CHAPITRE IT
Tous les insectes, avons-nous dit, se présentent d'abord sous la forme d’un œuf. Cette règle générale offre deux exceptions , non réelles, mais apparentes.
L'une existe chez un petit nombre de tribus où les femelles dennent naissance à des larves, et ont été appelées pour cette raison vivipares, quoique ces larves ne se développent pas comme les embryons des animaux véritablement vivipares , dans un utérus et au moyen d'un placenta ; mais proviennent d'œufs qui sont éclos dans le corps de la mère, ainsi que cela a lieu chez quelques reptiles qui mettent au jour des petits vivans. Réaumur l’a démontré en découvrant dans quelques Mouches, et entre autres dans celles de la viande ( A/usca carnaria), les œufs ordinaires avant leur éclosion. Ces tribus sont donc seulement ovo-vivipares. Les espèces chez qui ce phénomène à lieu sont en petit nombre; les seules connues jusqu'a ce jour sont quelques Aouches, surtout parmi celles qui recherchent les matières animales, un Cousin de très-petite taille appartient à la famille des Tipulaires , quelques Cochenilles, un assez grand nombre de Punaises de terre et la plupart des Pucerons, qui présentent en outre le fait singulier d'être à la fois vivipares et ovo-vivipares dans la même espèce suivant la saison.
(1) Voyez pour ce chapitre la planche I et l'explication qui y est jointe,
L'autre exception, plus anormale encore quela précédente, se rencontre dans une tribu entière d'Insectes Diptères formée du genre /ippobosque de Linné. Les femelles pondent des corps vivans si semblables aux œufs ordinaires, qu'ils ont été pris pour tels jusqu’à ce que Réaumur, et aprèslui Degéer, considérant leur taille qui égale presque celle de leur mère, les mouvemens qu'ils exécutent au sortir du corps de celle-ci, enfin leur transformation , non en larve comme les autres œufs, mais en Insectes parfaits, aient reconnu qu'ils sont , non des œufs véritables, mais des nymphes ou des larves sur le point de se changer en nymphes, qui ont passé leur état de larve dans le corps de la mère.
IL est évident que, dans le premier cas, nous n’avons connaissance que de trois des états des Insectes qui y sont sujets, et dans le second de deux états ; mais les quatre n'existent pas moins, comme dans toutes les espèces ovipares qui forment l'immense majorité de la classe.
Considérés sous ce point de vue, les Insectes peuvent se partager en deux grandes divisions :