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Régions propres au nouveau continent

24° U Amérique du nord.^ anglaise et russe , bornée au nord par le cercle polaire, au sud parles grands lacs du Canada, et par une ligne prolongée à l'ouest jusc[u'aux îles Aleutiennes inclusivement. Région trèsanalogue à sa correspondante dans l'ancien continent. Ce sont les mêmes genres et souvent les mêmes espèces. Elle présente cependant au Canada quelques gen-

(i) Voyez 13oisduval, Faune de Madagascar, Maurice j Bourbon, P- 9-

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res remarquables qui lui sont propres, tels que les Scaphinotus et les Sphœroderus , qui représentent nos Cychnis. Les îles Aleu tiennes , dont Eschsclioltz seul a fait connaître un peu les productions entomologiques, n'ont guère fourni que quelques Carabiques sans une seule forme nouvelle. La grande île de Terre-Neuve doit être comprise dans cette région.

25^ Les Etats-Unis ^\is,c^'ixn Mississipi et le Missouri à l'ouest , et le golfe du Mexique au sud. Région moins riche que sa situation géographique ne le ferait croire. Les Coléoptères y dominent et présentent un mélange de formes européennes et intertropicales. Aussi on y retrouve des Phanœiis à côté des Geotrupes, des Râtela à côté des Meloloutha , des Gjmnetis à côté des Cetonia, etc. Les plus saillans de ses genres propres dans cet ordre sont les Pasimachus et les Dicœlus. Les Lépidoptères, surtout les diurnes, y sont singulièrement peu nombreux; on connaît à peine 80 espèces de ces derniers, dont beaucoup se retrouvent au Brésil et quelques-uns en Europe ; mais cette région possède un groupe particulier et très-remarquable de Papilio ( P. Troilus , Asterias , Glaucus , Calchas , Philenor, F^illersii), dontles analogues n'existent qu'au Mexique et aux Antilles. Parmi les nocturnes , on remarque surtout de belles Saturnia et des yigarista, genre dont la patrie spéciale est la Nouvelle-Hollande. Les autres ordres, autant qu'on en peut juger par les ouvrages de Say, sont également médiocrement riches.

26° La région des montagnes Rocheuses , bornée à l'est par le Missouri et le Mississipi , à l'ouest par le Grand-Océan, au nord par le nouveau Hanovre, au sud par la vieille Californie. Région très-peu connue , qui dans ses parties septentrionales a beaucoup de rap-

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port avec l'Europe, et qui paraît très-riche en Mélasomes dans sa partie sud. Le plus remarquable de ses genres propres est le genre Onius , de la tribu des Gicindelètes qu'Eschscholtz a découvert dans la Nouvelle-G.ilifornie .

27° La uieills Californie, le Mexique gI Y Amérique centrale jusqu'à l'isthme de Panama. Région qui pourrait être subdivisée en deux au moins. La Californie , presqu'île aride, paraît avoir une foune entoraologif|ue spéciale , dans laquelle dominent les Mélasomes. Le Mexique proprement dit présente tous les climats et toutes les espèces de végétations, depuis les terres chaudes [tierras calientes) ^ qui lui forment une zone de quelques lieues de largeur sur les deux Océans , jusqu'aux terres froides [tierras frias) où régnent des neiges presque perpétuelles. On n'a encore guère exploré que le littoral du golfe du Mexique, qui est extrêmement riche , et présente , outre beaucoup de genres propres , une foule d'espèces rentrant dans les genres du Brésil et de la Guyane. L'Amérique centrale est à peine connue.

28° Les Antilles. Cet archipel, étendu en arc entre l'Amérique du nord et celle du sud, tient à la fois de toutes deux par son entomologie. On y retrouve beaucoup d'espèces de la côte ferme et des Etats- Unis ; mais les grandes îles ont aussi leurs Insectes propres. On n'a, par exemple, encore trouvé les Papilio Lycoreus et Imerius qu'à Haïty : la Nyniphalis Rogeri qu'à Guba ; le Scarahœus Hercules existe dans la plus grande partie de l'Archipel , etc. Les petites îles paraissent au contraire très-pauvres. La découverte la plus intéressante qu'on ait faite de nos jours dans cet Archipel est celle d'un véritable Carabus, qui a été trouvé dernièrement à Porto-Rico.

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29" La uallée du rio Magdalcna et. celle du lac de Maracaybo ^ en y comprenant les Andes qui les séparent. Cette région, explorée depuis peu , est trèsriche en Coléoptères. Ses espèces, quoique appartenant en général aux mêmes genres que celles de la Guyane, sont toutes différentes. Dans le nombre figure un Scarabceus, aussi grand que V Hercules et qui en est voisin, mais bien distinct. On n'a encore trouvé que là le beau genre Psalidognathus. Ses Lépidoptères ont quelque affinité avec ceux des Antilles , mais beaucoup lui sont exclusivement propres.

30° La province de Caraccas depuis la mer des Antilles jusqu'à l'Orénoque au sud. Nous n'eu connaissons que quelques Lépidoptères, qui sont bien distincts de ceux de la Guyane. Les Llanos, qui s'étendent au sud , sont inconnus sous le rapport entomologique, mais doivent être très-pauvres.

31° La Guyane, en comprenant sous ce nom toute la portion de territoire comprise entre l'Orénoque, le Rio Negro, le fleuve des Amazones et la mer. Région explorée seulement sur les côtes , très-riclie en Lépidoptères et Hyménoptères, mais inférieur au Brésil pour les Coléoptères : ses espèces ont la plus grande analogie avec celles de ce dernier pays , mais près des trois quarts lui sont propres.

32° Le Brésil oriental , limité à l'ouest par le rio Tocantin et le Parana, et au midi par la province de Rio-Graude du sud, qui n'y est pas comprise. Cette région pourrait être divisée en autant de sous-régions c[ue ses principaux fleuves comptent debassins. La lisière entre l'Océan et la Sierra de Mantiqueira , est le plus riche pays du globe pour tous les ordres d'Insectes, mais surtout pour celui des Coléoptères.

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33° Le Brésil occidental, limité par l'Amazone au nord , le Pérou et Bolivia à l'ouest , le Paraguay au sud , la région précédente à Test. Cet immense territoire est à peu près inconnu entomologiquement parlant.

34° Le Pérou avec ses limites politiques actuelles. Toute la partie de cette région , comprise entre les Andes et l'océan Pacifique, est extrêmement aride , sauf dans quelques vallées, et parait riche surtout eu Mélasomes. Les Andes elles-mêmes et les pays à l'est sont inconnus.

35" Le Haut-Pérou ou Bolii^ia. Nous n^'^vons jamais vu de cette région que les collections assez riches faites par M. d'Orbigny, dans la province de Santa- Crux-de-la-Sierra. Les Coléoptères et les Lépidoptères ont un faciès entièrement brésilien. Beaucoup d'espèces même sont identiques, les unes avec celles des environs de Piio - Janeiro , les autres avec celles de Cayenne. Les espèces propres au pays consistent surtout en Mélasomes.

36° Le Paraguay , le Brésil méridional et la Banda-Oriental. Tout en ayant le plus grand rapport avec les Insectes du Brésil , ceux de cette région en diffèrent en général spécifiquement, surtout à mesure qu'on se rapproche de la Plata ; déjà dans la province de Rio-Grande on trouve une foule d'espèces inconnues aux environs de Rio-Janeiro , quoiqu'appartenant aux mêmes genres.

37° Le Tucuman , limité au nord par le Haut- Pérou, au sud par une ligne parallèle au 35° lat. S., à l'est par la région précédente et Buenos - Ayres , à l'ouest par les Andes. Cette région est la véritable patrie des Mélasomes en Amérique, et notamment des

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Nyctelia et genres voisins. Elle le doit à son sol aride , sablonneux , salin , qui offre ces caractères à un degré d'autant plus prononcé cju'on se rapproche davantage des Andes. Après la famille en question , les Carabiques y dominent. Les Lépidoptères y sont très -peu nombreux, et n'offrent rien de remarquable.

38° Buenos- Ayres , depuis les bords de la Plata jusqu'à ceux du Rio-Negro en Patagonie , par les 42° lat. S. , et environ deux cents lieues à l'ouest de l'Atlantique. Nous distinguons cette région de la précédente attendu les caractères particuliers de son sol , qui est en général argileux et couvert d'herbe pour toute végétation. Aussi les Insectes y sont-ils en trèspetit nombre. Pendant un long séjour à Buénos-Ayres, nous n'avons recueilli , dans un rayon de 40 lieues autour de cette ville, qu'environ 300 Coléoptères. Les Carabiques y dominent comme en Europe , et les Mélasomes ne consistent qu'en c[uelques Scotobius. On n'y rencontre pour tous Lépidoptères que quelques Pieiis , Colias et Vanessa. Les formes inter tropicales y sont cependant encore représentées par deux ou trois belles espèces de Phanœiis , et un petit nombre d'autres genres.

39° Le Chili, avec ses limites politiques actuelles et y compris les Andes. Quoique touchant le Tucumaudont elle n'est séj)arée que par les Andes , cette région en diffère beaucoup sous le rapport de l'entomologie. Les Mélasomes y sont aussi nombreux , mais représentés par d'autres espèces. C'est la patrie du genre Chiasognathus, l'un des plus remarquables de Tordre des Coléoptères. On y retrouve aussi quelques formes équatoriales , telles que des Pyrophoriis , Heliconia^ Castnia, etc.

HISTOIRE DE LENTOMOLOGIE. 6lC)

40° La Patagonie depuis Buénos-Ayres , le Tucuman et le Chili au cap Horn. Région absolument inexplorée. FaLricius a décrit cependant quelques Carabiques de la Tcrre-dc-Feu ; mais les entomologistes actuels ne les connaissent pas.

En faisant la récapitulation de ces régions, on voit que ik sont situées dans l'hémisphère boréal en dehors des tropiques, 19 entre ces derniers et 7 dans l'hémisphère austral. Nous avons négligé un grand nombre de petites îles éparses dans les mers , telles que Tristan d'Acunha , l'Ascension, Sainte-Hélène, etc., attendu que leur entomologie est complètement ignorée. Plusieurs des régions ci-dessus , surtout celles qui sont intertropicales , devront être divisées par la suite lorsqu'on connaîtra mieux l'habitation des Insectes.

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