‹ Introduction à l'entomologie (volume 2)Chapitre 39 sur 44 · ANIMALIA · texte numérisé non relu

ANIMALIA

■Pi-,

Les groupes qui vont en divergeant comme des rayons en dehors de ce cercle sont les groupes osculans, et l'on voit que les Céphalopodes lient entre eux les vertébrés et les Mollusques , que les Annélides unissent ces mêmes vertébrés aux Anulosa , etc. Ces derniers qui sont les mêmes que ceux de Leach ou que les Articulés de Cuvier (moins les Annélides), sont ensuite divisés de la manière suivante :

(i) Infusoires et Polypes.

HISTOIRE DE LENTOMOLOGIE. 6^^

® Amelabola.

fL

;5' ANJMCLOSA. ^

or;

Ici deux groupes osculans manquent, l'auteur n'ayant pas pu découvrir les animaux qui lient les Haustellata AUX Maiidibidata et ceux-ci aux yémetabola. Mais ces trois cercles sont unis entre eux par des groupes inférieurs. Les Mandibulata s'unissent d'une part aux Haustellata par les Trichoptères et les Lépidoptères, et de l'autre aux Ametabola par les Coléoptères et les u^fioploures. Voici les cinq groupes que M. Mac-Leay comprend dans les trois cercles que nous venons de nommer , qui sont les seuls qui contiennent des Insectes. Ces groupes sont eux-mêmes disposés circulairement, mais nous nous abstiendrons de les reproduire sous cette forme.

Ameïabola, Chilopoda. Thysanoura.

Chilognatha. Anoplura.

Vermes.

Mandibuiata

Coleopteia. Orthoptera.

Hymenoptera. Nevroptera.

Trichoptera.

Haustellata.

Diptera, Lepidoptera.

Aptera. Homoptera.

Hemiptera.

L'auteur , du reste , n'a fait rapplication de son système qu'à un petit nombre de groupes inférieurs aux ordres , tels qu'une partie de la famille des Scarabéides et les Histérides (1) qu'il a disposés conformément à ces principes. Il est douteux qu'on parvienne jamais à démontrer que les familles et les tribus ne se composent que de cinq genres et ceux-ci à leur tour de cinq espèces, ce qui devrait être si ce système est vrai. Les entomologistes du continent ont prêté peu d'attention à ces idées ; mais elles ont obtenu la plus grande faveur parmi ceux de l'Angleterre qui s'épuisent en discussions sur ces affinités et ces analogies circulaires sans parvenir à s'entendre entre eux. Il n'y a pas trèslong-temps qu'un d'eux a proposé de substituer le nombre sept au nombre mystérieux cinq qui forme la base de tout l'édifice (2). L'ouvrage où M. Mac-Leay a développé sa manière de voir (3) n'en restera pas moins un des plus remarquables et des plus instructifs de l'époque actuelle par la foule d'aperçus profonds et ingénieux qu'il renferme.

La double direction signalée plus haut dans les travaux des entomologistes systématiques se retrouve dans ceux des anatomistes de nos jours qui se sont occupés

(1) Amiulosa Javanica. édit. Lequien , p. (\.

(2) Sphinx vespijormis, an essai, byE. Newman. In-S. Londres, i833.

(3) Hoiœ entomologicœ or essay on the annidosc (tnimals- i! vol- iu-8. Londres, 1819-1821.

HISTOIRE DE l'enïOMOLOGIE. 679

(les Insectes. Les uns ont fait servir les faits à la fondation de théories plus ou moins générales , tandis que les autres se sont plus spécialement contentés d'ajouter à nos connaissances sur l'organisation de ces animaux, sans toutefois négliger les rapports qu'ils rencontraient sur leur route.

Les premiers peuvent encore se diviser en deux catégories. Il en est qui se sont proposés de démontrer l'unité du plan que la nature à suivi dans la création de tout le règne animal, et de combler en quelque sorte les vides qui se font voir entre les principaux groupes qui le composent. Cette idée d'unité née simultanément en Allemagne et en France au commencement de ce siècle, a été surtout développée dans le premier de ces pays. Parmi nous elle n^a guère eu *de représentans en ce qui concerne les Insectes que M. Geofi'roy Saint-Hilaire (1) , et M. Robineau - Desvoisdy qui a beaucoup étendu sa doctrine (2). Hors des deux pays en question, il n'a rien été produit dans cette direction.

D'autres anatomistes se sont bornés à démontrer l'unité de plan dans la classe des Insectes , ce qui implique qu'ils admettent pour l'embranchement auquel ces animaux appartiennent , un plan particulier différent de ceux des autres embranchemens. Les travaux de M. Savigny sur la bouche (3), ceux de MM. Au-

(i) Sur le système iiitravertébral des Insectes ; Bulletin de la société philomatique , 1823, p. 40. — Mémoire sur l'organisation des Jn. sectes ; Journal comp. du Dict. des sciences médicales. — Sur l'organisation des Insectes ; Annales des sciences physiques , tome III, p. i65.

(2) Recherches sur l'organisation vertébrale des Crustacés, des Arachnides études Insectes, ln-8. Paris, 1828.

(3) Mémoires sur les animaux sans vertèbres , i'« partie Iu-8. Paris , i8i(>.

68o HISTOIlîE DE l'entomologie.

douin (1), et Mac-Leay (2) sur le thorax, de LaireiJle (3) sur les ailes et les pâtes, de M. Newman (4) , sur le squelette entier doivent surtout être étudiés.

Outre leur mérite philosophique , que ce n'est pas ici le lieu de discuter, ces travaux ont ajouté beaucoup de faits à ceux dont la science était déjà en possession , leurs auteurs ayant été obligés d'étudier plus minutieusement chaque organe , de tenir compte de ceux qu'on avait négligés jusque-là , et de déterminer les changemens de forme avec une rigoureuse exactitude. Ces faits , joints à ceux recueillis par les entomotomistes qui sont restés étrangers aux théories dont il vient d'être question, sont si nombreux , qu'on peut dire que l'organisation des Insectes est aujourd'hui presque aussi bien connue que celle de la plupart des classes des vertébrés , des reptiles et des poissons, par exemple.

Sous d'autres rapports , l'entomologie n'a pas fait de progrès moins sensibles. De nombreux voyageurs ont visité les régions les plus éloignées du globe et en ont fait connaître les Insectes ; il est actuellement peu de points dont les espèces soient entièrement inconnues : on en découvre même chaque jour dans les contrées les plus explorées de l'Europe. Nos collections, enrichies par ces tributs arrivant de toutes parts , se sont quintuplées en peu d'années ; et loin que la source de ces richesses scientifiques se tarisse , elle semble de-

(1) Recherches anatomiques sur le thorax des Insectes. Nouv. buU. de la Soc. , philom. 1820, mai, p. 72. — Idem sur le thorax des animaux articulés. Ann. des sciences nat. tome I, p- 97-

(2) Explaiiation of the comparative anatomy of tlic thorax in winged insecis , etc. , Zoolog. Journal , tome V , p. /p et Annales des sciences nat. tome XXV , p. 95.

(3) De la formation des ailes des Insectes. lu-8. Paris, sans date, 1822?

(4) Osteology or cxternal anatomy of insects. Entomological magazine, n. 4) p. 39^, et n. 5, p. 60.

HISTOIRE DE l'entomologie. 68 1

venir chaque jour plus abondante. Le désir de faire connaître ces acquisitions nouvelles a fait multiplier les ouvrages d'entomologie descriptive dans la même proportion. Leur nombre est tel , et ils se succèdent si rapidement, qu'une des principales difficultés qu'éprouvent ceux qui cultivent sérieusement la science, est de se tenir au courant de ces innombrables publications qui surgissent de toutes parts. Enfin, ce qui témoigne encore plus hautement de la marche ascendante de l'entomologie, ce sont les publications périodiques dont elle est l'unique objet ; les représentans distingués qu'elle a dans tous les corps savans de l'Europe et l'existence de sociétés qui sont exclusivement consacrées à sa culture (1).

Son côté pratique n'est pas non plus négligé ; mais ce n'est guère qu'en Allemagne que des chaires spéciales ont été instituées pour populariser les moyens de combattre les ravages des Insectes. Les services qu'elles rendent à ce pays font regretter qu'il n'en existe pas de semblables parmi nous.

Si dans ce tableau rapide nous avons atteint le but que nous nous sommes proposé , on a vu par quelles phases successives l'entomologie a passé avant d'arriver au point où elle en est actuellement. Parmi les obstacles qu'elle a rencontrés sur sa route , nous n'avons pas compté le dédain des esprits superficiels ; le temps est loin de nous où unRéaumur croyait devoir se justifier de sa passion pour elle , et elle n'a plus à craindre de semblables mépris.

(i) La société entomologique de France , et celle de Londres. f^oyez sur l'histoire des sociétés entomologiques une notice intéressante de M Delapoite de Castelnau , dans les Annales de la société entomologique de France , tome VI, p. 5.

Page 1