‹ Introduction à l'esthétique: les méthodes de l'esthétique, beauté naturelleChapitre 65 sur 97 · J. Lemaître, Les Contemporains, Série I> p · texte numérisé non relu

J. Lemaître, Les Contemporains, Série I> p

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Enfin le comble dé rimpressionnisme n'est-il pas dé savoir aussi dogmatiser à Toccasion? — Quand Brunetière a professé doctoraiement que « juger et jouir sont deux », autrefois Lemattre avait le sourire... Est-ee le souci de mettre à son impressionnisme ce comble de le renier sur le tard, ou si c'est une évolution moins littéraire que politique ? Toujours est-il que le voici de nos jours en accord parfait avec son adversaire, puisque son Chateaubriand n'est qu'ufte longue variation sur ces deux thèmes antinomiques : « Voyez combien je le juge sévèrement ! -^ Voyez toutefois combien je l'aime ! »

On n'avait accoutumé d'enregistrer de si subites conversions que suj^ un autre terrain, et depuis une grande Affaire. Véi'ification faite, il s'agit pourtant bien ici d'une conviction littéraire, et non d'une profession de foi électorale. Le cas est bénin. Un peu d'impressionnisme avait écarté Lemaître du dogmatisme: beaucoup l'y a ramené. Pour sa pénitence, il est devenu capable de relire les œuvres complètes de Brunetière.

ni. — Véritables raisons d'être de rimpressionnisme.

L'impressionnisme, comme attitude consciente, est une doctrine d'hier ; il a sans doute emprunté son nom des Impressions de théâtre de Jules Lemaître. Mais comme tendance virtuelle il est de

Irtaoduction k l'esthétique, 1î>

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tous les temps. Gomment ne se serait-il pas toujours trouvé des hommes pour croire leurs impressions personnelles beaucoup plus dignes que nulle œuvre ou nul auteur d'intéresser le public, quoiqu'elles ne soient que personnelles, ou plutôt parce qu'elles le sont? Il se trouve seulement que l'exubérance de cette personnalité ou de cette sensibilité est chose littéraire en certains temps, par exemple de nos jours; tandis qu'en d'autres périodes ou pour d'autres publics, elle ne devient chose d'art qu'en revêtant le masque de l'impersonnalité ou de la raison abstraite. De même à certaines époques l'acteur le plus personnel devait revêtir un masque et chausser des cothurnes pour devenir tragique ou comique; et il n'en était pas moins personnel. C'est ainsi encore que les Mémoires^ pour valoir comme œuvres d'art, ont dû revêtir souvent la forme d'un roman supposé, tandis que nous préférons aujourd'hui le récit véridique à la Action apprêtée, et nos romans tendent inversement à devenir de simples mémoires.

L'impressionnisme est donc chose aussi ancienne que le dogmatisme, en droit sinon en fait. Un dogmatique n'est guère qu'un homme qui a des préférences et des goûts personnels, et qui, par déférence pour le public (et sans doute aussi pour lui-même) éprouve le besoin de les attribuer à tout le monde. Avant de les offrir à tout venant, il croit devoir élever ses impressions individuelles à la hauteur de

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la raison universelle. Celte préférence est affaire de tempérament personnel chez l'artiste, et surtout, peut-être, de goût établi chez le public; car sans un public adapté et bien préparé pour le recevoir, ce genre littéraire nouveau serait mort-né.

Il s'ensuit que, lorsqu'un La Harpe ou un Villemain ne jugent que d'œuvres « consacrées par le temps », leur prétention à Tuniversalité de leur propre goût ne choque pas toujours, à un siècle de distance. Mais lorsqu'un Planche ou un Nisard traitent dogmatiquement leurs contemporains, et que ces contemporains s'appellent Michelet ou Victor Hugo, le jugement sectaire de ces pseudoclassiques attardés nous semble à distance tout simplement un goût individuel érigé en loi, pis encore, en dogme : parfois même une hostilité personnelle, un caprice généreusement attribué, pour les besoins de la cause, à la raison universelle, à rinstinct, aux sentiments, à l'intuition, au bon sens, aux principes immuables du goût, ou aux règles absolues du beau.

Encore une fois, ce n'est pas à l'idée de dogma-^ tisme^ c'est à celle de science que s'oppose directement l'impressionnisme.

En fait, comme l'a bien marqué Brunetière, la vraie signification de la critique ou de l'esthétique impressionniste, c'est sans doute un individualisme croissant; mais c'est bien plus encore l'intrusion dans la critique d'écrivains au tempérament

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d'artistes, et qui ne sont que malgré eux critiques ou esthéticiens. Qr la création et Tappréciation exigent deux tournures d'esprit qui, pour n'être pas absolument incompatibles^ — trop d'exemples le prouvent, — n^en sont pas moins aussi opposées par leurs tendances et leurs fonctions, que l'intuition et la réflexion, ou la synthèse et l'analyse. Il n'est donc pas étonnant que de tels critiques veuillent faire de leur jugement sur une œuvre, tant bien que mal, une autre œuvre d'art. Cette particularité est fort agréable en un sens, mais elle est évidemment à certains égards un défaut, comme le serait rintrusion de la poésie ou de l'éloquence dans un traité d'histoire naturelle ou de droit comparé. On ne retrouve que trop, dans le Sainte-Beuve à demi impressionniste des Lundis^ l'auteur de Volupté ou des Pensées de Joseph Delorme. Après qu'il a essayé tour à tour, et non sans succès, le conte, la poésie et surtout le théâtre, pour revenir enfin à la critique, et faire avant tout l'analyse psychologique ou morale des hommes plus que des œuvres, Jules Lemaître est dans la critique un artiste à demi manqué. Anatole France, qui n'a abordé ce genre que comme un intermède, est, avec toute la personnalité de son talent exquis, — et d cause d'elle, — tiri critique manqué ; et ses impressions, une pseudo-critique. — - Cela n'est d'ailleurs pas pour diminuer la place éminente de ces deux écrivains dans la littérature contemporaine.

L'avènement de rimpressionnisme marque donc moins une direction domiBWte des idées» qu'un des effets du développement exagéjré de la critique dans notre littérature : elle tend h devenir elle-même une forme d'art, comme dans toutes les époques fatiguées où la faculté de création s'émousse^ et finit par s'épuiser à trop analyser ou juger ellemême et les autres, et finalement à travailler uniquement sur les créations antérieures, faute d'une véritable originalité actuelle.

La grande querelle de l'impressionnisme avec le dogmatisme est donc relativement superficielle. Aussi le reproche familier à chacun des deux partis, c'est qu'au fond son adversaire a les mêmes idées que luii^même. Et ce qui est plus rassurant encore, c'est qu'en effet tous les deux ont raison : il n'y a qu'une différence de degrés entre Timpressionnisme de Brunetière et le dogmatisme de Lemaître ou de France, si l'on ose ainsi parler.

Comme le développement des sciences naturelles a conduit à refuser à l'esthétique le caractère nor*matif, de même, dit un esthéticien allemand contemporain, le développement moderne des arts a conduit à nier parfois la possibilité de généraliser les jugements esthétiques. Il amène à surestimer en effet, non plus les conditions passives et extérieures, comme fait l'école de Taine, mais au contraire le pouvoir créateur, la personnalité et la liberté de l'artiste, ou du spectateur. Il n'y aurait

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donc d'autre règle esthétique que l'expansion sans règle de l'individualité, telle qu'elle est^ originale, puissante, géniale. Tous les préceptes par lesquels on voudrait la définir ne feraient que la gêner et l'amoindrir, bien loin de l'aider et de la développer : la règle ici c'est l'absence de règle. L'inspiration ne se codifie pas, et elle ne saurait être universalisée. L'esthétique ne sera donc qu'un recueil d'impressions subjectives, dont toute la valeur résidera dans la finesse et la rareté des aperçus : telle est la logique spéciale de l'impressionnisme.

Or cette conception négative de l'esthétique correspond à un véritable contre-sens sur la nature de ses « normes » : on n'imagine sous ce nom qu'un dogmatisme sans limites : comme si elles ne pouvaient être qu'étroites, inflexibles, intransigeantes, abstraites, a priori^ sectaires, et en particulier, classiques ou académiques, et opposées à toute évolution ! A la vérité, autrefois elles ne se sont que trop souvent montrées telles : formules tout intellectuelles, en dehors de toute intuition sensible et de toute spontanéité. Mais le progrès des sciences modernes ne nous a-t-il pas familiarisés avec l'idée de lois s'adaptant au mouvement, à la vie, à l'évolution des choses * ?

La notion d'une essence immuable du beau, d'un archétype immobile et supra-sensible, préexistant

1. J. Volkelt, System der Aesthetik, 1. 1, Munich, 4905, p. 45-6.

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à toute réalisation concrëte de la beauté, doit s'évanouir dansTesthétique moderne, comme toutes les autres « essences » scolastiques se sont évanouies devant Tidée plus simple et plus sûre de la <( loi », qui n'est qu'un rapport entre des faits.

Si la justification de l'impressionnisme c'est en fait un empiétement de la littérature dans la critique, en droit sa raison d'être c'est Tidée de relativité. Le véritable impressionnisme s'appelle relativisme : si les diverses relations qui déterminent kl valeur d'une œuvre d'art sont extrêmement complexes, la science peut espérer les atteindre en principe toutes, et des maintenant en connaître quelques-unes. C'est tout ce que demande, d'autre part, le dogmatisme bien compris, c'est-àdire scientifique.

Renan, plus pénétré de l'esprit et de la discipline des sciences historiques, comprenait mieux que son disciple Anatole France la véritable relativité esthétique, qui est soumise à des lois, comme toutes les autres. Par exemple, la découverte des supercheries de Mac Pherson a fait perdre toute valeur aux poèmes Ossianiques : c'est un fait. Mais Anatole Franco y voit une raison de se moquer, et un prétexte à scepticisme. Renan, plus averti, n'y voyait qu'un fait, c'est-à-dire une donnée fort sérieuse, à expliquer comme toutes les autres, et par conséquent à intégrer dans la notion scientifique de la beauté. L'idée de son authenticité.

ut L'iHMttaSIOSWISilE fit IK DOGIUTIMB

c'est-à-dire d'une production Bpo&tanée p«r im milieu primitif, est partie constitutive de la beauté d'Ossian. Qu'on enlève cet élément, et l'essentiel de cette beauté disparaîtra : quoi de plus juste? G est un fait, et conforme à des lois. C'est au contraire la persistance de la beauté d une telle oeuvre après qu'elle a été reconnue apocryphe, qui serait suma* turelle ou surhumaine ! « Gela m'a longtemps arrêté, dit Renan. Mais il faut prendre son parti. La beauté n'est pas intrinsèque, elle dépend de la main et du temps ^.. >^

De temps à a^tre le public se scandalise de e« qu'un objet d'art ancien est payé cent mille francs après maintes expertises, parla commission savante d'un musée, ou par un amabeur « éclairé », et de ce qu'il les vaut s'il est authentique ; tandis qu'il ne vaut plus que cent fois moins s'il est i|n pastiche moderne. Mais cela est un fait très normal et très explicable, si l'on veut bien sortir de l'individualisme étroit, de la poussière d'ab^lus que nous offre l'impressionnisn^e.

Il en serait de même de toutes les autres relaitivités esthétiques. Klles ne sont nul objet de scan? dale, ni même d'étonnement, pour le partisan moderne d'une esthétique scientifique : ce qui rétonnerait bien plutôt, elle scandaliserait étrangement,

4. E. Renan, Cahiers de jeunesse (184S-6), 4906, p. 356-7. — Voir L'Avenir de la ScteneBy eto.

ce serait de voir la vie dQ Tari ^'immot^iliser im jour, son évolutioi^ PQ fîgier, et les valeurs estbér tiques, seules au moHde^ n'être pas choses rekr tives. En esthétique comiue partout^ la croyance à une méthode scientifique est l6 contraire d'une croyance à l'^ibsolii,

« Ou bien les jugements 4a valeur sont pleinement universels et absolus, ou bien ils sont pure^ ment subjectifs. — Ou bien ils émanent de Thomme en ^oi, de la beauté absolue et de la raison abstraite, ou bien ils ne rassortissent qu'à l^ partie de chaque individu par laquelle il diffère de tous les autres ou à sa seule sensibilité. — r Ou bien ils sont éternels ou bien ils n'e^isteiit pas. » -^ Tc^l e^ h triple dilemme que veuldnt nous imposer les impressionnistes, d'accord an cela il est vrai (et c'est leur excuse, en même temps que leur condamnation), avec tous les anciens dogmatismes.

Ne dirait-on pas que, semblables à ces croyants convertis sur le tard à Tathéisme et à la science, et qui veulent à tout prix retrouver dans leurs nouvelles divinités toutes les propriétés des anciennes, les impressionnistes n'enferment le jugement esthétique dans l'individu, ou même dans chaque moment de la vie individuelle, que pour être plus sûrs d'y retrouver, même épars et morcelé, Tabsolu qu'ils désespèrent de découvrir au dehors? Car, isolée dans le temps et dans le milieu, l'impression échappe à toute relativité extérieure, et même

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intérieure : elle est ce qu'elle est, et dans Tinstant où elle existe elle vaut absolument. L*iinpression« nisme n'est que la menue monnaie du dogmatisme; mais c'est la même monnaie.

Or ce n'est pas ainsi que la question se pose à l'esprit scientifique des modernes. Gomme pres«que tous les dilemmes, celui-ci laisse entrevoir aisément un troisième terme inaperçu, qui supprime l'alternative. Entre le pur absolu et le pur fait s'intercalent les lois ; entre l'homme abstrait et les différences individuelles sont les propriétés communes à certains groupes d'hommes, et l'évolution, la hiérarchie ou l'organisation même de ces groupes. Le progrès dans la connaissance d'un objet quelconque, consiste à y découvrir des relations de plus en plus nombreuses : c'est ce qu'on appelle approximer l'absolu. La réalité des objets esthétiques est encore plus relative que les impressionnistes ne la croient, quand ils l'enferment dans l'individu, en un isolement superbe.

On va répétant depuis Aristote l'adage respectable que celui-ci tenait de Platon , qui l'avait entendu lui-même de Socrate : « Il n'y a de science que du général. » Or « il n'y a d'aft que de l'individuel », comme on pourrait dire : il n'y 'a donc pas de science de l'art, ou de critique d'art scientifique. — On oublie simplementd'ajouter que, depuis quatre siècles au moins, c'est-à-dire depuis la mort de la scolastique aristotélicienne, le critérium de

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la vérificaiion par les faits ou de V application concrète est une maxime encore plus répandue chez tous les savants modernes, qui devraient avoir pour nous autant d'autorité pour le moins, en matière de science moderne, que Socrate, lequel professait explicitement qu'en fait de science il ne savait qu'une chose : c'est qu'il ne savait rien.

Or qu'est-ce qu'un fait concret, sinon un individu à sa façon? Que serait une loi de la physiologie qui ne s'appliquerait pas à des êtres dont chacun est un exemplaire aussi unique dans son espèce, aussi particulier que vous ou moi ? Ce serait une loi à refaire. Qu'y a-t-il de plus particulier que la trajectoire de la lune, laquelle ne repasse littéralement jamais par le même point du ciel, en sorte que chaque millimètre de son orbite est une nouveauté unique par rapport au précédent? Et qu'y a-t-il de plus scientifique que la loi de ce mouvement — bien qu'elle reste fort difficile à établir avec une approximation suffisante : car le désespoir des astronomes, c'est qu'ils se trompent, à chaque nouvelle éclipse, au moins de quelques centièmes de seconde ? Décidément, ceux que choquerait l'idée d'être individuels <c comme la lune » sont des gens à l'esprit mal tourné !

L'impressionnisme n'est qu'un dogmatisme insuffisant dès qu'on n'admet plus avec lui, — comme un dogme, — son postulat implicite : à savoir que chaque individu est dans la nature et la

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^oeiétif et même que eliacune de ses impresmonB est dans Tindividu « comme un empire dans ua empire ». Il devient alors un relativisme esthétique: et cette formule dogmatique, lorsqu'elle reflète les tendances sociologiques contemporaines^ exprime tout ce que l'impressionnisme a apporté de positif à l'esthétique moderne ; partie positive qui n'est d'ailleurs pas à dédaigner.

Le réalisme de la métaphysique ancienne disait avec le vieil Heraclite : « On ne se baigne pas deux fois dans le même fleuve. » Et en effets entre les deux fois» il a coulé. L'idéalisme de la philosophie moderne dira plus volontiers : « On ne lit pas deux fois le même livre. » Entre les deux fois, ce n^est pas lui qui a changé, c'est nous. Mais la coasé^ quenceest la même. — Quelle conséquence? Qu^il n'y a que devenir, et point de loi? Pourquoi pas : qu'il n'y a qu'évolution, et lois de l'évolution ? — r Entre les deux hypothèses, la philosophie quelque* fois hésite; la science jamais.

La logique interne de l'impressionnisme bien compris amène à l'interpréter comme un dogma^ tisme rajeuni, c'estrà-dire relativiste, et si possible scientifique. En dehors de cette attitude raisonnable il n'en est qu'une autre qui s'impose : tout entier à ses impressions si personnelles, et soucieux avant tout de ne point giter leur personnalité, —comme on Ta dit du sceptique en général, le rôle de l'impressionniste serait de se taire. —

lUISORS D'ÀTRK de L'lV»RS8ftlOimiSMB 33t

Et, vraiment, il serait dommage pour les lettres que France ou Lemaître eussent été impressionnistes jusque-là...

Intégrer un dogmatisme mieux compris dans rimpressionnisme, ou, ce qui revient au même, un impressionnisme raisonnable dans un dogma* tisme scientifique, voilà Tidéal.

En ce sens, Gustave Lanson a excellemment montré comment ^impressionnisme doit être non un but, mais un moyen, et un moyen essentiel, par paradoxe, à la méthode dite objective.

« Il sera plus scientifique de reconnaître et do régler le rôle de Timpressionnisme dans nos études, que de le nier... Puisque Timpressionnisme est la seule méthode qui donne la sensation de l'énergie et de la beauté des œuvres, employons-le à cela, franchement ; mais limitons-le à cela, réso-> lumentS »

Il suffit donc de réduire l'impressionnisme à ne pas se dépasser lui-même. « La critique impressionniste est inattaquable et légitime, quand elle se tient dans les limites de sa définition. . . L'homme qui décrit ce qui se passe en lui quand il lit un livre, sans rien affirmer de plus que ses réactions intérieures, fournit à Tbistoire littéraire un témoin gnage précieux, comme nous n'en aurons jamais

1. 6. Lanson, La méthode de l'histoire littéraire. Revue du Mois, octobre 1910, p. 394 ; — Dans : De la méthode dans les sciences, série II, Alcaxl, 1911» p. 2H.

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trop... Le franc impressionnisme, mesure de la réaction d'un esprit à un livre, nous l'acceptons : il nous sert ' . »

Sera-ce le nôtre, ou celui des autres? Au fond, les deux à la fois : c'est ce que l'on appelle en toutes choses l'objectivité. <c Si nous refusons de tenir compte de nos propres réactions, ce ne pourra être que pour enregistrer celles des autres hommes : objectives par rapport à nous, elles seront subjectives par rapport à l'œuvre qu'il s'agira de connaître*. »

En toutes choses, ce que nous appelons objectivité, c'est l'accord du plus grand nombre possible d'apparences, dont chacune est une impression purement subjective. « Et d'abord, demande Henri Poincaré, que devons-nous entendre par objectivité ? — Ce qui nous garantit l'objectivité du monde dans lequel nous vivons, c'est que ce monde nous est commun avec d'autres êtres pensants... Qu'on se place au point de vue moraly esthétique ou scientifique y c'est toujours la même chose, ^len n'est objectif que ce qui est identique pour tous '. »

<c En résumé, la seule réalité objective, ce sont les rapports des choses d'où résulte l'harmonie universelle. Sans doute ces rapports, cette harmonie

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