‹ Introduction à l'esthétique: les méthodes de l'esthétique, beauté naturelleChapitre 18 sur 97 · Cité par A. Fontaine, La critique d'art, 1903, p · texte numérisé non relu

Cité par A. Fontaine, La critique d'art, 1903, p

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classiques. On en trouverait dans Fécole de David^ de Delille ou de Boileau cent déclarations for*' melles : à les entendre, la vérité est leur seule loi ; et si les anciens méritent d'être étudiés, c'est uniquement parce qu'ils l'ont déjà trouvée, et fort bien rendue.

Ainsi pour le véritable réaliste l'œuvre d'art ne saurait se réduire, ^-^ lïialgré Tabsurde critique toujours répandue, — à une simple photographie de la nature. Et pour l'idéaliste le plus authentique^ elle serait une photographie encore plus vraie que les nôtres : quelque chose comme un cliché qui de lui-même n'exprimerait que Tessentiel en le dégageant de l'accessoire, au lieu de donner aux deux la même valeur, comme font nos appareils avec leur fidélité seulement apparente, qui est^ en réa-» lité, pour ainsi dire anti-naturelle.

Les théories les plus divergentes tombent d'accord sur cette identité ; en sorte que leur entente, inaccoutumée, certes, chez des philosophes, peut sembler une présomption sérieuse.

Pour les métaphysiciens, si toute beauté est l'intuition d'une idée ou d'une harmonie supérieure, d'une raison transcendante révélée à travers le monde sensible, peu importe que cette révélation soit naturelle ou provoquée : dans les deux cas, son essence est la même. Tout au plus devrait-on distinguer la beauté « purement sensible », qui est celle de la nature, et la beauté « plus que sensible »,

L'UKITÊ NAttÎRALISTË ftU BEAU bb

qui est celle de Fart : question de degréis, plus que d'espfeces * .

Pour les empiristes et ks sensUalistes, si la beauté est avaM tout le plaisir, c'est toujours Un même plaisir que nous offre toute admiration : celle d'un beau visage ou celle d'un beau portrait ne sauraient diJBFérer que par leur intensité, noh par leur essence ou leurs lois ; la Supériorité de Tagrément et par conséquent de la beauté serait même évidemment en faveur du visage vivant et non de son image immobile. « Aucune déesse grecque, dit Ruskin^ n'a jamais été moitié si belle qu'une jeune anglaise d'un sang pur'. »

Pour les évolutionnistes, la beauté artistique ne peut être qu'un des principes de la distinction et d© la supériorité dans la vie de l'homme ou des sociétés, comme la beauté naturelle des corolles ou des plumages est un des principes les plus puissants de la sélection sexuelle dans le monde des plantes et des animaux^.

Gherchera-t-on le principe du beau, avec plus

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