A. France, Vie Littéraire, Série II, p. 199-200; IV
niste en facilitera même singulièrement la tâche : « les conditions de Fart, dit Anatole France, ont peu changé depuis Homère^ ». Brunetière lui-même ne l'accorderait pas, et sur ce point, avouons qu'il faut être plus impressionniste qu'Anatole France lui-même (si l'on veut entendre par cette idée ce qui en un autre sens en est le contraire : plus évolutionniste). Ces conditions ont en effet changé plus encore qu'il ne croit, mais autrement : il pense aux sensations seulement, et demande avec raison des milliers de siècles pour que notre œil perçoive par exemple Fultra-violet. Mais en quelques générations nos perceptions, c'est-à-dire nos interprétations des sensations, qui dans la vie concrète en font partie intégrante, peuvent être bouleversées par l'usage d'une technique : en fait, notre perception, notre sentiment esthétique de la perspective dans le paysage, ou bien de la tonique dans la gamme, n'est pas le même aujourd'hui qu'il y a quelques siècles, ou à Paris qu'à Tokio.
Enfin Anatole France d'hésité pas, sur un point au moins, mais il est capital, à identifier ses goûts personnels à des lois nécessaires. « Je ne croirai jamais, affirme-t-il contre les symbolistes contemporains, au succès d'une école littéraire qui exprime des pensées difficiles dans une langue obscure '\ »