lUd., t. I, p
tère essentiel, et transformer cet objet réel conformément à cette idée : il est dit alors idéal. Or toutes ces idées ou tous ces caractères ne se valent-ils pas?
« Peut-on découvrir un principe de subordination qui assigne des rangs aux diverses œuvres d'art? Au premier regard, on est tenté de dire que non ; la définition que nous avons trouvée semble barrer la voie à cette recherche ; elle porte à croire que toutes les œuvres d'art sont de niveau et que le champ est ouvert à l'arbitraire . En effet, si Fobjet devient idéal par cela seul qu'il est conforme à l'idée, peu importe l'idée ; elle est au choix de l'artiste, il prendra celle-ci ou celle-là, à son goût ; nous n'aurons point de réclamation à faire. Le même sujet pourra être traité de telle façon, de la façon opposée et de toutes les façons intermédiaires. Bien mieux, il semble qu'ici l'histoire soit du même parti que la logique, et que la théorie soit confirmée par les faits ^ »
L'esthétique de Taine paraît donc jusqu'ici n'être scientifique qu'à la condition de n'être jamais normative : d'expliquer des faits, de se refuser à juger des valeurs.
Mais cette tactique ou ce parti pris n'est nullement définitif. Il n'est guère qu'un moyen de po-
1. H. Taine, Philosophie de V Art (1865 et suiv.), t. I[, p. 225.