‹ Introduction à l'esthétique; les méthodes de l'esthétique, beauté naturelle et beauté artistique, l'impressionnisme et le dogmatismeChapitre 66 sur 99 · H. Poincaré, La Valeur de la science, 1904, p · texte numérisé non relu

H. Poincaré, La Valeur de la science, 1904, p

ne sauraient être conçus en dehors d'un esprit qui les conçoit ou qui les sent. Mais ils sont néanmoins objectifs parce qu'ils sont, deviendront ou resteront communs à tous les êtres pensants \ »

Dira-t~on que précisément cette universalité absolue des apparences n'est jamais réalisée dans l'esthétique, pour laquelle s'il n'y a qu'apparence en effet, il n'y a jamais universalité ? Mais elle ne l'est non plus dans aucune science. La science n'est qu'un moyen de représentation, un ensemble de symboles, dont toute la valeur est d'être plus commodes que d'autres. Cette comm,o dite ne saurait être ni plus ni moins universelle que {'agrément esthétique ; car qu'est-ce donc qu'une commodité absolue, et la même pour tous les individus, pour les temps et les milieux les plus divers ? Elle ne peut que présenter une infinité de degrés et de qualités diverses^, sans jamais atteindre la limite inconnaissable vers laquelle nous disons qu'elle tend, et qui serait la « réalité », 1' « absolu », la « chose en soi » des dogmatiques.

C'est pourquoi ce n'est pas seulement à la science, mais à l'esthétique, — toutes nuances gardées, — que s'appliquent encore ces mots de Poincaré. « On dira que la science n'est qu'une classification, et qu'une classification ne peut être vraie, mais commode. Mais il est vrai qu'elle est com-

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