. 11 naquit ainsi peu à peu une sorte de zoologie philologique basée sur une érudition immense, mais dans laquelle l'observation n^en trait presque pour rien. Tel est le caractère dominant des auteurs de cette période, chez qui on observe cependant déjà une tendance plus ou moins prononcée à classer les objets dont ils s'occupent. Elle est aussi remarquable par l'application de la gravure à l'histoire naturelle.
HISTÔIKE DE L ENTOMOLOGIE. 6^9
Le premier essai de classification entoraologique fut tenté par Edward Wotton , dans son Traité des difïérences des animaux (1); mais cet essai est tellement informe qu'il ne doit pas nous arrêter.
A cette époque des hommes , même étrangers à l'entomologie , tels que Mathiole (2), Georges Agriola (3)^ et Jean Bauhin (4) , s'en occupaient accidentellement dans leurs ouvrage ^.
Mais l'auteur qui domine toute cette période est Conrad Gesner (né en 1516 , mort en 1558) , à qui ses immenses travaux dans toutes les branches de l'histoire naturelle ont valu à juste titre le nom de Pline moderne. Quoique ce qu'il a écrit sur l'entomologie ne forme qu'une minime partie de ses œuvres , il n'en mérite pas moins l'honneur de donner son nom à la période dans laquelle il a vécu , et dont il est le plus illustre représentant. La mort l'enleva avant qu'il eût terminé l'ouvrage qu'il préparait sur les Insectes. Les notes qu'il avait rédigées à cet efïet tombèrent entre les mains de Wotton , dont il a été question plus haut , qui les envoya à Thomas Penn , botaniste et médecin anglais célèbre de cette époque. Celui-ci, après avoir passé quinze ans à les compléter, mourut avant d'avoir rempli cette tâche. Moufflet , son compatriote, acheta ces manuscrits à un prix très-élevé , les mit en ordre, corrigea les défauts du style, et s'apprêtait à les pubher, lorsqu'il mourut lui-même. Long -temps après son ouvrage fut tiré de la poussière où il était enseveli , par
(i De differentiis animalium .Wh'cW. Lutetiae, i552.
(2) Dans son Commentaire sur Dioscorides. Venise, i683.
(3) De animalibus subterrancis . Bâle, i549-
(i^) Historia novi et admirabilis fontis battteique Bollensis in ducatii ff^itfembergii, etc. Montisbeligardi, iSgS.
6io HISTOIRE DE l'eNTOMOLOGIE.
Théodore de Mayerne , l'un des médecins de la cour de Charles I" , qui le mit enfin au jour sous le tire de : Jnsectorum sive minimoruni animalium theatrum, etc. (1) , en y ajoutant une préface , de laquelle les détails qui précèdent sont extraits. Cet ouvrage est orné d'environ 500 figures gravées sur bois et insérées dans le texte , toutes grossières et à peine reconnaissables. L'absence de classification y est complète , et l'érudition immense. Il n'est plus guère consulté aujourd'hui , et n'est remarquable que comme ayant été le premier travail consacré aux Insectes exclusivement.
Ulysse Aldrovande (né en 1522, mort en 1605), noble de Bologne , le plus infatigable compilateur qui ait jamais existé , sur les 14 volumes in-folio qu'il a composés sur l'histoire naturelle, en a consacré un aux Insectes , qui parut de son vivant (2). Il y établit une classification qui n'est guère supérieure à celle de Wotton , et dans laquelle se trouvent confondus , sous le nom d'Insectes , des invertébrés des classes les plus disparates, comme on peut le voir dans le tableau suivant :
(i) Petit in-folio. Londres, i634.
(2) De animalibus Insectis, libri VII, in-fol., Bononiae, 1602.
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