LES ESTHÉTICIENS ALLEMANDS
Lipps semble le supposer, avec la conception d'un idéal : science appliquée et science normative sont deux degrés ou deux formes de la science qu'il importe de ne pas identifier ; Tune ajoute à Tautre un système de relativités plus étendues ; leur rapport n'est pas analytique, mais synthétique.
Toutefois il y a deux façons de comprendre le passage progressif du moins au plus, l'acquisition synthétique de propriétés nouvelles : cette synthèse est posée ou comme naturelle, ou comme artificielle.
Kant avait déjà distingué profondément entre la satisfaction intéressée ou l'agrément pur et simple, qui est anesthétique ; et la « satisfaction désintéressée » (par antinomie !) qui ne suppose ni l'existence réelle de son objet, ni même le désir de le créer volontairement ; mais seulement une contemplation purement Imaginative de sa forme, sans souci de sa réalité. Or l'intérêt est objet de science, l'action objet de pratique^ et la contemplation, de antique. « Il n'y a pas de science du beau: il n'y a qu'une critique du beau. » *
Quelques contemporains ont repris des conceptions très analogues . L'un distingue, presque dans les mêmes termes que Kant, une esthétique psychologique ou scientifique, et une esthétique critique ; cette dernière seule poserait des obliga-